ET QUELQUEFOIS SON INTERVENTION
Quelques affections étrangères à la grossesse et à l'accouchement, mais qui existent au moment du travail, obligent aussi l'accoucheur à intervenir dans l'intérêt de la mère : telles sont la phthisie pulmonaire, les affections du cœur, l'asthme, l'hémoptysie, l'hématémèse, les hernies non réduites, l'hydrothorax, la paraplégie.
Dans la phthisie pulmonaire, il est rare que les ressources de l'organisme ne suffisent pas à déterminer l'expulsion ; cependant, quand la maladie est avancée, la femme est souvent dans l'impos-
sibililé de" l'aire des ellorls pour seconder raelion de l'utérus; ces elTorts peuvent aussi lui être nuisibles et précipiter sa mort, et surtout la rendre plus pénible. Aussi est-il du devoir de l'accoucheur d'intervenir dans cette circonstance ; mais comme les premières douleurs qui déterminent l'engagement de la tête ne sont pas en général de nature à compromettre ses jours, que, du reste, on ne peut pas intervenir, à moins d'un danger imminent, avant que ces douleurs aient dilaté le col utérin, ce ne sera presque jamais la version que l'on se trouvera dans l'obligation de pratiquer, mais bien l'application du forceps. Cependant si la femme était extrêmement affaiblie et que les premières douleurs n'aient pas suffi à engager la tète, on comprend que la version doit être préférée. En effet, c'est seulement lorsque la tête sera arrivée dans l'excavation que se déclareront ces douleurs expultrices si fatigantes, qui nécessitent tant d'efforts de la femme, et qu'il est si important de lui épargner dans l'élat de maladie où elle se trouve.
La conduite à tenir serait exactement la même pour un cas d'affection du cœur avancée, ou de tumeur anévrismale qui menacerait de se rompre ; on devrait, de même, confier l'engagement de la tête aux premières douleurs, si elles ne sont pas de nature à compromettre la vie de la mère, mais agir quand la tête est dans l'excavation.
L'asthme, et toutes les affections de nature à gêner la respiration, présentent les mêmes indications.
Dans les cas d'hémoptysie ou d'hématémèse peu abondante, on se contentera d'employer les moyens propres à arrêter l'hémorrhagie, tels qu'une petite saignée, les révulsifs sur les extrémités inférieures, les boissons fraîches, les maniluves sinapisés; mais si l'hémorrhagie est abondante et accrue par les contractions, il faut extraire le produit, soit par la version, soit par le forceps, suivant le degré d'élévation de la lête. Il est rare que l'accident ne cesse pas immédiatement après l'extraction de l'enfant ; en effet, l'écoulement de sang abondant qui s'opère par la vulve produit une dérivation des plus utiles.
Si la femme à laquelle on donne des soins porte une hernie non réduite, il faut immédiatement en tenter ou en opérer la réduction, " pendant l'intervalle du calme, en ayant bien soin de la maintenir fortement réduite pendant la douleur. Si la réduction est impossible, l'accoucheur doit encore s'opposer pendant la douleur, à l'aide des doigts, à l'issue de nouvelles parties; si, enfin, il y a imminence d'étranglement, il devra immédiatement terminer l'accouchement.
J'ai assisté, à la Clinique, à l'accouchement de deux femmes