‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 67 sur 240 · I.AVOIltS · texte numérisé non relu

I.AVOIltS

Luvatje à froid. — A froid, on sc contente souvent de laver la laine sur le dos de l’animal lui-même, soit près la vanne de décharge d’un moulin; soit autant que possible dans une rivière courante, car on n’y arrive que difficilement dans des baquets, surtout pour les laines fines.

Lavage à chaud. — On emploie bien plus souvent le lavage à chaud; pour cela on remplit des cuviers d’eau chauffée à quarante-cinq degrés, on y fait tremper les toisons sans les remuer pendant dix-huit à vingt heures, et cette première eau devient le principal agent de dégraissage. On en remplit des chaudières que l’on chauffe à soixante-dix ou soixante-quinze degrés, on y plonge la laine par petites parties sans trop l’agiter, on la retire après quelques minutes d’immersion pour la laisser égoutter dans un panier placé au-dessus des chaudières, de manière à perdre le moins possible du liquide primitif.

La laine égouttée est apportée aux lavoirs, qui doivent être aussi rapprochés des chaudières que la nature des lieux le permet. Chaque laveur a sa place au lavoir; c’est un bateau, ou plus souvent c’est un tonneau défoncé par un bout, enterré à fleur du pavé tout près du bord de la rivière; devant lui sont deux paniers placés l’un dans l'autre, dont l’extérieur retient les llocons échappés du premier. 11 promène la laine en divers sens sans la retourner, puis il la place sur des claies pour l’égoutter, enfin la fait sécher à l’ombre, sur un gazon bien serré et bien propre. D’autres fois, on presse la laine pour extraire l’eau et avec elle les impuretés qu’elle peut contenir. On fait quelquefois usage d’un séchoir ventilateur.

A défaut de rivière, on emploie un grand réservoir alimenté par un ruisseau qui le traverse, ce réservoir n’a que soixante-six centimètres d’eau, les ouvriers sont placés les uns à la suite des autres; le premier divise la laine, les autres la refoulent dans l’eau pour renouveler le plus possible le contact ; des enfants les secondent dans les différentes manipulations de ce travail. La laine échappée aux ouvriers est retenue par une cage de bois dont le fond et les parois sont garnis d’un filet à mailles serrées. — On fait égoutter la laine, puis onia sèche comme précédemment.

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