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L’hydrogène ainsi obtenu peut brûler ensuite à l’air, en formant de l’eau, sans autre gaz permanent. Le phosphore déposé aux parois des tubes par l’action de l’étincelle s’enflamme par la chaleur au contact de l’air.

L’hydrogène phosphoré précipite en noir les solutions de sulfate de chaux et d’azotate d’argent. Il est absorbé abondamment par le chlorure cuivreux acide et régénérable de cette liqueur par ébullition.

36. Hydr ogène arsénié, As H3. — Ce gaz enflammé brûle à l’air,

40 f\ RECONNAIS SANG K I)’UN GAZ ISOLÉ.

avec formation d’eau et d’acide arsénieux blanc. Le dernier acide est soluble dans l’eau chaude et caractérisable après oxydation, sous la forme d’arséniate d’argent rouge.

L’étincelle décompose ce gaz en hydrogène et arsenic métallique, caractérisable par sa sublimation et sa combustion.

L’hydrogène arsénié précipite en noir le sulfate de cuivre et l’azotate d’argent.

37. Hyd rogène antimonié, SbH3. — D’après les procédés de préparation, il est toujours mêlé avec un grand excès d’hydrogène. Il brûle avec formation d’eau et d’antimoine, ou d’acide antimonieux blanc, insoluble dans l’eau.

L’étincelle décompose ce gaz en hydrogène et antimoine métallique.

38. Hydrogène boré , DH3. — Ce gaz a été à peine entrevu, à l’état de mélange avec l’hydrogène. Ledit mélange brûle avec une flamme verte et formation d’eau et d’acide borique.

IV. — Troisième famille ; troisième groupe : gaz neutres combustibles

carbonés.

Ils fournissent de l’acide carbonique par leur combustion. Ce sont les gaz de la Chimie organique par excellence. On peut les partager en deux subdivisions : les gaz qui sont exempts d’hydrogène; et les gaz qui contiennent de l’hydrogène, sans autre élément, ou associé à d’autres éléments. La dernière subdivision comprend plusieurs sections, suivant la condensation du carbone.

A. Première subdivision : gaz exempts d hydrogène.

Leur combustion fournit de l’acide car bonique sans eau.

Ils sont au nombre de deux : l’oxyde de carbone et la vapeur de sulfure de carbone.

39. Oxyde de carbone, CO. — Ce gaz brûle au contact de l’air, en formant de l’acide carbonique, sans production d’eau (ni d’autre gaz). j volume d’oxyde de carbone prend ainsi un demi- vol urne d’oxygène et produit un volume d’acide carbonique :

CO -h o — co-

RECONNAISSANCE d’üN GAZ ISOLÉ. 4°3

L’oxyde de carbone est lentement absorbable par la potasse à ioo°, et même à froid.

L’oxyde de carbone est absorbé immédiatement par le chlorure cuivreux, en solution acide ou ammoniacale, et il est régénérable par ébullition.

40. Vapeur de sulfure de car boue, CS2. — Cette vapeur (mêlée à d’autres gaz) brûle au contact de l'air, avec production d’acide carbonique et d’acide sulfureux :

CS2-i- 302=C02+ 2SO2.

Equation approximative.

Si la combustion est incomplète, il peut se déposer du soufre.

La vapeur de sulfure de carbone n’est pas absorbée immédiatement par la potasse aqueuse. Mais elle est absorbée aussitôt par la potasse imbibée d’alcool, avec formation de xanthate de potasse.

Une série d’étincelles, en agissant sur le mélange d’azote et de sulfure de carbone, en sépare les éléments, sans autre produit.

4L II conviendrait d’ajouter ici le fluorure de carbone CF4. Ce gaz, mélangé d’hydrogène et soumis à l’action d’une série d’étincelles, régénère de l’acide fluorhydrique; mais il est trop peu étudié pour parler de ses autres réactions.

B. Seconde subdivision : gaz hvdrocarbonés.

Les gaz qui suivent contiennent tous du carbone et de l 'hydrogène, associés entre eux, sans autre élément (carbures d’hydrogène); ou associés à l’oxygène, au chlore, au brome, au fluor, à l'azote, etc.

On caractérise ces éléments, en les faisant reparaître par la combustion, sous forme libre ou combinée ; spécialement lorsqu’ils sont combinés à l’hydrogène.

Leurs caractères généraux, étant indépendants de la condensation du carbone et de celle de l’hydrogène, devront être signalés d’abord.

Les carbures cl’ hydrogène proprement dits produisent par leur combustion de l’eau neutre, ou faiblement acide, et de l’acide carbonique. Une série d’étincelles électriques les décompose partiellement, avec production d’acétylène, dont la formation caractérise l’existence simultanée du carbone et de l’hydrogène dans tous les gaz renfermant ces deux éléments, seuls ou associés à d’autres corps.

Les gaz hydrocarbonés oxygénés, lorsqu’ils sont décomposés par

RECONNAISSANCE d’üN GAZ ISOLÉ.

l’étincelle, produisent des composés oxygénés: tels que l’eau, l’acide carbonique, l’oxyde de carbone.

Les gaz hydrocarbonés chlorurés produisent, tant par combustion que par l’étincelle, de l’acide chlorhydrique.

Les gaz hydrocarbonés bromurés, par combustion, ou par l'étincelle, produisent du gaz bromhydrique, mêlé avec du brome libre.

Les vapeurs hydrocarbonées iodées produisent de l’iode libre.

Les gaz hydrocarbonés fluorés produisent, par combustion, ou étincelle, du gaz fluorhydrique, qui attaque le verre.

Les gaz hydrocarbonés azotés (sans oxygène) produisent, par leur combustion incomplète, ou par l’action d’une série d’étincelles, de l’acétylène et de l’acide cyanhydrique.

Les gaz hydrocarbonés azotés dérivés des oxydes de l’azote sont explosifs par l’étincelle et produisent d’ordinaire quelque dose de vapeur nitreuse.

Les gaz hydrocarbonés phosphorés produisent par combustion de l’acide phosphorique ; les gaz borés, de l’acide borique.

Ces vérifications préalables étant faites, nous poursuivrons l’étude du gaz en partageant les carbures d’hydrogène gazeux et leurs dérivés en quatre sections, au point de vue de leur analyse gazométrique, suivant leur aptitude à fixer les éléments par voie addilive. Ce sont :

Première section : Les carbures saturés ou limites , tels que le méthane CH4 et généralement les carbures C"H'2/i+2. Pour n — i, 2, 3, 4» ces carbures sont gazeux. En outre les carbures renfermant 5 et 6 atomes de carbone dans leur molécule possèdent une tension de vapeur suffisante pour être étudiés par détonation eudiométrique et autres procédés, relevant des méthodes de l’analyse gazeuse.

Deuxième section : Les carbures incomplets lu premier ordre C" H2% c’est-à-dire C"H2"( — ), susceptibles de fixer leur propre volume, soit une molécule gazeuse de chlore, de brome, d’hydracides, etc., etc.

Le plus simple connu est l’éthylène : n — 2.

Les termes n — 3, 4 sont également gazeux; et les termes n — 5 et 6 sont susceptibles d’être analysés sous forme de vapeur par les mêmes méthodes.

Troisième section : Les carbures incomplets du second ordre C^H2""2,. c’est-à-dire CrtH2/i ~2 ( — )( — ), susceptibles de fixer 1 et 2 volumes des éléments et des hydracides : tels sont l’acétylène et ses homologues.

RECONNAISSANCE ü’UN GAZ ISOLÉ.

Quatrième section : Les carbures relativement saturés ou cycliques. — Aucun de ces carbures n’est gazeux à la température ordinaire. On a rapporté à tort à ce type le triinéthylène, gaz isomère du propylène, lequel sera examiné dans la seconde section, conformément à ses réactions véritables.

Il a paru utile de signaler ici la benzine C6H6, type des carbures aromatiques; attendu que sa tension de vapeur est assez grande pour que ce carbure puisse détoner dans l’eudiomètre, lorsque sa vapeur est mêlée avec l’oxygène. Dès lors la benzine peut être étudiée en fait, dans un grand nombre de circonstances, par les méthodes gazométriques.

Première section : Carbures saturés limites ou carbures j or me 'niques : Cra Ii2/t+2.

Ces gaz sont neutres, non absorbables à froid par les alcalis ou par les acides, même concentrés : tels que l’acide sulfurique pur, l’acide azotique monohydraté, les gaz chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique et leurs dissolutions aqueuses saturées, etc.

Ces gaz ne sont pas davantage absorbés pai le brome, par les dissolutions cuivreuses ou argentiques, etc. Le chlore les attaque seulement par voie de substitution, etc.

Ces gaz sont très peu solubles dans l’eau. Leur solubilité dans l’alcool, faible pour les premiers termes, va croissant avec leur poids moléculaire.

Tels sont le formène ou méthane, CH4, l’hydrure d’éthyle ou éthane, C2Hfi, le propane, C3H8, les butanes isomères, C4H10, etc. A la suite du nom de chacun de ces gaz, on résumera les caractères de ses dérivés gazeux, ou très volatils.

On énumérera les carbures fondamentaux d’après le rapport qui existe entre le volume du gaz et le volume de l’acide carbonique produit par sa combustion. Ce rapport exprime la condensation relative du carbone dans le gaz brûlé.

(a). — Dérivés méthyliques.

Formène, gaz des marais, ou méthane, CH4. — Les caractères généraux de ce gaz étant signalés plus haut, il suffira de rappeler son équation eudiométrique :

CH4 h- 2 O2 = CO2 H- 2 H2 O.

RECONNAISSANCE D CN GAZ ISOLÉ

Les dérivés méthyliques se distinguent d’après les produits de leur combustion, ou de leur attaque par une série d’étincelles électriques.

Cette dernière les caractérise parla production à l’état libre ou combiné des éléments autres que le carbone et l’oxygène.

43. For mène monochloré ( chlorure de méthyle ou éther méthylchlorhydrique ), CH3 Cl. — Ce gaz brûle avec une flamme verte et production simultanée d’acide carbonique, d’eau et d 'acide chlo rhydrigue. L’étincelle met aussi ce dernier acide en évidence.

Le chlorure de méthyle est presque insoluble dans l’eau, fort soluble dans l’alcool et dans le brome : ce dernier réactif le dissout sans s’y combiner tout d’abord.

Presque insoluble dans l’acide sulfurique concentré, mais décomposable peu à peu.

Les liqueurs alcalines décomposent aussi lentement le formène monochloré, avec régénération de chlorure alcalin et d’alcool méthylique.

Equation de combustion (approximative) :

CH3 Cl -t- 1 10-r= CO2 -h HCl + H20.

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