ÉlEGTROOYMAMO MÈTRE A MERCURE; COMPTEUR A MERCURE DE
M. LiPPMANN. — L'électrodynamomètre à mercure est basé absolument sur le même principe que le galvanomètre dont nous venons de donner la description ; il n'en diffère que parce que l'aimant est remplacé par une bobine dont le fil est traversé par le courant qui passe dans le mercure.
Cet appareil, comme les électrodynamomètres ordinaires, donne la mesure du carré de l'intensité du courant ; il permet de mesurer les courants alternatifs. Il présente l'avantage que, à l'exception du mercure, toutes les pièces qui le constituent sont invariables déposition ; les indications sont donc rigoureusement proportionnelles au carré de i.
Cet appareil se prête, lorsqu'il a été gradué, à la mesure absolue des courants. Dans un appareil présenté à la Société des électriciens, un courant dont l'intensité était de 1 C. G. S (10 ampères) produisait une pression de 650 dynes (environ 650 "«0 par centimètre carrés.
542 TRAITÉ D*ÉLEGTRICITÉ.
Enfin, sur le même principe, M. Lippmann a fait construire un compteur d'électricité : Tappareil ressemble au galvanomètre, seulement la chambre lamellaire à mercure communique d'une part
Fig. 599. — Galvanomètre Lippmana. (Bréguet.)
avec un réservoir à mercure, de l'autre avec un tube recourbé dont l'extrémité ouverte se trouve au-dessus du réservoir. Lorsque le courant passe, l'action exercée par Taimant sur le courant chasse le mercure de la chambre vers le tube ; le mercure s'écoule d*une
APPENDICE. 5i3
manière continue par l'orifice de celui-ci et retombe dans le réservoir.
Le poids du mercure qui s'écoule dans l'unité de temps est proportionnel à l'intensité du courant et pour un temps quelconque, proportionnel à la quantité d'électricité qui a traversé l'appareil.
Pour connaître la quantité d'électricité, il suffît donc d'évaluer le poids de mercure écoulé, ce à quoi l'on arrive, par exemple, par l'emploi d'un basculeur à augets dont l'axe est relié à un compteur qui indique le nombre de mouvements du basculeur. L'appareil doit être gradué expérimentalement.
756. Compteur d'électricité Cauderay. — Cet appareil mesure les quantités d'électricité qui traversent un circuit, en enregistrant d'une manière spéciale l'intensité du courant, en vertu de la relation Q =lt; c'est un enregistreur des indications d'un ampèremètre, enregistreur qui fonctionne chaque fois qu'un coulomb a passé, et qui fait avancer une aiguille sur un cadran. Si le courant est de 1 ampère, l'aiguille doit avancer une fois par seconde, elle doit avancer 2, 3... n fois par seconde si le courant est de 2, 3... n ampères. Voici comment ce résultat est obtenu en principe : derrière l'aiguille de l'ampèremètre a (fijj. 600) se trouve un cylindre à axe horizontal qui tourne avec une vitesse de i tour par seconde. A sa surface sont tracées des sections droites dont la position est telle qu'elles sont respectivement en face de Taiguille lorsque celle-ci est au repos ou qu'elle indique un courant de 1, 2, 3... n ampères. Des chevilles métalliques sont implantées sur ces sections en nombre variable : il n'y en a pas sur la section qui correspond à la position de repos de l'aiguille, il y en a 1 sur les sections correspondant à la position de l'aiguille pour i ampère (il y a deux sections pour chaque intensité, de part et d'autre de la position moyenne), il y en a 2 sur les sections suivantes, et successivement 3, 4... n sur les sections qui correspondent à 3, 4... » ampères.
L'aiguille de l'ampèremètre est terminée à sa partie supérieure par une pièce métallique qui frotte sur les chevilles ; on voit dès lors que le nombre des contacts, pour un tour du cylindre, c'està-dire pour 4 seconde sera de 1, 2, 3... n suivant que le courant étant de 1, 2, 3... n ampères, l'aiguille sera située en face de la section numérotée 1, 2, 3... n, c'est-à-dire que chaque contact correspondra bien au passage d'un coulomb, puisqu'il y aura n contacts, lorsque le courant ayant une intensité de n ampères il passera n coulombs en 1 seconde. Il suffit dès lors que chaque contact de Taiguille et d'une cheville soit relié mécaniquement ou mieux élec-
5U TRAITÉ D*ÊLECTRIGITE.
triquement avec un mécanisme qui fasse avancer une aiguille d'une division sur un cadran pour que les indications lues sur ce cadran représentent en coulombs la quantité d'électricité qui a traversé le circuit de rampèremètre.
L'ampèremètre employé est un modèle de M. Deprez, la bobine présente une très faible résistance 0®**'",01 ; on peut le régler d'après un étalon en déplaçant les pièces polaires qui sont fixées à des vis. Le mouvement du cylindre à chevilles est obtenu pour Taction d'un balancier circulaire réglé au moyen d'un spiral; l'arbre du balancier porte deux armatures de fer doux attirées par des électroaimants pour entretenir le mouvement; le courant qui les anime est très minime et peut être négligé.
Dans la pratique, le coulomb est une quantité trop petite pour
Fig. 600. — Compteur d't^loctricité {Cauderay),
qu'il ait lieu de la choisir comme unité : aussi les appareils sont-ils disposés pour compter seulement par centaines de coulomb. Pour obtenir ce résultat, il suffit sans rien changer à l'appareil de faire tourner le cylindre moins vite, de manière qu'il exécute un tour en lÔO secondes : il est clair en effet que, dans ces conditions chaque cheville qui rencontrera l'aiguille correspondra à 100 coulombs. L'unité industrielle commode paraît devoir être le myriacoulomb qui vaut 10 000 coulombs.
Il va sans dire que, moyennant des modifications de la vitesse du cylindre, il sera possible d'obtenir que les aiguilles de l'enregistreur indiquent la dépense évaluée à l'aide de telle unité qui con-
viendra ; c'est ainsi, par exemple qu'au lieu d'évaluer celle dépense en coulombs (c'est-à-dire en ampères-secondes) ou multiples de coulomb on pourra, pour le cas de l'éclairage, l'évaluer en lampeheures, le fonctionnement de la lampe à l'état normal correspondant à une dépense déterminée.
Dans les appareils où la rotation du cylindre n'est pas rapide, dans les appareils pratiques, le mouvement du balancier est transmis au cylindre par l'intermédiaire de levier agissant par des doigts sur une roue à rochets. La régularité du mouvement subsiste quelle que soit la position de l'appareil qui n'a pas besoin d'être maintenu vertical.
Enfin, les dents implantées sur le cylindre ne présentent pas sur chaque section droite l'égalité d'espacement que nous avons imaginée; elles sont disposées suivant une règle particulière afin que, lorsque l'aiguille se trouvera entre deux divisions, la pièce métallique qui la termine rencontrant les dents de deux sections droites à la fois enregistre un chiffre représentant la valeur intermédiaire.