DU CUIVRE
Détermination du cuivre et de l*oxyde cuivrique. — Le meilleur réactif, pour précipiter l'oxyde cuivrique de ses dissolutions, est la dissolution de potasse pure. La liqueur qui contient l'oxyde cuivrique est mise dans une capsule en porcelaine, ou mieux en platine ; on la fait bouillir avec ménagement, et l'on y verse ensuite une dissolution de potasse : l'oxyde cuivrique se sépare par-là, sous la forme d'un précipité brun-noir et pesant.
Si la précipitation de l'oxyde cuivrique s'exécute à froid, on obtient de l'hydrate cuivrique, sous la forme d'un volumineux précipité bleu, qui, par l'ébullition , devient pesant et brunnoir, et se convertit en oxyde cuivrique. Il est toujours nécessaire de convertir l'hydrate cuivrique en oxyde cuivrique par l'action de la chaleur, parce qu'il ne peut point être lavé aussi complètement que ce dernier.
L'oxyde cuivrique se lave difficilement, mais d'une manière complète; le mieux est d'employer pour cela de l'eau chaude, parce qu'avec son secours on parvient à enlever jusqu'aux dernières traces de potasse. Après la dessiccation, on fait rougir le précipité, ce qui s'exécute très-bien dans un creuset en platine, où l'on peut brûler aussi le filtre. Si par-là un peu d'oxyde cuivrique se convertit en oxyde cuivreux , celui-ci ne tarde pas à absorber de l'oxygène par l'effet du courant d'air qu'on peut exciter dans le creuset pendant la calcina t ion. On doit avoir soin de peser l'oxyde cuivrique aussitôt après son refroidissement dans le creu-
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set de platine bien couvert, parce que, sans cette précaution, il attire de l'humidité.
Plus la dissolution de l'oxyde cuivrique est étendue, plus aussi ce dernier est précipité complètement par la potasse. Si la dissolution est fort concentrée, après la précipitation au moyen de la potasse , il reste des traces d'oxyde cuivrique dans la liqueur, et celle-ci brunit par le sulfhydrate ammonique, ce qui n'arrive pas lorsqu'avant d'y ajouter l'alcali on a eu soin de l'étendre d'une grande quantité d'eau.
Quelquefois la dissolution de potasse ne précipite pas, à l'état d'oxyde cuivrique, la totalité du cuivre contenu dans une dissolution de chlorure cuivrique; de petites quantités restent dissoutes, ce qui fait que la liqueur filtrée brunit par le sulfhydrate ammonique.
Lorsqu'on a fait bouillir pendant long-temps la dissolution de l'oxyde cuivrique avec celle de potasse, un peu d'oxyde cuivrique s'est déposé sur les parois de la capsule en porcelaine ou en platine, et il y adhère avec tant de force qu'on ne peut l'en détacher par aucun moyen mécanique. On dissout alors cette petite quantité d'oxyde dans quelques gouttes d'acide sulfurique étendu , on ajoute de l'eau et de la dissolution de potasse, et on précipite l'oxyde cuivrique par l'ébullition. Si la dissolution de l'oxyde cuivrique est très-étendue, aucune parcelle d'oxyde ne s'attache aux parois du vase pendant la précipitation.
Quand une liqueur contient de l'oxyde cuivrique dissous par un excès d'ammoniaque , cet oxyde peut en être complètement précipité par l'ébullition avec de la potasse. Cependant il est nécessaire de procéder en toute diligence à la filtration et au lavage du précipité. Si on le laissait long-temps sous la liqueur ammoniacale, celle-ci redissoudrait une partie de l'oxyde, qui lui ferait prendre une teinte bleuâtre.
On ne doit pas se servir de carbonate potassique pour précipiter l'oxyde cuivrique, car alors il en reste dans la dissolution une petite quantité, qu'on ne peut obtenir qu'en évaporant la liqueur jusqu'à siccité, et faisant rougir légèrement le sel.
La méthode qui consiste à précipiter le cuivre à l'état métallique d'une dissolution contenant de l'oxyde cuivrique, en pion*
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géant dans celle-ci une lame de fer poli» ne donne pas non plus un résultat exact , parce que le cuivre se convertit en oxyde cuivreux pendant la dessiccation , et qu'ordinairement aussi il est mêlé avec du charbon, qui so trouve mis à nu pendant que le fer se dissout. C'est pourquoi on n'y a recours que dans certains cas.
Si le cuivre est contenu à l'état métallique dans des combinaisons, on le dissout dans de l'acide nitrique ou dans de l'eau régale. La dissolution contient toujours de l'oxyde cuivrique, que l'on précipite, comme il a été dit, et d'après le poids duquel on calcule la quantité du cuivre métallique.
[ M. Levol , appliquant la méthode proposée par M. Fuchspour la détermination quantitative des oxydes ferreux et ferrique au moyen du cuivre métallique, et aussi pour celle de ce métal luimême dans les sels de cuivre, indique le procédé suivant comme fournissant très-exactement la quantité de cuivre contenue dans un sel cuivrique: on sursature par l'ammoniaque la solution de ce sel , et on plonge dans toute la profondeur du vase qui renferme la liqueur bleue, et qu'on a achevé de remplir d'eau bouillie, une lame de cuivre pur, pesée exactement; ce vase, qui doit être do préférence un flacon à l'émeri à large ouverture, est bouché aussitôt après l'introduction de la lame de cuivre, et l'expérience est abandonnée à elle-même jusqu'à ce que la liqueur soit entièrement décolorée , par suite de la réduction du sel cuivrique en sel cuivreux; on pèse alors la lame de cuivre, après qu'elle a été lavée et séchée , et la perte de poids qu'elle a éprouvée donne la quantité de métal qui existait dans la dissolution , puisque, pour la même quantité d'oxygène, l'oxyde cuivreux contient deux fois autant de cuivre que l'oxyde cuivrique.
Cette méthode, d'une exécution simple et facile, a l'inconvénient d'être un peu lenie; il faut quatre jours environ pour que l'action du cuivre sur un sel cuivrique ammoniacal contenant un gramme de cuivre, soit terminée; elle réussit d'ailleurs aussi bien pour la réduction du sulfate cuivrique que pour celle du nitrate ou du chlorure ; elle est particulièrement applicable au dosage du cuivre dans l'analyse des alliages que forme ce mêlai avec le zinc, l'étain et l'antimoine. E. P. ]