‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 53 sur 287 · DU FOETUS A TERME · texte numérisé non relu

DU FOETUS A TERME

cueillir des quanlités assez considérables de liquide amniotique parfaitement pur, extrait avant la rupture des membranes de l'œuf, à la surface interne des membranes de l'œuf, extraction faite au moyen d'une sonde convenable, a procédé à son analyse qualitative. Il lui a été possible d'y démontrer la présence de l'urée, qu'il a même pu isoler pure et cristalline. Cette découverte est de nature à faire penser, comme cela a déjà été admis par plusieurs physiologistes, que les urines du fœtus viennent se mêler au liquide amniotique. L'origine du liquide amniotique est très-obscure ; on a prétendu successivement qu'il était formé par la sueur, l'urine du fœtus, la salive, la gélatine de Wharton, etc. ; mais on pense généralement aujourd'hui que le liquide amniotique est le produit d'une exhalation qui s'opère par l'utérus lui-même, à laquelle viendrait se joindre l'urine du fœtus. En effet, il faut bien admettre que l'urine est excrétée dans l'amnios, puisqu'on y rencontre l'urée et qu'on voit chez certains produits l'imperforation du canal de l'urètre déterminer la distension énorme de la vessie, et quelquefois sa rupture.

Le liquide amniotique a pour fonctions, suivant quelques auteurs, de contribuer à la nutrition du fœtus, opinion qui ne s'accorderait guère avec les phénomènes d'excrétion dont nous venons de parler; mais il a certainement pour usage de le protéger contre les chocs extérieurs et contre la violence des contractions utérines, de favoriser ses mouvements, d'empêcher l'adhérence des membres entre eux ou avec le tronc, alors que l'épiderme n'est pas encore formé ou qu'il n'est pas recouvert d'enduit sébacé, d'atténuer la violence des chocs produits par les mouvements du fœtus contre les parois utérines, de concourir au développement de l'utérus, de faciliter la dilatation du col pendant le travail en s'engageant dans la poche, et enfin de lubrifier les organes maternels, et de rendre ainsi plus facile le glissement des parties fœtales au moment de la naissance.

§ 10. — »H fœtus à terme.

Le fœtus, parvenu au terme de la gestation, ne diffère de celui de huit mois que par ses dimensions. Il a environ 50 à 60 centimètres de long; son poids est habituellement de 3 kilogrammes à 3 kilogrammes et demi ; quelquefois, cependant, on a vu des enfants peser jusqu'à 6 kilogrammes : j'en ai vu naître un à la Clinique qui pesait 4 kilogrammes et demi, mais cela est rare, et il ne faut pas ajouter foi au récit de ces auteurs qui prétendent avoir reçu des enfants pesant 10, 12, 15 kilogrammes.

La racine du cordon s'est élevée ; mais elle ne correspond pas en-

core au milieu de la longueur du corps du fœtus. L'étendue du diamètre bis-acromial A, B, mesuré d'une épaule à l'autre (fig. 61), a 10 centimètres et demi à 11 centimètres; mais par suite delà compression que les parties éprouvent en s'engageant au détroi supérieur, ce diamètre est réductible à 9 centimètres et demi.

Le diamètre bis-iliaque (B, 1), qui représente l'étendue de l'extrémité pelvienne, aies mêmes dimensions que le précédent, mais il est un peu plus réductible : ainsi, au momentde l'engagement, il n'a plus ordinairement que 8 à 9 centimètres. Cette circonstance dépend de ce que le bassin, qui présente peu d'étendue, est revêtu de parties molles assez épaisses, mais qui cèdent facilement; tandis que les points entre lesquels se mesure le diamètre bis-acromial sont à peine revêtus de parties molles, et alors c'est la compression seule qu'éprouve la poitrine qui diminue l'étendue de ce diamètre.

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