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BACILLE FUSIFORME DE VINCENT

D'après Bernheim et Abel, ces Bacilles ont un mouvement vacillant lent. Beaucoup d’autres les regardent comme immobiles.

Comme dans la pourriture d'hôpital, le Bacille fusiforme est toujours associé à de nombreux Spirilles très fins (fig. 85), de longueur variable, très mobiles, plus difficiles à colorer que les Bacilles et restant toujours très pâles, se décolorant nettement par la méthode de Gram. Ces Spirilles ressemblent beaucoup à ceux qui ont été décrits dans la bouche ou le tartre dentaire. [ls seraient nettement mobiles, à mouvements serpentants, lorsqu'on examine le produit frais à un fort grossissement. Les essais de culture

ont toujours été négatifs. Fig. 86. — Bacille re AE à la La coexistence de ces deux solution de Ziehl.

formes est tellement constante qu’il y a lieu de}conclure à une véritable symbiose microbienne. Comme le Spirille peut quelquefois manquer, dans la forme diphtéroïde qui est rare, on doit attribuer le principal rôle pathogène au Bacille, le Spirille paraissant agir à titre de microbe favorisant.

Tous ces caractères rapprochent beaucoup les 16sions en question de celles de la pourriture d'hôpital telles qu'elles ont été décrites par Vincent ; il y aurait peut-être lieu d'en identifier les microbes.

Cultures. — Les essais de culture, faits en variant les milieuxetles conditions, n'ont longtemps donné aucun résultat. Abel (1) aurait obtenu deux générations sur sérum sanguin, en satelli-

Fig. 87. — Cils du Bacille fusiforme (Zetnow). 1200/1.

lüisme avec des colonies de Diplocoques. Vincent (2) a réussi des cultures dans le bouillon Martin, où le microbe se développe en filaments

(1) Asez, Zur Bakteriologie der Stomatilis und Angina ulcerosa (Centralbl. für Bakt. XXIV, 1898, p. 1).

(21 Vixcexr, Sur la culture et l’inoculation du Bacille fusiforme (Soc. de Biol. 23 mars 1901).

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\ \ rectilignes souvent très longs, en laissant le liquide clair. Les liquides organiques, surtout humains, liquide céphalo-rachidien, liquide de pleurésie ou d'hydrocèle, sérum sanguin, soni ses milieux de prédilection. Reporté sur bouillon Martin, le Bacille y reprend l'aspect fusiforme. Ces cultures dégagent une odeur caséeuse fétide, rappelant celle de l'haleine des malades atteints d'angine. Les Bacilles de ces cultures sont nettement immobiles, se colorent bien et sont tués par une température de 60° maintenue pendant cinq minutes; ils ne forment pas d’indol aux dépens des peptones.

Les cultures faites à l'abri de l'air paraissent donner de bien meilleurs résultats. Le Bacille fusiforme serait une espèce plutôt anaérobie.

Ellermann (1), en employant l'acide pyrogallique, a obtenu des cultures sur de la gélose additionnée d’un tiers de sérum de cheval. Les colonies apparaissent en deux jours et peuvent atteindre 1 millimètre et demi. Les petites ont l'aspect de filaments pelotonnés ; les grosses sont arrondies, jaunâtres. La culture dégage une odeur fétide ; il ne s’y produit pas de bulles de gaz.

D'après Lewkowicz (2), on réussit bien mieux en employant la gélose glucosée, suivant la méthode de Veillon (I, p. 303), surtout € en ajoutant au milieu un tiers de sérum ou de liquide d'ascite.

Le développement ne se fait qu'à 37°.

Dans la gélose au sérum, au bout de vingt-quatre heures on peut déjà apercevoir, à un faible grossissement, dans la partie inférieure des tubes, de toutes petites colonies formant un léger trouble ; après deux ou trois jours, on les distingue aisément. En deux à trois semaines, elles peuvent atteindre 1 à 2 millimètres de diamètre. Elles sont arrondies, à surface bosselée, émettant fréquemment des prolongements filamenteux; transparentes au début, elles s’opacifient progressivement.

Sur gélose glucosée seule, les colonies restent plus maigres et ont de petits prolongements rameux.

Ces cultures dégagent une odeur repoussante, spéciale.

Repaci (3) aisolé par le même procédé, en gélose sucrée, de la bouche normale, d’angine catarrhale, de stomatite er del de fausses membranes d’angine de Vincent, un Bacille qui paraît bien voisin de celui de Vincent, mais fait fermenter le saccharose, ce que ne ferait pas ce dernier, et produit de l’indol.

Inoculation expérimentale. — En inoculation sous-cutanée, les cultures de Vincent produisent des abcès fistuleux, des foyers de nécrose ulcéreuse où l'on trouve le Bacille fusiforme en abondance. La multiplication du Bacille est favorisée par une contusion ou l'injection préalable de quelques gouttes d'acide lactique au cinquième.

Les cultures de Lewkowicz se sont montrées nettement pathogènes pour les animaux d'expérience, qu'elles semblent tuer par intoxication après une durée plus ou moins longue, suivant la dose employée et

(1) EzzermMann, Ueber die Kultur des fusiformen Bacillen (Centralbl. für Bakt., te Abth., Orig., XXX VII, 1904, p. 729).

(2) Lewkowicz, Ueber die Reinkulturen des fusiformen Bacillus (Zbid., XLI, 1906,

(3) Repacr, Sur un Bacille rappelant par ses caractères le Bacille fusiforme de

Vincent (Soc. de Biol., 3 avril 1909).

Fra Pr

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