CAUSES DE LA PRESENTATION DE LA TETE
de la poitrine, les bras appliqués sur les côtés du thorax, les avantbras fléchis et croisés sur le deva nt du sternum, les pieds relevés sur le devant des jambes, les jambes contre la face postérieure des cuisses, et les cuisses sur la face antérieure de l'abdomen. Ainsi fléchi, il affecte la forme d'une masse ovoïde à peu près régulière, forme qui est déterminée par celle de l'œuf qui contient le produit : en effet, quoique cet œuf soit loin d'étreindre de toutes parts le fœtus, l'espace qui reste libre dans la cavité des membranes n'est pas assez considérable cependant, à une époque avancée de la grossesse, pour permettre au fœlus de rester étendu.
Présentation de la tête.
Plusieurs points de la surface du fœtus peuvent occuper la partie inférieure de l'organe, mais ce sont les deux extrémités de l'ovoïde qu'il représente qui s'y rencontrent le plus souvent, et le plus ordinairement l'extrémité céphalique, surtout quand elle est fléchie.
On a recherché longtemps quelle pouvait être la cause de la plus grande fréquence de la présentation de la tête : on a cru que les lois de la pesanteur déterminaient celte fréquence, et l'on se fondait sur ce que le fœtus, étant suspendu par le cordon, l'extrémité céphalique, plus lourde, était sollicitée à gagner tout naturellement la portion la plus déclive de l'organe.
M. P. Dubois, dans un mémoire qu'il a lu à l'Académie de médecine 1, a refuté cette opinion, et lui en a substitué une autre appuyée sur des preuves nombreuses, et qu'il est difficile de ne pas admettre.
En effet, est-il possible de croire que le fœtus soit suspendu parle cordon ombilical, quand, dès le troisième mois, on voit que le cordon est déjà plus long que le plus grand diamètre de la cavité de l'œuf? Peut-on admettre aussi que ce soit la pesanteur qui conduise la tête dans le point le plus déclive de l'organe, quand il est facile de se convaincre que le poids de cette tête est égal à celui de l'ex-
< Mém. de V Académie de médecine Paris, 1833, t. III, p. 430; et t. IV, \. 475.
trémité pelvienne? Pour prouver ce fait, M. Dubois a plongé horizontalenaent des produits morts dans une quantité d'eau assez considérable pour que le produit, abandonné à lui-môme, mît un certain temps à gagner le fond du vase, et il a vu constamment toutes les parties du fœtus descendre avec une égale rapidité, et le dos venir le premier reposer sur la paroi inférieure du vase. Il ajoute, de plus, que chez les femmes qui, pendant la grossesse, gardent la situation horizontale, le fœtus ne s'en présente pas moins parla tête; qu'avant terme, les présentations céphaliques sont moins constantes, quoique, à cette époque, la tête soit plus lourde que l'extrémité pelvienne; que, chez les fœtus qui portent une tumeur sur l'extrémité pelvienne, tumeur plus lourde que la tête, la tête ne s'en présente pas moins * ; et qu'enfin, chez les animaux, ofi le point le plus déclive de l'organe ne correspond pas au col, mais bien au fond de l'utérus, les fœtus naissent bien plus souvent par la tête que par les pieds.
Concluant de tous ces faits que la pesanteur n'a aucune part dans la production de ce phénomène, il en a cherché l'explication dans un ordre d'idées plus élevé.
Une détermination instinctive du produit présiderait, selon lui, à l'accomplissement de cette loi, et cet instinct serait prouvé, pendant la vie fœtale, par cette succession régulière et presque constante d'impressions perçues et les mouvements qui les suivent, qui indiquent assez qu'il y a entre ces deux fonctions, pendant la vie intrautérine, la même liaison qui doit exister après la naissance; c'est ce que tout observateur attentif ne peut nier. Et pourquoi refuseraiton des déterminations volontaires au produit encore contenu dans le sein de sa mère, quand, immédiatement après son expulsion, ces déterminations deviennent manifestes? Qui lui apprend, en effet, à saisir le sein de sa mère, à y puiser un lait réparateur; et souvent même, dans les présentations de la face, qui lui enseigne, avant sa naissance, à sucer le doigt de l'accoucheur? Qui indique aux petits de la sarigue, lorsqu'ils sont expulsés de l'utérus, alors qu'une organisation imparfaite les rend inaptes à vivre de la vie extérieure ; qui leur apprend, dis-je, à se greffer, pour ainsi dire, aux mamelons de la mère, pour subir dans la poche marsupiale cette seconde incubation indispensable au perfectionnement de leur organisation ?
1 Depuis la publication de son mémoire, M. P. Dubois nous a rapporté un cas de cette nature : l'enfant, né à la Maternité, et que j'ai vu, portait sur le siège une tumeur très-lourde ; la tète s'était cependant présentée la première, et des difficultés sérieuses avaient accompagné l'extraction de l'extrémité pelvienne. Un fait semblable s'est aussi présenté à la Clinique d'accouchement.