DEDICACE
A Son Altesse le prince de HATZFELDT-WILDEMBOURG.
Altesse,
Grâce aux inoubliables conseils donnés par l'impeccable gastronome que j'eus l'honneur de servir, je crois pouvoir offrir sans crainte, à un public d'élite, ce Traité Culinaire, qui est un résumé des travaux ordinaires exécutés dans les cuisines de Votre Altesse.
A l'hommage public de mon éternelle gratitude pour les bontés dont Votre Altesse m'honora, qu'il me soit permis de joindre l'assurance de mon profond dévouement et de ce respectueux souvenir.
Auguste COLOMBIE.
CuiBiM^ Bourgeoise i
MERLANS A LA CARNOÏ
Envoi à Monsieur Colombie,
Ils sont friands, dorés, faits pour table de Prince; On y reconnaît bien la main d'un Colombie.
Aussi, comme un gourmet, au sourire éveillé Et non en gastronome, au ventre sec et mince.
M'en suis-je régalé: et, ma foi, j'en pince ! Tout d'abord je voulus, pour fêter le dernier. Lui faire autre repas. Mais au diable ; le premier Etait d'un goût si fin, que de ma dent qui grince,
Sans y songer d'abord, j'entamai le second.
La tête, le milieu, puis bientôt, ô disgrâce, Une reste plus rien ! je suis un vagabond !
Non, maître Colombie, je n'y fis point de grâce ; A votre mets exquis j'ai fait superbe accueil, Mais je dus pleurer, hélas I trop tôt mon deuil.
Paris, 7 février 1891.