‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 27 sur 65 · ARBRE VASCULAIRE DE PURKINGE · texte numérisé non relu

ARBRE VASCULAIRE DE PURKINGE

physiologiques. Il en résulte que l'ombre qu'ils projettent sur la rétine est plus nette et assez foncée pour donner, dans leurs déplacements, le change au malade et lui faire voir des corps étrangers animés ou inanimés, de couleur noire, qui voltigent dans l'air à sa portée et dont il cherche à protéger l'œil par des mouvements de la main.

Ces illusions d'optique affectent des formes très-variées en rapport avec les corps opaques qui les produisent et aussi un peu avec l'imagination qui en fait le portrait : les plus communes sont comparées à des moucherons,à des araignées, à des papillons, à des fragments de papier brûlé, aune toile d'araignée, etc.

Les mouches volantes pathologiques sont toujours brunes ou tout à fait noires. E^les sont mobiles; elles parcourent l'étendue du champ visuel par un mouvement lent et descendant, assez semblable à celui des spectres physiologiques. D'autres fois leurs mouvements sont très-limités et ne représentent que de simples oscillations, ailleurs, elles sont tout à fait fixes. Il arrive parfois que les mouches volantes morbides disparaissent et sont remplacées par des mouches fixes. Ce changement provient ou bien de ce que les corpuscules du corps vitré primitivement mobiles ont pris adhérence en quelques points sous l'influence d'un travail phlegmasique qui se continue, ou bien de ce que les mouches fixes étant plus grosses, plus noires généralement que les autres, les sujets finissent, par habitude, par négliger les premières et ne faire attention qu'aux autres, ou bien, le plus souvent, parce que la vision est devenue plus mauvaise.

C'est au moment où le malade passe d'un milieu peu éclairé dans un milieu inondé de lumière que les mouches volantes sont le mieux marquées et le plus nombreuses, quand, par exemple, au sortir de l'appartement, il avise un mur blanc éclairé par le soleil. Voici pourquoi. La vitrine remplie de corps flottants pathologiques a beaucoup perdu de sa transparence. Il en résulte une grande perte de lumière, ce qui fait que, dans un milieu peu éclairé, les images rétiniennes ont peu d'éclat et sont peu propres à fournir des sensations précises. Mais vient-on à doubler ou à tripler la puissance de l'éclairage, immédiatement les conditions changent, les images rétiniennes deviennent lumineuses, et les ombres qui s'y trouvent sont par cela même nettement dessinées et nettement accusées.

Arbre vasculaire de Purkinge. — On peut rattacher à une cause de même ordre certains phénomènes subjectifs, très-curieux

m OPHTHALMOSCOPIE.

au point do vue physiologique, et qui consistent dans la perception de l'ombre du réseau vascnlaire de sa propre rétine.

Ces phénomènes se produisent rarement d'une façon spontanée. On doit à Listing le procédé suivant pour les obtenir. Le regard est dirigé en dedans aussi fortement que possible vers un fond sombre, puis un pinceau de lumière vive, soit de la lumière solaire recueillie à travers un petit trou pratiqué dans un volet, soit les rayons lumineux d'une bonne lampe, collectés par une lentille à court foyer, est dirigé sur le côté externe du globe : au bout de peu d'instants, l'œil en expérience voit apparaître dans son champ visuel des ramifications qui affectent la môme disposition que les vaisseaux rétiniens et qui tranchent par leur nuance sombre sur le fond clair général, comme on le voit dans la figure 2o.

Fig. 25. — Arbre vasculaire de Purkinge.

On peut encore rendre la chose plus sensible en imprimant quelques mouvements à la source lumineuse de façon à déplacer son foyer sur la rétine.

Le moyen le plus simple, qu'il est posssible de renouveler à volonté dans son cabinet, est celui qui a été indiqué par Purkinge. Il suffit de se placer dans une pièce sombre et de promener devant l'œil en observation, avec une certaine vitesse, la lumière d'une bougie. La distance qui m'a paru préférable pour obtenir le plus

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