BACILLES PSEUDO-DYSENTÉRIQUES
à extrémités arrondies, mobiles; certains sont à peine plus longs que larges. Dans les cultures, ils sont souvent courts et plus grêles.
Ils se colorent facilement aux couleurs d’aniline et se décolorent par lam éthode de Gram.
Ils se cultivent bien sur tous les milieux et peuvent vivre en anaérobies.
La gélatine est rapidement liquéfiée. Si l'ensemencement est fait par piqûre, il se produit de nombreuses bulles de gaz.
Sur gélose, il donne un enduit épais, muqueux, avec odeur fétide.
Le sérum coagulé est ramolli, puis liquéfié lentement et incomplètement.
Sur pomme de terre, 1l se forme une tache jaunâtre, sèche, peu apparente.
Sur carotte, c’est une culture blanche, assez épaisse.
L'artichaul prend rapidement une coloration vertintense, sur laquelle se détachent les colonies microbiennes jaunes. Le bouillon d’artichaut et la gélose préparée avec ce bouilton verdissent également très vite.
Dans le bouillon, le développement est rapide; le liquide se trouble après quatre à cinq heures; puis apparaissent des flocons et 1l se fait une production plus ou moins abondante de mucine. La réaction est fortement alcaline : on perçoit une odeur putride, nauséabonde.
Dans le bouillon glucose, la culture est pauvre; il n’y a pas d’odeur ; la réaction est acide.
Le microbe est pathogène pour diverses espèces animales. Chez le lapin, l’inoculation intraveineuse de quatre à quinze gouttes de culture détermine la mort de vingt-quatre heures à treize jours, une fois en six heures et demie. Les anses intestinales sont remplies d’un liquide sanguinolent ; le foie est dégénéré; la rate augmentée de volume. Lorsque l'animal survit quelque temps, il présente une diarrhée sanguinolente ; on peut trouver sur le côlon des ulcérations semblables à celles de la dysenterie. Le microbe présente certainement une prédilection marquée pour le gros Intestin; même injecté dans les veines, il se localise sur les parties terminales du tube digestif, Il paraît bien être la cause des entérites dysentériformes observées; il n’a jamais été rencontré dans les matières fécales d'hommes sains ou atteints d’entérite cholériforme.
Il serait peut-être à rapprocher du Proteus vulgaris que Macé et Mouginet ont signalé en 1890 dans les selles dysentériques.
Le Dantec (1) a décrit sous le nom de dysenterie spirillaire une affection dysentériforme assez commune dans la région de Bordeaux, caractérisée par la présence dans les selles diarrhéiques de mucosités très abondantes. En préparant et colorant au Ziehl des parties de mucosités, on constate la présence de beaucoup de leucocytes, mais surtout de nombreuses formes spirillaires.
Ces spirilles se colorent mal et se décolorent à la méthode de Gram. Ils peuvent être assez longs, à trois courbures, mesurant de 6 à 14 &, ou tout à fait spiralés, ou bien disposés en boucles,
Ils n’ont pas pu être cultivés et n'ont été signalés depuis par aucun autre observateur,
(4) Le Daxrec, Dysenterie spirillaire (Soc. de Biol., LV, 1903, p. 617).
9248 BACTÉRIACÉES.
BACILLE DE LA DIARRHÉE VERTE INFANTILE LEsAGe.
Il existe, chez l'enfant du premier âge, deux variétés de diarrhées dites vertes, à cause de la coloration caractéristique des selles, L'une doit sa coloration à la présence de pigment biliaire; les selles, très acides, contiennent des acides et de la matière ter de Ja bile, dont la présence est facilement démontrée à l’aide des réactions habituelles; c’est la diarrhée verte bilieuse. La leinte de l’autre est due à un pigment spécial sécrété par une Bactérie en bâätonnets, signalée par Damaschino et Clado (1) et éludiée avec détails par Lesage (2); c’est la diarrhée verte baétllaire Ce dernier expérimentateur est parvenu à isoler le Bacille, à en obtenir des cultures pures qui ont occasionné chez les animaux une affection semblable à la maladie primitive.
Les selles, dans cette dernière variété, sont souvent neutres, parfois acides, mais faiblement. En couche mince, elles sont blanchâtres: en masse, elles paraissent vert-épinard, jaune vert ou jaune foncé. Examinées au microscope, elles ne montrent pas de cristaux d'acides bilaires, mais en quantité la Bactérie spéciale, accompagnée de bien moins nombreux individus des quelques espèces qui pullulent toujours dans lintestin. On parvient facilement à la séparer par des cultures pures sur tous les milieux habituels. Cette espèce est aérobie et se montre assez exigeante au point de vue de la température. Elle se dév eloppe au mieux vers 30°-35°, lentement au-dessous de 18°, plus du tout à 5°; soumise pendant cinq jours à 0°, elle ne se reproduit plus.
Pour certains, ce microbe ne serait qu'une variété de Colibacille pouvant produire du pigment vert. On verra, en effet, qu'il se rapproche de cette dernière espèce par bien des caractères
Caractères microscopiques et coloration. — Les dimensions des bâtonnets sont variables, suivant le milieu de culture employé. Ils ont d'ordinaire de 2 à 4 y de long sur 0,75 u à 1 w de large; dans les vieilles cultures, sur gélatine surtout, on trouve des filaments qui atteignent 15 de longueur. Ils présentent une motilité bien évidente; leurs mouv ements ne sont toutefois pas très vifs, moins prononcés par exemple que ceux du Bacille typhique. Dans certaines cultures, ces Bacilles donneraient facilement des spores ; on en trouve, de douze à vingt-quatre heures, dans les cultures sur gélatine ; elles sont rares dans les cultures sur pomme de terre. Ces spores, d’après Lesage, sont sphériques, réfringentes, se colorent facilement parles couleurs d’aniline el se produiraient au nombre de deux par bâtonnet, séparées par un espace FR Dans les filaments, les spores sont plus grosses; elles ont de 1,5 à à 2 y, disposées en chapelets: elles produisent. par bourgeonnement sans doute, dit l’auteur cité, une spore fille à chacun de leurs pôles. Ces phénomènes diffèrent trop des résultats connus jusqu'ici pour qu'on les accepte sans confirmation ultérieure. Lesage n’a, du reste, pas observé la germination directe de ces spores.
(1) Dawascmiwo et Crano, Soc. de Biol., décembre 1884.
(2) LesaGe, De la dyspepsie et de la diarrhée verte des emñfants du premier âge (Revue de méd., 1887, n° 42, et 1888, n04). — In., Du Bacille de la diarrhée verte des enfants du premier âge (Arch. de physiol., 1889, no 2, p. 212).