‹ Traité pratique d'électricité (volume 2)Chapitre 79 sur 83 · MACHINE GRAMME · texte numérisé non relu

MACHINE GRAMME

temps ces deux fils sont reliés à une lame de cuivre mince R disposée radialement par rapport à l’axe et présentant d’un côté un prolongement d’une faible longueur. Il y a ainsi autant de lames de cuivre que de bobines ; elles sont séparées entre elles par des lames isolantes : les prolongements dont nous venons de parler constituent donc un cylindre présentant alternativement des parties isolantes et des parties conductrices.

Considérons les deux plaques diamétralement opposées qui, à un instant donné, sont sur la ligne de commutation et supposons que, à ce moment, on les mette en contact avec les extrémités d’un fil conducteur. Toutes les bobines qui sont d’un même côté de cette ligne se comportent comme des éléments de pile réunis en tension, et les deux séries ainsi constituées sont réunies en quantité. Il faut donc que l’on puisse établir, à chaque instant, une communication entre les extrémités du circuit extérieur et celles des plaques conductrices qui arrivent sur la ligne de commutation : on y parvient en assurant le contact d’une manière suffisante, à l’aide des balais qui sont formés par la réunion de fils métalliques placés parallèlement et pincés à une de leurs extrémités dans une monture métallique à laquelle aboutit l’un fies fils du circuit extérieur. Ces balais présentent une certaine élasticité, de. manière que, malgré la rotation, ils ne cessent pas d'ôtre en contact avec le cylindre tournant.

Si le contact avait lieu géométriquement suivant une ligne, une génératrice, le courant passerait dans le circuit extérieur, lorsque ces balais toucheraient les pièces métalliques ^il serait interrompu quand une lamelle isolante leur succéderait. La rotation étant très rapide, il y aurait succession presque ininterrompue des effets du courant, mais celui-ci, en réalité, cesserait à certains instants.

Dans la pratique, il n’en est pas ainsi : par suite de leur flexibilité, les balais touchent Taxe tournant, non suivant une génératrice, mais suivant une surface d’une certaine étendue; on peut considérer qu’il y a toujours contact de chaque balai avec une lame conductrice parce que, avant que l’une d’elles ait cessé de toucher les fils métalliques qui constituent le balai, la suivante touche déjà ces fils. Le courant n’est donc pas interrompu, il est continu dans le sens propre du mot; il n’est pas constant, parce que, outre que lé contact ne se fait pas toujours au même point et que par conséquent la force électromotrice n’a pas rigoureusement la mêiïie valeur, la résistance change par suite de retendue variable des surfaces métalliques en contact. Mais, dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire d’obtenir cette constance absolue et la continuité suffit.

En réalité, pour obtenir le maximum d’effet, comme nous l’avons dit, il ne faut pas placer les balais de manière que les points de contact soient exactement à 90° de la ligne des pôles; mais il faut les déplacer d’un certain angle qui dépend de diverses circonstances et notamment de la vitesse* ,

La position des balais une fois déterminée, si l’on vient à la modifier, on diminuera l’intensité du courant. Cette remarque a été utilisée dans certaines machines comme moyen de réglage, ainsi que nous le dirons plus tard.

357. Théorie des machines d’induction. — Nous avons donné une théorie sommaire, du fonctionnement des machines d’induction en général, et de la machine Clarke en particulier, basée sur l’action exercée par un pôle sur un circuit fermé, une bobine qui se meut dans le voisinage et qui, par suite du mouvement même, se trouve parcourue par un courant. Nous voulons indiquer maintenant comment on peut expliquer le fonctionnement de ces machines en prenant comme point de départ, non le pôle ou les pôles des aimants en présence, mais le* champ magnétique tel qu’il est constitué, soit naturellement, soit par suite de l’existence d’un ou plusieurs aimants.

On démontre, et nous n’avons point l’intention de faire cette démonstration, voulant nous en tenir à un résumé rapide, on démontre que lorsqu’un conducteur fermé limitant un espace de surface invariable se meut dans un champ magnétique, il est le siège d’un courant lorsque, par suite d’une.circonstance quelconque, le nombre des lignes de force (19) qui le traversent varie, et que l’intensité du courant est d’autant plus grande que cette variation est plus rapide.

Les variations de ce genre dépendent uniquement du mouvement relatif, de telle sorte que nous supposerons que le champ magnétique est immobile et que c’est le circuit qui se déplace.

La variation du nombre de lignes de force qui traversent le circuit dans son mouvement ne se produit pas évidemment si, le champ magnétique étant uniforme, c’est-à-dire les lignes de force étant également espacées, le circuit se meut parallèlement à lui-même. Mais même avec un mouvement parallèle, le courant se produira si le champ magnétique n’est pas uniforme, et c’est ce qui se passe dans le cas delà machine de Clarke ou dans celle de Pixii.Le changement de sens du courant se produit quand la variation du nombre des lignes de force change, c’est-à-dire quand l’augmentation cesse pour être remplacée par une diminution : il est évident que ce changement

Page 1