‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 2)Chapitre 19 sur 24 · PLANCHE XIX · texte numérisé non relu

PLANCHE XIX

Figure 1.

Nevro-rétinite aiguë. — La papille et la région péri-papillaire sont occupées par une vaste plaque jaunâtre dans laquelle il est possible de distinguer plusieurs zones. Au centre on remarque un espace d'un gris plus clair, circonscrit par deux petites surfaces rougeàtres : cette zone centrale correspond à la papille. — Immédiatement en dehors, seconde zone jauneoranger, représentant le tissu rétinien vivement injecté. Enfin, à la périphérie de l'altération, troisième zone grisàlre due à l'infiltration du tissu. Celle-ci se perd insensiblement dans les parties qui sont restées saines. Exlravasation sanguine vers le point d'émergence de l'une des branches sinueuses des vaisseaux. Au-dessous de la région malade on remarque quelques petites masses exsudatives. Les vaisseaux, en se rapprochant de la papille, s'effilent et disparaissent en des points distincts et isolés qui correspondent approximativement au limbe sclérotical.

État de la vision : S = -• Champ visuel rétréci dans le sens horizontal : l'angle

temporal est réduit à quelques degrés.

Sujet de 25 ans. — Début des accidents,, 35 jours. — A ce moment le malade fut gêné par la présence persistante d'une grosse mouche volante. A cette mouche succéda, quelques jours plus tard, une sorte de fumée grisâtre générale, à travers laquelle il fallait des efforts pour distinguer les objets. Au 8e jour l'œil droit fut envahi exactement de la même façon. L'examen de ce dernier que nous avons représenté fut pratiqué le 15e jour. Pas d'antécédents syphilitiques ni rhumatismaux. — Au début, céphalalgie violente, avec vertiges et étourdissementsj dépuis lors la céphalalgie a diminué : elle est devenue intermittente. Pas d'autre trouble nerveux.

Fig. 2.

Même type que le précédent, dessiné au 40e jour. On juge aisément des transformations qui se sont opérées. L'infiltration a notablement diminué. La papille est à peu près indiquée par une surface vivement hypérhémiée, à la partie supérieure de laquelle on remarque de nombreux vaisseaux capillaires qui forment parleur réunion une véritable tache sanguine striée. La zone d'infiltration de la rétine est mieux limitée ; les vaisseaux rétiniens mieux dessinés naissent manifestement de la papille ; ils sont également hypérhémiés. Le nombre des exsudats rétiniens a augmenté. La vision n'est pas sensiblement modifiée.

Fig. 3.

Névro-rétinite par compression du nerf optique gauche. La papille optique vivement injectée est représentée par une petite surface formée par un piqueté rougeàtre très-lin, et vers laquelle se dirigent les vaisseaux rétiniens ; autour d'elle se voit une large plaque jaunâtre, sensiblement circulaire, qui représente la région de la rétine envahie. Les vaisseaux rétiniens ont au niveau de cette tache un aspect caractéristique. Ils Boni sinueux, turgescents ; ils disparaissent sur certains points et sont coupés en tronçons qui semblent sans rapports de continuité entre eux.

Sujet de 33 ans, observé dans le service de M. Désormeaux, chirurgien à l'hôpital Necker. — Choc violent au niveau de la tempe gauche. Contre-coup du cote droit, asseï violent pour occasionner une ophibalmie suivie de la perte de la vision de ce côté? peu de temps après, développement d'un anévrysme cirsoïdede l'artère ophthalmlque gauche, el simultanément d'une névro-rétinite. progressive à marche algue, compliquée au début d'une opbthalmle externe.'

État de la vision : s = r . Diminution périphérique du champ visuel.

Fig. 4.

OEdème de la rétine. — Papille hypérhémiée, voilée sur ses bords par un nuage grisâtre. Ce nuage entoure la papille ; il s'élargit notablement en bas et en dedans ; un second nuage de même aspect, séparé du premier par une bande étroite de tissu sain, s'observe au bord interne de l'image. Suffusions sanguines dans le voisinage de cette dernière. Les vaisseaux rétiniens paraissent recouverts par une fumée grisâtre dans toute l'étendue de l'infiltration, mais principalement au pourtour de la papille.

État delà vision : S = — . Champ visuel rétréci. Angle nasal à peu près perdu. L'angle

ugal est meilleur que l'angle frontal. Sujet de 22 ans. Pas d'antécédents suspects. — Pas de rhumatismes. — Ni sucre, ni albumine, ni affection soit du cœur, soit des gros vaisseaux. Début remontant à 15 jours et révélé sans réaction locale par des vibrations lumineuses fréquentes. Au 7e jour, le mal prit brusquement l'intensité qu'il avait au moment de notre examen.

Fig. 5.

Même type que le précédent, dessiné 42 jours plus tard. La nouvelle image indique clairement la nature de l'affection. L'œdème a presque complètement disparu, si ce n'est au niveau du limbe de la papille. La choroïde paraît profondément altérée dans une grande étendue. Les couches pigmentaires de l'épithélium et du stroma, livrées à l'atrophie, mettent à nu sur divers points les venœ vorticosœ et font entrevoir la sclérotique, ce qui donne à l'image un ton un peu plus clair et des marbrures jaunes. Deux masses pigmentaires volumineuses, entourées d'une zone d'atrophie très-marquée, couvrent complètement les vais-, seaux rétiniens et témoignent de l'envahissement de la rétine.

Fig. 6.

Atrophie choroïdienne généralisée, compliquée d'accidents glaucomateux. Les régions atrophiées occupent à peu près toute l'étendue de l'image. Elles représentent un vaste plateau entourant complètement la papille. La sclérotique mise à nu donne à l'image un ton d'ivoire jauni. On remarque au niveau de l'atrophie des venœ vorticosœ déjà envahies par la dégénérécence granulo-graisseuse, des masses de pigment charbonneux dont la forme rappelle celle des corpuscules osseux, et enfin de nombreux vaisseaux rétiniens de deuxième ordre.

État de la vision : S = — • Champ visuel altéré, meilleur à la périphérie qu'au centre. —

Vieillard. — Début remontant à huit ans et marqué par des douleurs ciliaires très-intenses, qui durèrent plusieurs mois, et pendant lesquelles la vision, dit-il, fut complètement perdue. Les douleurs disparurent alors et la vision revint, mais incomplètement. A partir de ce moment un affaiblissement définitif se développa progressivement jusqu'au moment actuel. Deux ans après le début de l'affection oculaire, il survint en outre des symptômes d'ataxie locomotrice qui depuis se sont pleinement confirmés.

PERRIN .__ Ophtiuilmoseopie

m. il)

NEVRO - REUNITES

jusqu'au limbe sclérotical. La région péri-papilliaire a recouvré une transparence presque complète; il reste pourtant encore quelques traces d'infiltration, accusées par un ton grisâtre. Dans ces mêmes parties, on remarque un nombre considérable de vaisseaux de second ordre qui affectent une forme radiée autour de la papille. Ces vaisseaux très-délicats sont rendus plus apparents par l'état de la choroïde sous-jacenie. Il s'est développé sous l'influence de la névro-rétinite une telle abondance de pigment, que le ton de cette membrane est ardoisé et presque noir. Les vaisseaux rétiniens paraissent encore hypérhémiés 5 les

veines battent fortement; l'acuité visuelle s'est relevée à r

Fig. 6.

Staphylôme po>!érieur irrégulier., remarquable par sa forme et par son siège. —La plaque d'atrophie est séparée de la papille par une bande étroite de tissu choroïdien qui paraît peu altéré. Elle est aussi moins blanche, moins bien limitée et mouchetée de nombreuses taches pigmentaires. Du côté opposé de la papille, la choroïde est aussi malade. Les espaces inter-vasculaires sont fortement accusés. On y découvre aussi quelques stries

jaunâtres dues à des vaisseaux dégénérés. — Myopie -chez un vieillard de G5 ans.

PERRIN . Ophthalmoscopie

Page 1