BACILLE DE LA POURRITURE D'HOPITAL
ressembler presque à une fausse membrane, fétide ; dans les cas graves, ils s'y trouvent en nombre considérable, constituant pour ainsi dire à eux seuls cette matière pulpeuse. En suspension dans un liquide, ils paraissent être immobiles.
A côté d'eux, l'exsudat renferme quelques Microcoques, quelques rares formes bacillaires autres, et plus souvent un très fin Spirille difficile à colorer, se décolorant par le Gram, pouvant être en très grande quantité, l'emportant même en nombre sur le Bacille.
On trouve assez fréquemment des formes d’involution, surtout après l'emploi de pansements antiseptiques ; ce sont des fuseaux irréguliers, des filaments avec renflements ou étranglements moniliformes.
Le microbe reste toujours localisé; on n'en trouve Jjamais dans le sang, même après décès.
Tous les essais de cultures, faits sur bien des milieux, en présence d’air ou sans air, ont échoué.
Vincent n’a pas réussi à donner la maladie aux animaux d'expérience auxquels il avait fait des lésions diverses, parfois très étendues, même après Fig. 84. — Bacille de la pourriture d'hôpital section des nerfs ou ligature (Vincent), des vaisseaux de la région. Il a obtenu une minime production d'exsudat fétide, bacillaire, sur des plaies de lapins cachectiques ou affaiblis; ce qui paraît démontrer que la débilitation est une cause nettement prédisposante. Coyon a obtenu le développement d’une véritable pourriture d'hôpital chez un cobaye auquel il avait fait une plaie profonde, anfractueuse, dont le fond avait été largement ensemencé avec l’exsudat sanieux d’un cas humain.
Il faut peut-être ici l’adjonction d’autres microbes qui agissent en désorganisant d’abord les tissus; ou peut-être un ensemble de conditions d’affaiblissement, un état avancé de misère physiologique qui existe d'ordinaire lorsque se développe l'affection chez l’homme.
Le microbe paraît beaucoup résister aux antiseptiques. C’est ce qui explique les insuccès des traitements antiseptiques ordinaires, ce qu'on a observé depuis longtemps. La poudre de camphre, largement employée, préconisée dès 1870 par Netter (1), donne, par contre, d'excellents résultats.
(1) Nerter, C: R, de l’Acad. des sc., 1871, 12r semestre, p. 246.
Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 24