DU FLUOR, DU SOUFRE, OU D’AUTRES ÉLÉMENTS
Tels sont les éthers chlorhydriques, bromhydriques, iodhydriques, fluorhydriques et analogues, et différentes vapeurs sulfurées de liquides très volatils (mercaptans méthylique et éthylique, etc.).
Ces gaz et ces vapeurs, mélangés d’oxygène en proportion convenable, détonent dans l’eudiomètre et l’on peut calculer en principe la dose nécessaire pour une combustion totale. Mais il se produit en fait, au moment de la condensation consécutive à la combustion, divers corps simples ou composés solides, liquides, ou dissous : en raison de cette circonstance, les mesures rigoureuses ne présentent pas de garanties suffisantes.
En effet, sous l'influence de l’oxygène en excès, il y a partage des éléments de l’oxygène entre les différents éléments du gaz initial. Ce partage se produit même avec les gaz chlorés : une portion sensible du chlore étant mise en liberté.
En outre, le gaz chlorhydrique qui prend naissance alors se condense en partie, sous forme de combinaison avec l’eau formée simultanément : ce qui rend toute mesure exacte impossible.
Lorsqu’on opère avec les gaz hromés, il y a à la fois mise à nu d’une forte proportion de brome et condensation partielle du gaz bromhydrique combiné avec l'eau de la réaction.
Avec les gaz iodés seuls, un calcul à peu près exact serait possible, l’iode étant mis presque entièrement en liberté, sans production de
ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX
gaz iodhydrique bien sensible,
CH3I h- J02= CO2 + 1 |H20 -4- I.
Au contraire, les éthers fluor hydriques seuls ne paraissent pas donner lien à un partage de ce genre. Mais, par contre, l’acide fluorhydrique s’unit à l’eau formée simultanément, en s’y condensant en partie. Et même une autre portion de cet acide attaque le verre des vases, qui l’absorbe sous forme de fluosilicate.
Soient encore les vapeurs sulfurées, telles que celles du mercaptan. Leur combustion totale donne naissance à de l’acide sulfureux. Mais ce gaz demeure toujours mélangé avec une dose notable d’acide sulfurique, lequel se condense en se combinant avec l’eau produite par la combustion. Les mesures exactes des volumes gazeux sont dès lors à peu près impraticables; d’autant plus qu’en présence d’un excès d’oxygène la transformation du gaz sulfureux en acide sulfonique se poursuit lentement.
§ 6. — Gaz combustibles non carbonés, renfermant de l’hydrogène ASSOCIÉ A d’autres ÉLÉMENTS COMBUSTIBLES.
Ce cas offre une grande importance dans les applications. En effet, les gaz formés par l’union de l’hydrogène avec les métalloïdes combustibles sont tous susceptibles d’être brûlés dans l’eudiomètre, sous l’influence de l’étincelle, après addition d’oxygène. Tels sont les hydrogènes sulfuré, sélénié, phosphoré, arsénié, silicé.
Mais on rencontre des difficultés analogues aux précédentes, lorsqu’il s’agit d’opérer des mesures eudiométriques exactes avec ces différents gaz.
En effet, la combustion de Y hydrogène sulfuré forme à la fois de l’eau, de l’acide sulfureux et de l’acide sulfurique; en outre, elle est le plus ordinairement accompagnée par un certain dépôt de soufre non brûlé.
Lorsqu’on opère avec les hydrogènes sélénié, tellurè, arsénié, silicé, il est également difficile d’éviter le dépôt d’une partie du métalloïde, dépôt simultané avec celui des produits de son oxydation.
L 'hydrogène phosphoré brûle au contraire très vivement. Mais il fournit en général un mélange des acides phosphorique et phos P h 0reux. Le mélange de l’oxygène avec l’hydrogène phosphoré est d’ailleurs sujet à détoner spontanément.
On a cru devoir entrer dans les détails généraux qui précèdent, afin de bien définir Je caractère et la portée de la méthode eudiométrique,
ANALYSE DES MÉLANGES GAZEUX
et les conditions où elle est susceptible d’une application régulière. En raison de l’importance et de l’étendue de cette application aux études de Chimie minérale et organique, nous croyons utile d’en examiner avec plus de particularités l’emploi, pour l’analyse des mélanges gazeux usuels.
§ 7. — Exemples de mélanges gazeux analysables par combustion,
CES mélanges ne renfermant pas de carbures d’hydrogène.