DES CONVULSIONS ET DE LECLAMPSIE
Troisième période. — Clignotement des yeux; la bouche est agitée, comme si la femme marmottait ; les narines sont entraînées en haut et en dehors, le menton s'allonge; les membres supérieurs se placent en pronation forcée, les poings fermés sont appliqués sur les côtés du tronc, les jambes sont raides, le tronc renversé en arrière comme dans le tétanos; enfin des secousses de tout le corps et de chaque muscle en particulier se manifestent, puis les secousses se ralentissent et l'accès cesse.
A. Pendant l'accès, comme je viens de le dire, les phénomènes respiratoires sont ordinairement suspendus ; on voit, en effet, le plus souvent les côtes rester immobiles. Cependant il pénètre assez d'air dans les voies aériennes pour produire une salive spumeuse qui s'échappe au dehors. Cette salive est ordinairement sanguinolente, par suite des morsures de la langue. Néanmoins, il y a, dans ce cas, asphyxie momentanée, caria face et les extrémités deviennentlbleues.
D'autresfois la respiration n'estqu'irrégulière, bruyante, saccadée.
Le pouls est devenu fréquent, les battements du cœur sont trèsprécipités, puis ils deviennent irréguliers, et finissent par cesser tout à fait. La face, le cou et les jugulaires se gonflent, les carotides battent avec violence.
Quelques-uns de ces phénomènes peuvent manquer et varier quant à leur intensité. Tel est le raptus du sang vers le cerveau ; telle est l'immobilité des,.côtes qui n'existe pas toujours, et qui, par suite, ne suspend pas la respiration.
B. Après V accès snv'sxQni la stupeur; l'abolition des facultés intellectuelles et sensoriales continue; il y a résolution presque complète des membres, cependant les doigts restent fléchis, et quelquefois aussi les avant-bras sont contractés ; mais ils se résolvent dès qu'on lésa étendus. La mâchoire inférieure reste fortement contractée, les paupières sont rapprochées, et il est facile de les écarter ; la pupille est rétractée et mobile; la respiration est haute, large, stertoreuse ; la circulation est ordinairement très-rapide; le pouls est fréquent etirrégulier ; si la femme est couchée sur le côté, le ventre non con-
racté permet à l'utérus de s'incliner fortement dans ce sens. Enfin la résolution cesse, de légers mouvements se manifestent, la sensibilité^, la connaissance reviennent, mais la mémoire est complètement perdue. Il est rare qu'un premier accès ne soit pas suivi de plusieurs autres, surtout dans la grossesse, où la cause première est sans cesse agissante.
Après chaque accès, le retour à la connaissance peut avoir lieu ; mais le plus souvent, quand les accès se succèdent, la femme reste dans un coma complet entre chacun d'eux.
Durée de l'accès, — La durée d'un accès peut varier entre une ou deux minutes; on en a vu durer une demi-heure. Mais je crois que, dans ce cas, on a pris une succession rapide d'accès pour un seul ; en tout cas, pour qu'un accès puisse avoir cette durée sans causer la mort, il faudrait que la respiration et la circulation ne fussent qu'incomplètement suspendues. La durée de la stupeur qni suit les accès peutêUe de sept, huit, dix minutes à une demi-heure; ellepeutdurer pendant tout le temps qui sépare chaque accès ; celle qui suit le dernier peut se prolonger pendant douze, vingt-quatre à trente-six heures.