‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 41 sur 287 · Orifice de la trompe qui a · texte numérisé non relu

Orifice de la trompe qui a

livré passage à l'ovule.

féremment. Ainsi la membrane caduque ne serait pas une membrane mince, offrant une certaine résistance dès le principe; mais, au moment où l'ovule descend dans l'utérus, elle aurait encore assez de fluidité pour se laisser pénétrer en partie par l'ovule, qui s'y trouverait pour ainsi dire noyé. La substance de la caduque se concréterait, s'organiserait alors autour de l'ovule et sur les parois utérines, de la même manière qu'un corps tombé dans une cavité organique s'y trouve bientôt enveloppé d'une lymphe coagulable. De cette façon, il y aurait toujours deux feuillets à la caduque, l'un utérin, l'autre ovulaire, qui environneraient l'ovule, même du côté de l'utérus par lequel il s'est immergé ; et les villosités du chorion, en se développant, traverseraient naturellement la couche de la caduque interposée entre l'ovule et l'utérus. D'après cette opinion qui est celle de M. Coste et celle de mon ami le docteur Devilliers, à quelque époque de la gestation que l'on examine l'œuf complet, il ne serait pas possible de constater positivement à sa surface extérieure celte lacune oîi les villosités choriales se trouveraient à nu et en contact immédiat avec la paroi utérine, si ce n'est par le fait d'un arrachement ou d'une lésion quelconque.

Quoi qu'il en soitde ces deux manières de voir, il n'en est pas moins vrai que la membrane caduque offre toujours deux feuillets, l'un utérin, l'autre ovulaire ou réfléchi, qui, dans les premières semaines, sont séparés l'un de l'autre par une cavité remplie d'un liquide séreux, désignée par G. Breschet sous le nom de cavité de l'hydropérione, et qui va se rétrécissant à mesure que les deux feuillets se rapprochent l'un de l'autre par l'accroissement de l'œuf, et qui finit même par disparaître lorsque, vers le quatrième mois, ces feuillets sont accolés et pour ainsi dire confondus. La membrane dont il s'agit surtout pendant les premiers mois de la gestation est lomenteuse à sa face externe ou utérine, lisse du côté de sa cavité, et percée d'une infinité de petits pertuis obliques, disposés assez régulièrement, et qui lui donnent une apparence réticulée. Son épaisseur est assez considérable pendant les premiers mois de la grossesse, mais commence à diminuer à partir du troisième mois, au point que, vers les deux ou trois derniers mois, elle est réduite à deux feuillets minces, que l'on peut encore distinguer l'un de l'autre. La caduque est-elle une fausse membrane, sans organisation ou anhiste, comme le veut M. Velpeau, ou bien offre-t-elle des traces d'organisation? Le fait ne peut plus être douteux actuellement; un assez grand nombre d'observateurs lui accordent une organisation véritable. M. Devilliers possède un certain nombre de pièces, soit normales, soit pathologiques, sur lesquelles on distingue parfaitement des vaisseaux sanguins sur

MODIFICATIONS DE l'uTÉRUS ET DU PRODUIT. 5 7

parois et clans l'épaisseur de la membrane, et des altérations de diverse nature qui ne peuvent apparlenir qu'à des organes parcourus par des artères et des veines. Ces vaisseaux ne sont que des rameaux prolongés des extrémités vasculaires, qui rampent dans la muqueuse utérine, et peuvent être très-aisément distingués à l'œil nu. Mais ce n'est guère que pendant les quatre premiers mois que la vascularité de la caduque est prononcée à ce point ; plus tard elle s'efface, et finit même par disparaître complètement dans la majeure partie de la membrane, excepté au pourtour du placenta, où il est souvent possible d'en retrouver quelques traces.

Le chorion est l'enveloppe la plus extérieure de l'œuf; dans la première quinzaine, il est très-villeux à sa surface externe. Ces villosités semblent être spongieuses, et croissent avec beaucoup de rapidité; plus tard, quand l'allantoïde avec les vaisseaux ombilicaux s'applique au chorion, on voit partir de cette membrane des vaisseaux qui pénètrent les villosités. Celles de ces villosités, comme je l'ai déjà dit, qui sont en rapport avec la caduque réfléchie pénètrent dans cette membrane, s'y accroissent d'abord, puis s'atrophient. Celles^ au contraire, qui correspondent à l'espace libre de la caduque prennent un développement considérable et contribuent à former le placenta.

Les opinions sont très-partagées sur la nature de la composition de cette menbrane. Suivant les uns, elle serait formée par la fusion de la membrane vitelline du feuillet externe de la vésicule blastodermique (Goste), et de la vésicule allantoïde; suivant les autres^ la membrane vitelline ne participerait pas à sa formation.

Dans les premiers temps de la vie embryonnaire, il existe entre le chorion et l'amnios, que je vais décrire, un espace occupé par la vésicule ombilicale, et par un liquide albumineux qui disparaît peu à peu, ainsi que la vésicule ombilicale, à mesure que la grossesse avance, à tel point qu'à terme il n'en reste aucune trace entre le chorion et l'amnios qui sont accolés.

Le chorion ne devient vasculaire qu'après le développement de l'allantoïde qui lui fournit ses vaisseaux.

L'amnios, membrane transparente très-mince à l'époque dont je viens de parler, est séparé du chorion par la vésicule ombilicale ; il contient dans sa cavité un liquide transparent qui est fourni par les vaisseaux capillaires utérins, et qui y pénètre par transsudation.

Cette membrane, la plus interne de l'œuf, est formée par le feuillet externe de la membrane blastodermique ; elle se continue au pourtour de l'ouverture ventrale, et d'abord adhérente aussi au dos du fœtus, elle s'en trouve plus tard séparée par le liquide amniotique.

La vésicule ombilicale, comme on a pu le voir par ce qui précède, a la forme d'un ovoïde légèrement aplati, préexistant à l'embryon, à l'abdomen duquel elle est unie. Elle a pour usage de servir à la nutrition de l'embryon dans sa première évolution. (Voyez p. -55).

Évolution de l'œuf. — Gomme je l'ai déjà dit, l'ovule est saisi par la trompe, parcourt ce canal, et pénètre ainsi dans l'utérus. Pendant ce trajet, il a acquis un peu de volume, et même la surface de sa membrane externe ou chorion s'est déjà couverte de petites villosités simples, courtes et rares.

Ce n'est que du douzième jour au vingtième de la grossesse que l'embryon peut être aperçu; il a alors 4 millimètres environ d'étendue, et l'œuf al centimètre. D'abord piriforrae, légèrement recourbée en avant, l'extrémité supérieure du produit est libre, tandis que l'inférieure est unie aux membranes. Toutes les parties qui le constituent semblent homogènes; il est gélatineux, d'un blanc grisâtre; un fdet blanc, que l'on distingue à peine, est la trace dé la moelle épinière.

Son poids est de 10 à 15 centigrammes; la tête se distingue du reste du corps par une petite saillie séparée par une fente. Le cordon ombilical n'apparaît pas encore ; on n'aperçoit aucun rudiment des membres, la cavité abdominale est largement ouverte.

Peu à peu on voit apparaître le corps des vertèbres disposés symétriquement sur les deux parties latérales, puis le renflement cérébral acquérir plus de volume. Les vaisseaux, partis de l'auréole vasculaire, se réunissent en un point commun, le cœur, composé d'abord d'un canal unique offrant dès l'origine des contractions manifestes, et qui se renfle et se subdivise plus tard en ses diverses cavités.

On distingue à l'embryon ainsi constitué un feuillet séreux auquel appartiennent la forme extérieure et le système nerveux ; un feuillet moyen auquel appartient le système sanguin ; un feuillet muqueux qui sert à former les cavités buccale, nasale, intestinale, et les organes voisins, tels que les glandes salivaires, le foie, la rate, la vessie, et même, prétend-on, les poumons.

Il existe, dans les premiers temps de la vie embryonnaire, de chaque côté du cou, quatre divisions appelées fentes branchiales, qui s'ouvrent dans le pharynx. Ces divisions sont séparées entre elles par des cloisons charnues à peu près semblables aux arcs' branchiaux des poissons. En effet, l'appareil vasculaire qui s'y distribue rappelle celui des animaux vertébrés inférieurs.

L'aorte, au lieu de former une crosse recourbée, comme cela aura lieu plus tard, se divise de chaque côté du cou en trois ou quatre

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