‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 1 sur 89 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'ouvrage que je publie a pour but de favoriser l'étude de l'oplithalmoscopie et de l'optométrie.

Il m'a paru que le plus sûr moyen d'y arriver était de réunir deux éléments qui sont restés jusqu'alors dissociés, l'exposé dogmatique d'une part et la représentation iconographique de l'autre. Un Traité dogmatique sans atlas, à propos de questions qui empruntent leur principal intérêt aux modifications apportées dans l'image du fond de l'œil, ne peut laisser dans l'esprit qu'une impression vague et fugitive. Et de même des images . ophtlialraoscopiques sans texte ne , représentent qu'une collection de faits sans les connaissances indispensables pour les bien comprendre. Le progrès consistait à réunir la théorie à la pratique, la pathologie à la clinique.

Imitant les procédés du chnicien, j'ai réuni dans l'atlas le plus grand nombre possible de variétés pathologiques, puis j'ai décrit chaque affection dans le texte en m'inspirant de mes modèles.

Les grandes ressources auxquelles j'ai pu puiser durant ces dix dernières années m'ont mis à même de rencontrer non-seulement l'ensemble des types décrits par les auteurs, mais encore beaucoup de types nouveaux. J'ai pu de la sorte faire l'étude complète de chaque maladie, figures à l'appui. L'im'portance relative attribuée à chacune d'elles a été calculée d'après son intérêt pratique, sa fréquence et le nombre de ses variétés. C'est à ce

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titre que le staphylôme postérieur, la choroïdite chronique, le décollement de la rétine, etc. , sont représentés par un très-grand nombre d'images. En multipliant ainsi les modèles, on obtient des termes de comparaison plus rapprochés, entre lesquels peut être placé plus aisément chaque cas particulier.

Pour observer avec fruit l'état pathologique du fond de l'œil, il est indispensable de bien connaître l'état physiologique et les variétés qu'il comporte. Les divers aspects de la papille, des vaisseaux rétiniens et surtout delà choroïde, deviennent à chaque pas une source d'embarras ou d'erreurs, si l'on n'a pas commencé par les bien connaître. L'étude de l'œil physiologique a été trop négligée jusqu'alors. Nous lui avons consacré, pour combler cette lacune, un grand nombre de figures. Chacune d'elles représente des particularités de mince valeur en ellesmêmes, mais d'une importance considérable pour empêcher les erreurs de diagnostic et pour habituer de bonne heure à la sévérité de jugement qui est si indispensable au début des études ophthalmoscopiques .

Les figures sont à peu près de même grandeur que l'image renversée fournie, chez un emmétrope, par une lentille de deux pouces et demi. Nous avons cherché longtemps au début de notre entreprise un procédé qui nous permît de représenter la papille, les vaisseaux rétiniens et les altérations pathologiques suivant un rapport rigoureusement exact. Pour des raisons diverses, la photographie, les mensurations micrométriques, la chambre claire n'ont donné aucun résultat satisfaisant. Dans ces essais infructueux nous avons acquis la conviction que rien ne valait encore un pinceau habile. Nous saisissons avec empressement cette occasion de dire que nous avons été parfaitement secondé par M. Félix Regamey : ses aquarelles sont des modèles irréprochables de vérité dans la couleur et d'exactitude dans les détails.

Beaucoup d'images ont été reproduites sans dilatation préala-

ble de la pupille; nous avons de la sorte perdu cet éclat de couleurs si propre à fasciner le regard , mais nous avons l'espoir d'en être dédommagé par un surcroît d'exactitude et de sincérité. Notre but sera atteint si nous sommes parvenu à montrer les choses telles qu'elles se présentent dans les explorations usuelles.

L'atlas d'opbtlialmoscopie est accompagné d'une échelle typographique établie sur le même principe que celle de Giraud- Teulon. Comme le sens général de la phrase et la configuration des mots aident beaucoup à la lecture, et par conséquent représentent des causes d'erreur dans la détermination de l'acuité visuelle, nous avons, pour la plupart des numéros, ajouté à une ligne de texte une ligne de lettres sans suite, comme cela a été fait déjà. Enfin, comme on rencontre encore un trop grand nombre de personnes ne sachant pas lire, nous avons complété chaque épreuve par une série de signes choisis parmi ceux dont la connaissance est le plus répandue.

L'échelle typographique ne saurait être trop répandue : h ce titre, nous ne saurions trop féhciter M. Nachet fils, h qui l'ophthalmoscopie doit déjà tant d'efforts couronnés de succès, d'en préparer une nouvelle très-complète, qui présentera l'avantage d'être écrite en quatre langues.

L'expérience acquise pendant neuf années d'enseignement nous a démontré l'importance des questions relatives à l'éclairage, à la formation des images ophthalmoscopiques, aux conditions requises pour les voir, etc. En abandonnant au hasai-d et à une pratique purement empirique le maniement de l'ophthalmoscope, on reste exposé à de stériles tâtonnements qui rendent interminable la. période d'initiation. Pour cette raison, nous avons donné de longs développements à la théorie de l'exploration ophthalmoscopique : dans cette discussion complexe, les mêmes principes d'optique ont été rappelés fréquemment : ces redites calculées auront l'avantage de ramener fréquemment

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rtisprit du lecteur vers les notions de physique élémentaire avec lesquelles il est indispensable d'être familiarisé. Loin de moi la |) rétention de faire connaître de la sorte un procédé qui permette de voir dès les premiers exercices. Le progrès consiste à raisonneides fautes que l'on commet et à les corriger sciemment : je me suis efCorcé d'en fournir les moyens.

La partie du livre qui traite de l'Optométrie comprend l'exposition didactique des troubles de la réfraction statique et dynamique de l'œil. Sur ces différents sujets, le travail si complet, si remarquable du professeur Donders ne nous permettait guère de faire du nouveau. Aussi notre rôle a-t-il consisté surtout à rendre ces matières plus assimilables en les simplifiant, en les condensant et en substituant partout la démonstration expérimentale aux calculs et aux formules de physique mathématique.

Maurice PERRIN.

Paris, 1G mars 1870.

D'OPHTHALMOSGOPIE

ET

D'OPTOMÉTRIE

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