Donnons quelques détails complémentaires qui pour
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raient d’ailleurs être modifiés suivant les circonstances sans rien changer à la manière dont agissent les courants.
Dans un bureau les indicateurs sont rangées par série de 25 et sur un tableau portant des numéros et les Jack-knives sont rangés d’une manière analogue dans un tableau situé au-dessous (fig.503). Le nombre de ces tableaux dépend de l’importance du bureau, c’est-à-dire du nombre des abonnés correspondants.
Lorsque deux abonnés de ce bureau veulent correspondre, on établit les communications comme nous l’avons dit, à l’aide d’un câble à deux chevilles, lorsqu’ils appartiennent au même tableau ou au moins à deux tableaux voisins; mais si les tableaux sont plus éloignés, on ne peut opérer ainsi directement, car il faudrait employer des câbles trop longs. Mais on a établi, sur des rangées spéciales des commutateurs qui sont reliés à des commutateurs de divers autres tableaux ; des couleurs distinctes permettent de se retrouver aisément. Si donc on veut relier deux Jack-knives appartenant à des tableaux éloignés, on les relie respectivement à deux de ces commutateurs se correspondant.
C’est également par des commutateurs spéciaux placés inférieurement qu’on établit les communications de bureau à bureau.
Les Jack-knives qui servent pour ces communications ont une forme plus simple que celle que nous avons décrite.
On conçoit que les correspondances entre les abonnés ne se répartissent pas d’une manière quelconque et que les relations soient plus fréquentes dans certains groupas; il y a évidemment intérêt à rapprocher le plus possible les Jack-knives des abonnés qui sont le plus fréquemment en communication. Aussi, à cet égard peut-il être avantageux de pouvoir déplacer suivant les besoins tel ou tel abonné : on ne saurait songer, à chaque changement jugé nécessaire, à déplacer le câble de l’abonné pour l’amener d’un Jack-knife à un autre : il y aurait un enchevêtrement de câbles qui deviendrait bientôt inextricable. En réalité, les câbles qui aboutissent aux Jack-knives ne sont jamais déplacés; ils se terminent d’autre part à une rosace , commutateur particulier dont nous avons parlé (551). Leurs extrémités sont fixées à des bornes rangées sur le bord d’une ouverture circulaire pratiquée dans un panneau vertical : à ces bornes aboutissent, d’autre part les fils des câbles des abonnés. Ceux-ci arrivent par la périphérie, tandis que les câbles venant des Jack-knives sont réunis en un faisceau unique jusqu’en un point situé derrière la rosace et au niveau du centre : c’est là seulement qu’ils se séparent pour se rendre aux bornes, constituant
ainsi une sorte de cône creux. On conçoit qu’il soit facile d’interéchanger deux câbles quelconques, puisqu’ils ont tous la même longueur, représentant les génératrices d’un cône de révolution.
Au bureau de l’Opéra, il y a quatre rosaces semblables placées aux quatre faces d’une sorte de guérite carrée au centre de laquelle arrivent tous les fils venant du bureau.
625. Télégraphie et téléphonie simultanées. — L’établissement des conducteurs constitue pour la télégraphie et la téléphonie une dépense notable ; aussi est-il d’un intérêt très réel de pouvoir utiliser le mieux possible les lignes existantes : de là l’avantage des systèmes de télégraphes multiples dont l’emploi se généralise, de là l’importance capitale de l’invention faite parM. Van Rysselberghe d’un moyen de transmettre par les mêmes fils les dépêches télégraphiques et les conversations téléphoniques sans que ces diverses transmissions se gênent en aucune façon. Cette invention était nécessaire pour permettre d’établir les communications téléphoniques de ville à ville, sans que le prix d’établissement soit grevé de la dépense considérable de l’installation d’une ligne double.
L’invention que M. Van Rysselberghe a brevetée en 1882 et qui a maintenant reçu la sanction de la pratique repose sur un fait d’observation : nous avons dit que le téléphone entre en action sous l’inlluence de courants interrompus. Cette condition est nécessaire en effet, elle n’est pas suffisante, il faut que les émissions et les extinctions de courants soient brusques. Si les courants commencent et finissent graduellement (quoique dans un temps très court, naturellement) le téléphone ne produit aucun son perceptible à l’oreille; M. Van Rysselberghe, qui a découvert ce principe, a pensé qu’il était possible d’installer les appareils téléphoniques sur les fils servant aux appareils télégraphiques en disposant ceux-ci de manière que les courants qu’ils émettent soient graduels, qu’ils ne commencent ni ne finissent brusquement; dans ces conditions, on n’entend aucun bruit dans les téléphones.
Il va sans dire que les émissions et interruptions graduées doivent se produire dans un temps très court pour que la transmission télégraphique ne soit pas trop retardée. Quant aux transmissions téléphoniques, elles ne sauraient causer de trouble dans le fonctionnement des appareils télégraphiques ; les courants qu’elles occasionnent sont très faibles et leur caractère spécial de courants ondulatoires de très courte période les rend incapables d’agir sur les récepteurs télégraphiques. M. Van Rysselberghe a satisfait à la condition théorique que nous venons d’indiquer en intercalant dans
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le circuit de petits électro-aimants graduateurs, ou en mettant sur la ligne des condensateurs faisant office de dérivateurs, et mieux encore en réunissant ces deux moyens.
Une autre difficulté consiste dans la nécessité d’accoupler symétriquement les fils servant à la téléphonie de manière à éviter les effets d’inductions des fils voisins.
626. — La solution pratique du problème de la simultanéité des transmissions télégraphiques et téléphoniques sur une même ligne exige l’application de dispositions diverses qui permettent de séparer entièrement les deux services ; nous indiquerons sommairement les moyens appliqués en Belgique.
Pour obtenir les courants gradués circulant dans les fils sous rinfluence des appareils téléphoniques, M. Yan Rysselberghe emploie deux électro-aimants graduateurs En E2 de 500 ohms chacun et un
Fig. 504 et 505. — Téléphonie et télégraphie simultanées.
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condensateur C de 2 microfarads; voici la disposition d’un bureau télégraphique dans ces conditions (fig. 504) :
M est le manipulateur et Rie récepteur, d’un système quelconque d’ailleurs.
L’un des électro-aimants Et est placé entre la pile et le manipulateur; l’autre E2 après le manipulateur sur la ligne; enfin le condensateur G est sur une dérivation entre la ligne et la terre.
Bien entendu le bureau placé à l’extrémité de la ligne présente les dispositions analogues.
Les téléphones sont reliés à la ligne entre les bureaux télégraphiques : ils sont disposés d’une manière particulière (fig. 505), étant séparés de la ligne par un condensateur G et se trouvant mis en communication avec la terre d’autre part. M. Yan Rysselberghe a reconnu que, avec cette disposition, les communications télépho-
niques avaient lieu dans les mêmes conditions, que le circuit se continuât jusqu’à la terre ou qu’il y eût interruption, pourvu que la résistance de la partie LKT fût au moins de 500 ohms, ce qui est précisément le cas. Alors les communications téléphoniques ont lieu à travers la ligne L L/, soit que le circuit soit ouvert entre K et T, soit qu’il se trouve fermé, soit que le courant passe, soit qu’il ne passe pas; elles ne sont donc pas influencées par les manœuvres du manipulateur ni par les mouvements du récepteur de la station qui est placée entre K et T, c’est-à-dire que les communications téléphoniques sont absolument indépendantes de la transmission télégraphique.
La disposition précédente ne peut pas être simplement employée, parce que la transmission téléphonique qui aurait lieu dans le fil
Fig. 506. — Communications entre deux bureaux.
de ligne agirait par induction sur les fils voisins et gênerait les transmissions téléphoniques qui utiliseraient ces fils (il va sans dire que les transmissions télégraphiques, ne produisant aucun effet dans les téléphones reliés au même fil, ne peuvent non plus agir sur les fils voisins). Il était donc nécessaire d’adopter une disposition qui produisît un effet analogue à celui du fil de retour qui est employé souvent dans les transmissions téléphoniques.
Aussi, en réalité, le téléphone n’est pas relié directement à la ligne par l’intermédiaire d’un condensateur, mais il est en relation indirecte avec deux lignes par l’intermédiaire de deux condensateurs et d’une bobine d’induction (fig. 506).
Le fil de la ligne E' D arrive à une bobine Bt et de là se rend au télégraphe, puis à la terre; à l’intérieur de cette bobine est une bobine bb dont le fil communique d’une part à la terre et d’autre part à un condensateur c et au téléphone t qui lui-même est relié à la terre. Mais la bobine intérieure, qui est fort longue,
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traverse une autre bobine B2 placée d’une façon analogue à la première et reliée à une autre ligne ED' et à la station télégraphique d’autre part; cette bobine est enroulée en sens contraire de la première. Lorsque le téléphone t agira comme transmetteur, la bobine b sera inductrice et fera naître dans les deux lignes des courants égaux et de sens contraires ; ces courants arrivant à l’autre station et traversant les bobines B/, B/ ajouteront leurs effets, puisqu’ils sont de sens contraire et traversent des bobines ayant des enroulements inverses; la bobine b'br intérieure est alors induite sous la somme de ces deux actions et le téléphone fonctionne. Mais, sur la ligne, les deux fils DE' et ED' qui sont voisins ne peuvent agir par induction sur les fils voisins puisqu’ils sont parcourus par des courants de sens contraire.
On voit que dans le système que nous venons d’exposer sommairement les appareils téléphoniques n’ont à présenter aucune disposition spéciale, les modifications nécessaires portent toutes sur l’installation des bureaux télégraphiques.
Les expériences de transmission simultanée par le télégraphe et le téléphone ont eu lieu pour la première fois le 16 janvier 1882, entre Bruxelles et Anvers. Depuis, le système est entré dans la pratique en Belgique et les abonnés des villes qui possèdent des réseaux téléphoniques peuvent maintenant correspondre entre eux par téléphone.
Le système est applicable à de grandes distances : il a été essayé avec succès entre Paris et Bruxelles (835 kilomètres) le 16 mai 1882 ; un peu plus tard, le 9 juin de la même année, des essais réussirent également bien entre Bruxelles et Douvres. Il semble, par conséquent, que le problème est résolu d’une manière complète, noa seulement en théorie, mais aussi au point de vue pratique.