‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 12 sur 133 · CALCIUM. JY · texte numérisé non relu

CALCIUM. JY

dans la dissolution acide y est unie à un acide avec lequol elle donne naissance à un sel neutre insoluble dans Veau : on verse ensuite de Voxalate ammonique, ou une dissolution d'acide oxalique, dans la liqueur claire et légèrement ammoniacale, jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus de précipité. Lorsqu'on se sert d'acide oxalique pour opérer la précipitation , il faut avoir soin que la liqueur contienne assez d'ammoniaque pour ne point être rendue acide par lande qu'on y ajoute. Quand on a une dissolution neutre, on n'a besoin d'employer que de l'oxalate ammonique neutre. Le précipité, composé d'oxalate calcique, ne se dépose que lentement, et passe trouble à travers le filtre , lorsqu'on n'a pas soin , avant de procéder à la filtrat ion , de chauffer la liqueur, et de donner au précipité le temps de se réunir complètement et d'observer les précautions indiquées p. 13, pour la tilt ration du sulfate barytique. En général , on ne doit pas se hâter de filtrer , parce que la chaux n'est totalement précipitée qu'au bout d'un assez long espace de temps. Il est bon, avant de jeter la liqueur sur un filtre , de la laisser reposer douze heures , ou môme davantage , dans un endroit chaud. L'oxalate calcique est bien absolument insoluble dans l'eau , mais il est sol uble dans les acides , et même dans l'acide oxalique. C'est pourquoi il faut veiller à ce qu'après sa précipitation la liqueur soit un peu alcaline, ou du moins neutre.

ApTès la filtration , on lave bien l'oxalate calcique , puis on le fait sécher j et on le rougit dans un creuset de platine. H se manifeste , pendant l'opération, une flamme bleue, due à du gaz oxyde carbonique qui s'est produit : la masse prend une teinte grisâtre, cependant elle redevient presque blanche lorsqu'on la fait rougir plus fortement. L'oxalate calcique , qu'il n'y a point de sûreté à peser comme tel , se trouve alors converti en carbonate calcique, qui , si I on n'a point employé une chaleur trop forte, n'a pas perdu d'acide carbonique. Mais comme il se peut aisément faire que la chaleur ait été assez intense pour dégager un peu d'acide carbonique, ce qui, dans la plupart des cas , tient à l'action du charbon du filtre ; il faut, après la calcination, peser le carbonate calcique, puis l'humecter uniformément , dans le creuset de platine , avec quelques gouttes d'une dissolution concentrée de carbonate ammoniacal , le sécher ensuite , et le peser de nouveau , après l'avoir fait rougir très* Il *

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faiblement. Si les deux pesées s'accordent ensemble, il ne s'était point dégagé d'acide carbonique pendant la première calcination ; si , à la seconde pesée , on trouve que le poids a augmenté , il est très-probable que cet excès do poids provient d'acide carbonique qui s'est ajouté à la combinaison; cependant il peut dépendre aussi de ce que, pendant la seconde calcination faible qu'on a fait subir à cette dernière , l'opération a été couduite avec trop de rapidité pour permettre à l'eau de la dissolution du carbonate ammoniacal do se dissiper en totalité. C'est pourquoi il est bon , après la seconde pesée, de chauffer encore une fois le carbonate calcique , et de le peser ensuite. Si la seconde et la troisième pesées s'accordent l'une avec l'autre, on peut être certain d'avoir le poids exact du carbonate calcique. Le poids du carbonate calcique ainsi obtenu sert à calculer la quantité de la chaux.

Une autre méthode de précipiter la chaux est celle-ci : on ajoute à la dissolution étendue do cette terre du carbonate ammoniacal, qui précipite du carbonate calcique. Avant de faire servir la dissolution du carbonate ammoniacal à cet usage , il faut la mêler avec un peu d'ammoniaque pure. Après la précipitation , on laisse le tout digérer, pendant un laps de temps assez long , dans un endroit chaud , et on ne liltre que quand le précipité s'est complètement déposé. Après avoir séché le carbonate calcique ainsi obtenu, on le fait rougir très-faiblement , ou seulement on se contente de le chauffer avec force, pour le débarrasser de toute humidité, et on le pèse. Cette méthode n'est pas si bonne que celle qui consiste à précipiter la chaux sous forme d'oxalate calcique. L'oxalate calcique est bien plus insoluble dans l'eau que le carbonate ; celui-ci ne se dissout pas dans une eau qui contient des sels , mais il est un peu soluble dans l'eau pure.

Les deux dernières méthodes dont il vient d'être question ne sont point applicables quand la chaux se trouve unie à de l'acide phosphorique ou à un autre acide avec lequel elle forme une combinaison insoluble dans l'eau, qui est tenue en dissolution dans une liqueur acide. Ordinairement alors , il faut précipiter la chaux , par le moyen de l'acide sulfuriquc, à l'état de sulfate calcique, après avoir ajouté à la liqueur assez d'alcool pour que le précipité y soit complètement insoluble.

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Manière de séparer Ut chaux de la strontiane.— Pour séparer la chaux de la strontiane, on emploie, d'après Strotneycr, la méthode limaille : on cherche à précipiter les deux terres sous la forme de carbonates, qu on laTe bien ; on verse ensuite un peu d'eau dessus, et on ajoute peu à peu assez d'acide nitrique pour les dissoudre. Mais afin d'obtenir une dissolution aussi complètement neutre que possible , ce qui est d'une nécessité absolue , on ne doit , sur la fin , ajouter l'acide nitrique qu'avec une grande circonspection, et il convient môme , dans le dernier moment, de chauffer la liqueur avant d'y verser une nouvelle quantité d'acide , jusqu'à ce que celui-ci n'exerce plus aucune action : car lorsque la dissolution approche du terme de la neutralité, et qu'elle n'est pas fort étendue, les terres ne se dissolvent plus à froid de manière à donner une dis- «AuUon parfaitement neutre. On évapore ensuite la liqueur jusqu'à Mccité. dans une bouteille susceptible d'être bien bouchée, et dès que le résidu est sec, on bouche sur-le-champ la bouteille. Lorsque la masse saline est refroidie , on verse dessus le double à peu près de son volume d* alcool absolu, on rebouche de suite la bouteille, et on Va remue souvent, mais en évitant avec soin l'emploi de la chaleur. Le nitrate calcique se dissout dans l'alcool , tandis que le nitrate strontianique reste sans se dissoudre. Lorsque ce dernier sel s'est complètement rassemblé au fond de la bouteille, on jette la liqueur sur unliltrepesé, puis on lave le nitrate strontianique avec de i alcool absolu ; mais pendant la filtration on doit avoir soin de teair l'entonnoir couvert d'une plaque de verre , pour prévenir toute attraction d'humidité. On sèche ensuite le filtre avec le nitrate strontianique, et, (T après son poids, on calcule la quantiïé de la strontiane. Pour plus de sûreté , on peut dissoudre le nitrate strontianique dans de l'eau, verser un peu d'acide sulfuriquc dans la liqueur, évaporer celle-ci jusqu'à siccité, faire rougir la masse sècbe dans un creuset de platine, dont on a eu soin de faire la tare, et peser le résidu; d'après le poids du sulfate strontianique ainsi obtenu, on évalue la quantité de la strontiane par le calcul.

Quant à la liqueur alcoolique séparée du nitrate strontianique par la iiitration, et qui contient le nitrate calcique, on l'étend d'eau, et on la chauffe modérément sur un bain de sable jusqu'à t* que l'alcool soit dissipé ; ruis on précipite la chaux par l'oxalatc

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ammonique. L'oxalate calcique obtenu de cette manière est ensuite traité comme il a été dit précédemment. Il est plus court et plus simple cependant, pour déterminer la chaux dans ce cas, de prendre la liqueur alcoolique séparée du nitrate strontianique par la filtration , d'en précipiter la chaux par l'acide sulfurique, et de laver le sulfate calcique avec de l'alcool aqueux.

Manière de séparer la chaux de la baryte. — Pour séparer la chaux de la baryte , on peut se servir de deux méthodes. L'une consiste à essayer de convertir les deux terres en chlorures métalliques. Lorsqu'elles sont à l'état de carbonate , on les sursature avec de l'acide chlorhydrique , et l'on évapore la liqueur jusqu'à siccité ; on fait rougir la masse sèche dans un creuset de platine taré, mais pas trop fort, et en la garantissant le plus possible du contact de l'air, puis on la pèse. Si, dans la liqueur qui tient les chlorures métalliques en dissolution , il y avait aussi du chlorure ammonique, ce qui arrive souvent, ce dernier sel se volatiliserait pendant qu'on fait rougir la masse sèche. Les chlorures métalliques pesés sont mis dans une bouteille susceptible d'être bien bouchée , et on les y traite par l'alcool absolu , qui ne dissout que le chlorure calcique , en laissant le chlorure barytique. Après avoir séparé la dissolution alcoolique de chlorure calcique du chlorure barytique , par la filtration , et lavé ce dernier sel avec de l'alcool absolu , on étend d'eau la liqueur filtrée, et on la chauffe doucement jusqu'à ce que l'alcool soit volatilisé ; ensuite on précipite la chaux par l'oxalate ammonique, et l'on traite l'oxalate calcique obtenu de la manière qui a été exposée précédemment. On peut aussi, ce qui est plus simple, précipiter la chaux de la dissolution alcoolique par l'acide sulfurique , et laver le sulfate calcique avec de l'alcool aqueux. Quant au chlorure barytique insoluble dans l'alcool, on le dissout dans l'eau, et l'on verse de l'acide sulfurique dans la dissolution , pour en précipiter du sulfate barytique.

En faisant rougir le chlorure calcique , il faut veiller à ce que l'opération s'exécute le plus possible à l'abri du contact de l'air; car lorsqu'on calcine ce sel à l'air, il contient toujours un peu d'acide carbonique et de la chaux pure. Il est donc bon, avant de traiter les chlorures rougis par l'alcool ? de verser dessus une goutto d'acide chlorhydrique^

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