FONDERIE DE BRONZE ET DE CUIVRE
Fonderie de bronxe et de cuivre (2* classe). — 14 janvier 1815.
Le cuivre pur n’est presque jamais employé au moulage, il fond à une température très-élevée et ne donne jamais qu'une matière peu liquide, d’une coulée difficile. Ses alliages principaux sont : le cuivre jaune ou laiton, formé d’environ 50 à 40 de zinc pour 66 de cuivre; le maillechort, qui est aussi malléable, ductile, formé de 50 de cuivre, 25 de zinc et 25 de nickel, avec des traces de fer quand on veut le rendre plus blanc, plus dur et plus cassant. Le bronze qui contient 10 à 20 d’étain pour 80 de cuivre, le métal de cloches qui contient 20 à 22 d’étain pour 78 de cuivre; tous ces alliages sont plus fusibles et plus faciles à mouler que le cuivre pur.
Détail des opérations. — La fusion de ces alliages s’opère ordinairement dans des creusets réfractaires en argile ou en plombagine ; on chauffe au coke ou au charbon de bois ; on active souvent ce feu à l’aide d’un soufflet; la cheminée est presque toujours assez élevée pour donner seule un tirage suffisant. Chaque creuset est placé sur une brique réfractaire posée sur la grille du foyer, et entouré de tous côtés par le charbon incandescent.
Au-dessus du foyer, sous la cheminée, est un repère qui sert à chauffer préalablement au rouge les fragments d’anciens alliages destinés à charger le creuset. Avant la coulée, l’ouvrier sépare une couche impure à demi scorifîée et agile la masse avec un bâton de bois vert qui réduit la faible quantité d'oxyde dissoute dans le bain ; cela fait, il coule.
Les cloches sont moulées sur place, avec du sable, au moyen d’un noyau ; je ne puis entrer dans le détail de leur fabrication, je dirai seulement que le poids doit être en rapport avec les dimensions et les épaisseurs aux différents points, afin d’en obtenir les notes qu’on désire. 11 faut bien se garder d'introduire du plomb dans l’alliage, parce qn'il perdrait de sa sonorité. Cette addition de plomb rendrait la coulée plus facile.
Je ne détaillerai pas les autres alliages employés dans les
FONDEMES.
arts, ni la mise en couleur des bronzes, ni le bronzage artificiel qui s'applique aussi au laiton, etc.; je dirai ici que la fonte du bronze doit s’opérer dans le moins de temps possible, pour éviter l’oxydation, qui est plus rapide pour les alliages que pour les métaux simples. C’est pour cela qu’on se sert de fours à réverbère à sole elliptique, et pour la fonte des cloches de fourneaux circulaires, sans cheminée, dont la voûte est simplement percée d’ouvertures pour laisser échapper la fumée, parce qu’il n’y a pas nécessité d’employer une température aussi élevée.
Document relatif aux fonderies de cuivre.
INSTRUCTION DU CONSEIL D’HYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE POUR LES OUVRIERS FONDEURS EN CUIVRE.
Depuis un certain temps, et à diverses reprises, les ouvriers fondeurs en cuivre ont adressé aux patrons des réclamations relatives à l'emploi du poussier de charbon pour saupoudrer les moules. Ces réclamations portent principalement sur la nécessité où ils se trouvent d’aspirer, en grande quantité, une poussière très-fine de charbon qui, en pénétrant dans les poumons, leur occasionne, disent-ils, d'abord une certaine gêne de la respiration, et, à la longue, des affections plus graves. Le conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine a été chargé d’examiner la valeur de ces réclamations, de rechercher les causes des inconvénients dont se plaignent les ouvriers, et d’indiquer, autant que possible, les moyens propres à les foire disparaître, ou du moins à les atténuer. Le conseil appelle donc toute l’attention des patrons sur les instructions suivantes, dont ils sauront, mieux que personne, saisir le sens pratique et réaliser les avantages.
On se sert pour l’opération du moulage de poussier de charbon de bois ou de fécule. Cette dernière substance, dont l’emploi remonte à deux années environ, a remplacé en tout ou en partie, dans un certain nombre d’ateliers, le poussier de charbon. Cette substitution paraît présenter des avantages sous le rapport de la salubrité comme sous celui de la propreté. On évitera les inconvénients auxquels a donné lieu l’usage du charbon, et surtout des poussiers impurs, en observant les prescriptions suivantes :
1° Les fondeurs devront employer du poussier pur de charbon de bois (on peut accorder 3 à 7 pour 100 de matières étrangères non combustibles par incinération, c'est un moyen suffisamment exact);
2° Les ouvriers devront avoir soin de ne pas secouer, outre mesure, sur leurs moules, le sac ou tamis qui contient le poussier de charbon. Le tamis devra toujours être couvert;
3° Comme il importe que les ouvriers, dans l’opération de la fusion de
FONDEllIE DE ZINC.
métaux et alliages, soient soustraits aux émanations et poussières métalliques, les fourneaux devront, à cet effet, être surmontés d'une hotte communiquant avec une cheminée, d'une section assez large, et procurant un tirage suffisant;
4° Le flambage devra être effectué dans des locaux séparés et munis d’une cheminée spéciale. Ainsi les travailleurs ne seront pas exposés à l’action nuisible de la fumée de la résine employée à l’opération dont il s’agit;
5° La ventilation, qui est de tous les moyens hygiéniques le plus efficace, devra être très-active dans les ateliers, et sera établie selon le mode le plus convenable à la disposition des lieux : on ne saurait donc recommander d’une manière absolue un système plutôt qu’un autre;
6° Enfin, on ne saurait trop engager les ouvriers à se laver fréquemment, afin d’entretenir leur corps aussi proprement que le permettent leurs travaux.
Telles sont les principales précautions que le conseil d’hygiène publique croit pouvoir recommander et qu’il juge capables d’apporter un remède efficace aux inconvénients signalés par les ouvriers fondeurs en cuivre.
Les membres de la commission,
Henri Fournel, Combes, Bruzard, Vernois, rapporteur.
Lu et approuvé dans la séance du 7 avril 1855.
Le vice-président, Boussingault; le secrétaire, Ad. Trébuciiet.
Vu et approuvé, le préfet de police, Pietri.
Fonderie de caractères d'imprimerie. Voir Plomb ( Industrie du).
Fonderie de Tonte de Ter.
Détail des opérations. — La fonderie de la fonte s’exécute dans des cubilots; j’ai décrit leur forme dans la fabrication de la fonte; on emploie souvent avec économie des fours à réverbère. Ces fours à réverbère ont un foyer sur lequel on brûle de la houille, une sole inclinée vers le foyer dans la partie basse de laquelle se réunit la fonte, et dont la surface égale trois fois celle de la grille.
Les poches de coulée sont en fer, garnies à leur intérieur d’argile pour les faire servir plus longtemps; les plus grosses, contenant jusqu’à dix mille kilogrammes de métal fondu, sont manipulées à l’aide de grues et d’un mécanisme spécial.
Fonderie d'or. Voir Or.
Fonderie de plomb. Voir Plomb (lndus/rie du).
Fonderie de zinc. Voir Zinc.
Le zinc de la Silésie semble préférable à celui de la Vieille- Montagne pour tout ce qui a rapport au moulage; on emploie