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Fig. 444, 445, 446. — Télégraphe Estienne ; manipulateur. — Fig. 444. Élévation. Fig. 445. Coupe. Fig. 446. Plan.
de part et d’autre de l’axe de rotation et placés au-dessus de pièces métalliques contre lesquelles ils peuvent venir buter. Abandonné à lui-même, le levier bascule de manière à ce que le contact ait lieu en F : le contact se produit en E, au contraire, si l’on vient à presser sur la touche. Vers l’extrémité opposée deux chevilles G et G' sont implantées sur la face interne des touches; enfin la partie métallique isolée porte un fil très flexible qui établit la communication avec un des pôles de la pile; au-dessus de cette partie se trouve une petite lame de ressort I que le levier vient toucher lors qu’on le soulève en appuyant en a; ces ressorts sont fixés à un support K qui communique avec la terre.
SYSTÈMES TÉLÉGRAPHIQUES ET TÉLÉPHONIQUES
Les pièces métalliques sur lesquelles s’établit le contact en E communiquent avec les pôles de la pile; mais comme il est indiqué sur la figure un pôle de la pile, le zinc par exemple, communique avec le contact correspondant à l’une des touches et avec le fil flexible qui aboutit à l’extrémité isolée de l’autre touche.
Entre les deux touches se trouve une lame de ressort L qui est fixée à une extrémité sur le support D; vers l’autre extrémité, elle s’appuie à l’état de repos sur une enclume métallique isolée M qui est en communication avec le récepteur R de la même station. Lorsqu’on appuie sur une des touches, la cheville G (ou G') rencontre la lame et la soulève, son extrémité l quitte l’enclume et vient frotter en passant sur un bouton métallique porté sur une lame de ressort N qui est fixée au support K; lorsqu’on lâche la touche, le contact s’établit à la descente avec le ressort N, puis la lame L vient reposer sur l’enclume.
11 est facile de se rendre compte du fonctionnement de l’appareil : quand le manipulateur est immobile, le récepteur de la station est en communication avec la ligne par l’intermédiaire de l’enclume M, de la lame de ressort L et du support D.
Supposons maintenant que l’on appuie sur une touche, A' par exemple; dans ce mouvement : 1° la lame B sera soulevée, s’écartera de l’enclume; 2° son extrémité l viendra frotter contre le ressort N ; puis 3° le mouvement continuant la partie métallique ET viendra rencontrer le ressort Y en même temps que, à l’extrémité opposée a', le contact s’établit en E. Si alors on abandonne la touche le levier reviendra à la position de repos; 4° le contact cessera entre H' et F ; 5° la lame B frottera par son extrémité contre le ressort N et enfin cette lame viendra reposer sur l’enclume M. Par suite de ces divers mouvements, les effets suivants se produiront : 1° l’appareil récepteur de la station est mis hors du circuit; 2° la ligne est mise en communication avec la terre et se décharge si elle contenait encore de l’électricité; 3° le pôle cuivre de la pile est mis en communication avec la ligne par l’intermédiaire du levier et du support D, en même temps que le pôle zinc de la pile est mis en communication avec la terre par l’intermédiaire du fil flexible de la partie métallique H', du ressort F et du support K; le fil de ligne sera donc parcouru par un courant allant du manipulateur au récepteur de l’autre station; 4° le courant cessera; 5° la ligne se déchargera au moins en partie puisqu’elle est mise en communication avec la terre.
Par suite de cet ensemble d’actions, un signal sera produit au
récepteur. Si on renouvelle le même mouvement on imprimera donc le même signal autant de fois qu’il sera nécessaire. Mais si l’on vient à agir sur l’autre levier les effets, tout analogues, seront exactement inverses; il y aura donc production dans la ligne d’un courant de sens opposé au précédent et, par suite dans le récepteur, on obtiendra l’autre signal. On peut donc, en agissant sur les touches obtenir dans le récepteur des signaux suivant un ordre, une succession déterminée.
565. — Dans la description que nous venons de donner, nous nous sommes attaché à. indiquer le principe du système sans entrer dans les détails dont quelques-uns sont analogues à ceux que l’on trouve dans les autres appareils et dont quelques-uns sont commodes sans présenter un intérêt spécial.
Les avantages de cet appareil sont d’abord l’impossibilité de confondre les signaux, trait ou point, comme nous l’avons indiqué au début, puisque la production de chaque signal est indépendante du temps pendant lequel la plume a agi; le seul inconvénient qui résulte d’une variation dans la durée de l’émission consiste dans la variation d’épaisseur; mais l’épaisseur n’intervient pas, la valeur du signal étant déterminée par le groupement des traits longs et courts. Ajoutons que cette variation de largeur peut même être utilisée et que, en faisant varier la durée du contact on peut avoir deux nouveauxfsignaux, un trait long et un trait court de grande largeur, ce qui, joint aux signaux ordinaires, permet d’introduire des abréviations dans l’écriture.
Les signaux s’obtiennent par le mouvement des deux touches à l’aide de deux doigts, ce qui est moins fatigant que l’action du manipulateur Morse.
Enfin, l’étendue occupée par un mot, par une dépêche est nécessairement moindre dans ce système que dans le système Morse, puisqu’il y a le même nombre de signaux, mais qu’ils sont placés transversalement au lieu d’être disposés longitudinalement : cet avantage n’est pas négligeable lorsqu’il s’agit de la transmission de très nombreuses dépêches.
566. Télégraphe imprimeur Hughes. — Le système Hughes est caractérisé au point de vue du résultat final en ce qu’il donne directement la dépêche écrite en caractères ordinaires et non plus en signaux conventionnels comme le télégraphe Morse. Mais il est caractérisé au point de vue de son fonctionnement en ce qu’il repose sur la production de signaux déterminés par la durée qui sépare les émissions successives du courant; chaque signal correspondant ainsi
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à une seule émission de courant, ce qui lui assure des avantages particuliers comme nous le dirons par la suite.
Le fonctionnement du système repose sur le synchronisme aussi parfait que possible du mouvement de rotation de deux pièces dont l’une appartient au manipulateur et l’autre au récepteur; quelle que soit la perfection de la construction, on ne peut obtenir par de simples dispositions mécaniques ce synchronisme parfait entre des appareils situés à grande distance; c’est le courant électrique même envoyé dans l’appareil qui, comme nous l’expliquerons, assure et maintient ce synchronisme.
Concevons qu’un frotteur métallique F (fig. 447) tourne d’un mouvement uniforme autour d’un axe vertical A en s’appuyant sur un plan isolant : l’axe vertical métallique est en communication avec la
Fig. 447. — Principe du télégraphe Hughes: manipulateur.
ligne L. Sur le parcours du frotteur des ouvertures sont pratiquées, régulièrement disposées le long d’une circonférence, au nombre de 26 par exemple : dans ces ouvertures peuvent se mouvoir des chevilles métalliques C ou goujons qui, au repos sont maintenus abaissés par l’action d’un ressort, mais que l’on peut faire saillir par l’intermédiaire de levier L; ces leviers aboutissent d’autre part aux touches T d’un clavier sur lequelles sont inscrites une + et les lettres de l’alphabet, de telle sorte que, lorsqu’on appuie sur une touche, le goujon correspondant se soulève; il est rencontré par le frotteur dans sa rotation et comme tous les goujons sont en rapport avec la pile, il y a un courant émis dans la ligne au moment du contact, mais ce courant ne dure que le temps même du contact; si le goujon reste soulevé, le frotteur le rencontre à chaque tour
et un courant très court est émis à chaque contact, c’est-à-dire après des temps rigoureusement égaux puisque le mouvement de rotation est absolument uniforme. Si de même, on a deux goujons soulevés, il y a deux émissions de courant et le temps qui les sépare est rigoureusement proportionnel à leur distance, c’est-
à-dire au nombre de goujons qui les sépare, ce temps étant JL, du temps d’un tour entier suivant que les goujons seront
voisins immédiatement, ou séparés par 1, 2... autres goujons, c’està-dire suivant que leur distance angulaire sera de circonférence.
Dans le récepteur, il existe une roue dite roue des types qui tourne autour d’un axe horizontal, d’un mouvement uniforme et absolument avec la même vitesse que le frotteur du manipulateur; cette roue porte sculptés en relief sur sa tranche et renversés, comme les caractères d’imprimerie, une -f- et les 25 lettres de l’alphabet; ces caractères sont maintenus constamment encrés; au-dessous de cette roue et à une très petite distance se trouve une bande de papier portée par un levier dont les mouvements réglés par une came sont déterminés par le passage d’un courant dans un électro-aimant. Quand le courant passe, la bande de papier est rapidement soulevée, s’appuie sur la roue des types de telle sorte que la lettre qui est au point le plus bas de cette roue s’imprime sur le papier; puis brusquement la bande de papier s’écarte en même temps qu’elle avance d’une petite quantité, de manière que l’impression qui se fera lors du passage d’un nouveau courant se fasse à côté de la lettre précédemment obtenue.
507. — Ceci posé, lorsque l’appareil est bien réglé et prêt à fonctionner, le frotteur du manipulateur passe au-dessus du goujon qui correspond à la + au moment précis où la -f- de la roue des types est au point le plus bas, c’est-à-dire en face de la bande de papier. A partir de cet instant, le frotteur passera successivement au-dessus de chaque goujon à l’instant où la lettre correspondante de la roue des types sera au point le plus bas et cette concordance se continuera indéfiniment puisque, par un réglage continuel, le synchronisme des deux mouvements est rigoureusement maintenu. (Nous disons, pour simplifier, que les deux effets doivent avoir lieu précisément au même instant : en réalité, il n’en est pas exactement ainsi et ils doivent être séparés par un intervalle de temps égal au temps que le courant met à parcourir la distance qui sépare les deux stations.)
Imaginons que nous voulions transmettre un mot; au manipula-
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leur, on abaissera la lre lettre de ce mot et lorsque le frotteur passera sur le goujon correspondant, un courant sera émis dans la ligne, arrivera au récepteur passera dans l’électro-aimant et provoquera dès lors l’impression de la lettre qui est en bas de la roue des types, c’est-à-dire de la lettre correspondante à celle qui est sur la touche abaissée. L’opérateur laisse se relever la touche et abaisse celle qui représente la 2e lettre du mot, les mêmes actions se produisent et la 2e lettre s’imprime de même et il en est ainsi successivement pour toutes les lettres, le mot se trouve donc ainsi imprimé en entier.
On voit aisément un avantage immédiat de ce système comparé aux systèmes Morse et Bréguet; c’est que dans ceux-ci il faut plusieurs émissions de courant pour transmettre une lettre, tandis qu’il n’en faut qu’une pour chaque lettre dans le système Hughes; aussi la rapidité de transmission est-elle beaucoup plus considérable et peut atteindre 60 dépêches par heure. D’autre part, il présente le double avantage de donner les dépêches sous une forme matérielle et de les fournir écrites en caractères ordinaires, ce qui évite les erreurs ou omissions et la traduction nécessaire dans le cas de signaux conventionnels.
568. — Donnons maintenant quelques détails sur les points les plus importants du manipulateur et du récepteur.
Dans chaque appareil (fig. 448) il existe à la fois le récepteur et le manipulateur; la roue des types et le frotteur sont reliés par l’intermédiaire de roues d’angles de telle sorte que leur mouvement est identique. Ce mouvement est produit par un mécanisme quelconque, un mécanisme d’horloge à poids en général; cependant lorsque l’on emploie plusieurs appareils dans le même bureau, il peut y avoir intérêt à employer un moteur à eau ou un moteur électrique. L’uniformi.té du mouvement est obtenu par l’emploi d’un régulateur à pendule conique à ressort qui est relié au rouage : on peut modifier la longueur de la tige à l’aide d’une vis, de manière à faire varier par degrés insensibles la vitesse de rotation. Voyons quelles dispositions ont été adoptées pour assurer le synchronisme absolu des mouvements des deux appareils qui sont en communication pour une transmission.
Pour établir le synchronisme une des stations envoie une lettre déterminée, toujours la même et à l’autre station on agit sur le régulateur jusqu’à ce que, pendant plusieurs tours, la lettre s’imprime nettement, mais cette condition remplie, comment la maintenir? et d’ailleurs le synchronisme n’est jamais absolu et s’il existait une
différence telle petite fût-elle, les effets s’accumuleraient avec le nombre des tours, et après un certain temps la concordance aurait