PREFACE
Pendant fort longtemps rel^ctTTCÎte' a été surtout Tobjet de recherches de laboratoire et ses applications étaient, jusqu'à ces dernières années, réduites presque exclusivement à la télégraphie et à la galvanoplastie ; il n'en est est plus ainsi et réiectricité est entrée maintenant dans une nouvelle période, celle de l'utilisation industrielle. Cette situation s'est manifestée surtout d'une manière très marquée à la suite de l'exposition internationale d'électricité de 4881.
En présence des résultats déjà acquis, de ceux qui sont en voie de réalisation et de ceux qu'il est permis d'entrevoir comme prochains, beaucoup se sont trouvés déroutés. Les données classiques qui figuraient seules encoce sur les programmes officiels de l'enseignement des dernières années sont insuffisantes, nous ne dirons pas pour per^ mettre une étude complète des applications de l'électricité, mais même pour saisir les principes sur lesquels elles reposent. Les publications spéciales qui ont été créées, et dont la plupart ont une valeur réelle, ne répondent pas à tous les besoins : les unes s'adressent à un public restreint, aux savants, aux ingénieurs, aux industriels qui sont déjà au courant de ces questions, soit d'une manière générale, soit sur une partie restreinte de l'électricité; les autres sont des ouvrages de vulgarisation, d'une lecture facile, cherchant plutôt à intéresser qu'à instruire et qui, si elles s'adressent à un nombre plus considérable de lecteurs, ne peuvent pas faire connaître les données techniques des problèmes qui se sont posés, de ceux qui se posent journellement. Nous avons pensé qu'il y avait place pour un traité spécial
Vf PRÉFACE.
entre ces deux genres d'ouvrages; nous avons cru qu'il y a un public intelligent, avide de s'instruire, possédant des connaissances générales qu'il est susceptible d'appliquer, désireux de se rendre compte de ce que Ton a pu obtenir, de ce que l'on peut espérer de ce merveilleux agent, l'électricité; pour ce public composé d'ingénieurs attachés aux industries ou aux services les plus variés, d'architectes, de médecins, de physiologistes, d'industriels, les ouvrages spéciaux donnent trop de détails et supposent connus des faits et des principes qui, jusqu'à présent, ne font pas partie de l'éducation générale; par contre, les ouvrages de vulgarisation paraissent insuffisants parce qu'ils ne permettent pas de se former une idée nette des méthodes générales, des ressemblances ou des différences entre les divers systèmes.
C'est pour ce public que nous avons écrit spécialement le Traité pratique d'électricité; sans nous dissimuler les diflicultés que cette publication présentait, nous avons cherché à satisfaire à un programme qui est compris implicitement dans les lignes qui précèdent.
Nous avons pensé qu'il convenait de débuter par rappeler les principes généraux sans la connaissance desquels il est impossible d'avoir une notion nette des applications; nous avons donc dû commencer par un exposé théorique. Nous n'avions pas à enseigner les faits principaux, mais seulement à les rappeler ; aussi nous avons pu être très bref sur les appareils classiques, sur les expériences qui sont relatées avec détail dans les traités de physique. Nous avons insisté, au contraire, sur les idées qui ne sont pas développées dans les cours élémentaires, sur celles au moins qui sont indispensables, en nous efforçant de les traiter surtout au point de vue vraiment physique. Nous savons l'avantage que présente l'application des mathématiques, toutes les fois que l'on peut y avoir recours, mais nous savons aussi que, trop souvent, leur introduction fait perdre complètement de vue le phénomène même ; aussi n'avons-nous eu recours au calcul que lorsqu'il était indispensable, tout en ayant cherché à apporter toute la rigueur possible dans nos déductions.
Comme ce Traité pratique d'électricité n'est pas destiné spécialement à préparer à des examens, nous avons pu rompre avec quelques traditions qui sont entretenues soigneusement encore par les programmes officiels. C'est ainsi que nous avons traité tout d'abord le magnétisme, ne voulant pas séparer l'électricité statique de l'élec-
PRÉFACE. vu
tricité dynamique; que nous avons renoncé absolument à la théorie des deux fluides, la théorie de Franklin légèrement modifiée satisfait à tous les besoins de Télectricité, nous l'avons adoptée dès le début.
En ce qui concerne les applications des lois générales données dans cette première partie, nous avons établi une distinction qui nous semble naturelle, traitant d'abord les questions qui se rattachent aux mesures et rejetant dans le second volume celles qui sont vraiment industrielles.
La deuxième partie du premier volume débute par des considérations importantes sur les mesures en électricité ; ces notions, bien qu'appartenant à la théorie pure, ne pouvaient figurer dans la première partie qui ne comprend que ce que l'on peut appeler l'électricité classique; elles sont d'ailleurs une introduction toute naturelle à l'exposé des méthodes de mesure et à la description des appareils qui servent à appliquer ces méthodes.
Dans cette partie, nous avons fait rentrer la description de quelques instruments qui eussent pu être traités dans l'exposé des théories générales, mais qui, à cause de leur nouveauté, exigeaient plus de développement que n'en comporte cet exposé. Nous ne pouvions songer à donner le détail de tous les appareils qui ont été imaginés et nous avons dû nous imposer des limites rigoureuses : dans chaque catégorie, pour chaque principe, nous avons décrit un seul appareil, celui que nous croyons devoir répondre le mieux aux besoins en vue desquels il a été imaginé, à moins que plusieurs ne soient entrés effectivement dans la pratique et qu'il y eût nécessité à les faire connaître.
Le second volume contient l'exposé des applications réelles de l'électricité, applications industrielles ou autres ; nous avons adopté un ordre qui nous a semblé rationnel et que les titres des chapitres font suffisamment connaître.
Il était impossible de signaler tous les appareils qui ont été proposés ou qui sont employés; nous avons dû faire un choix, cherchant autant que possible à décrire des appareils dans lesquels se trouvent utilisés des principes différents, ou tout au moins dans lesquels on rencontre des dispositions réellement distinctes.
Même dans ces conditions restreintes, nous avons dû nous résigner à des omissions ; elles étaient fatales en présence du nombre consi-