ÉLECTROMÈTRE ABSOLU
dans un circuit donné, et l’on ne peut être sûr de reproduire identiquement les mêmes conditions, de telle sorte que l’on ne saurait établir rien qui ressemble à un étalon dans ce cas.
La quantité d’électricité ne peut non plus se représenter matériellement, mais elle est déterminée par l’équation Q=\t , si l’on a mesuré l’intensité et le temps. Si le courant n’est pas constant, il faut prendre la valeur moyenne ou opérer par des quadratures. Mais on peut évaluer la quantité même par les actions chimiques auxquelles elle donne naissance : il faut seulement déterminer une fois pour toutes la relation qui existe entre la quantité d’électricité qui a traversé un électrolyte et le poids du corps décomposé, ce qui a été fait (266).
Quant à la force électromotrice, elle ne se mesure pas directement en unités électromagnétiques, mais elle se déduit d’une observation dans laquelle on mesure l’intensité 1 du courant et la valeur de la résistance totale R : si ces deux grandeurs sont mesurées en unités absolues, la force électromotrice, aussi mesurée en unités absolues, est donnée par la formule :
e — IR.
On comprend également que les données précédentes permettent de déterminer la valeur absolue G d’une capacité; il suffira de mesurer, également en valeurs absolues, la quantité d’électricité Q qu’on y aura introduite et la variation de potentiel E qui en résulte. On a alors, en effet :
G il,
303. Mesure absolue des différences de potentiel. — La valeur absolue de la force électromotrice, dans le système électrostatique d’unités, peut être déterminée à l’aide de F électromètre absolu de Sir William Thomson.
Le principe de la méthode consiste à produire l’attraction d’un plateau mobile par un plateau fixe, placé parallèlement et électrisé contrairement, et à mesurer la force qui se manifeste alors. Dans l’appareil que Snow Harris a construit sur ce principe, le plateau mobile était fixé au fléau d’une balance et l’on mesurait l’attraction par des poids placés dans l’autre plateau. Mais la formule que l’on emploie ne donne des résultats simples que si le plateau est uniformément électrisé; c’est ce qui n’arrive pas, car on sait (59) que l’électrisation augmente notablement sur les bords d’un plateau circulaire électrisé .
Sir William Thomson obvia à cet inconvénient par l’emploi d’un anneau de garde. Le plateau mobile est placé dans une ouverture circulaire qu’il remplit presque exactement et qui est pratiquée dans un disque annulaire fixe d’un plus grand diamètre avec lequel il communique métalliquement. Lorsque le disque mobile est dans le plan du disque annulaire qui est l’anneau de garde, ces deux pièces se comportent comme ne faisant qu’un seul plan dont le disque serait la partie centrale. C’est donc sur l’anneau de garde seul que la distribution de la charge est variée et, sur le disque, elle est uniforme.
Le disque est suspendu à un ressort qui peut être tendu plus ou
Fig. 203.
moins; on a mesuré à l’avance la force correspondante à chacun des degrés de tension. (Dans les modèles primitifs, le disque était suspendu à un fléau et équilibré par un contre-poids).
Parallèlement à l’anneau de garde et à une petite distance se trouve un disque métallique dont le diamètre est égal au diamètre extérieur de l’anneau de garde : il est fixé à une vis micrométrique qui permet de l’élever ou de l’abaisser parallèlement à lui-même.
L’anneau de garde et le disque mobile sont maintenus à un potentiél constant; on s’assure que cette condition est remplie à l’aide d’une jauge spéciale que nous décrirons plus loin, et on reproduit la charge, si elle vient à changer, à l’aide du replenisher (rechargeur).