I. iO
i46 . CHAPITRE tV.
gueur varie depuis 0">^5'0 jusqu'à 2°>,S0 et même 3 mètres; on donne au diamant une forme en rapport avee les roehes à perforer et un diamètre variant de 30 à 40»»" ; la forme en Z est la plus répandue ('); dans les roches très-dures le tranchant affecte la forme d'un trépan à deux lames se croisant à angle droit; la lame doit, du reste, avoir des dimensions telles, qu'elle laisse autour de la tige un dégagement de 5 à G"»™ pour favoriser l'expulsion des poussières. Les figures 488, 189, 191, 192 et 193, planche X et planche XI, représentent les différentes formes de fleurets employés à Marihaye.
Aimt.
158. Les perforateurs se fixent sur un affût ou bâti métallique. L'affût de Marihaye, étudié par iMM, Dubois et François, paraît fort convenable toutes les fois qu'on n'emploie que deu\ à quatre perforateurs; il est représenté (fig. 183 et 190, pL X et XI). Cet affût laisse une grande facilité d'accès autour des appareils et sa stabilité est suffisante dans la plupart des cas. y^ est un châssis en fonte portant deux roues R\ deux bandes de fer R'K sont boulonnées à ce châssis; elles forment timon: entn» ces deux bandes peut glisser une pièce de fer GC qui porte quatre petites roues rr et qui est mobile autour d'une cheville ouvrière r?; la partie inférieure de ce châssis -support, ainsi disposée, permet de faire passer l'affût dans les courbes de petit rayon. Deux grosses vis W fixées verticalement à l'arrière , et deux autres vis V'V placées à l'avant, servent de curseurs aux écrous EE\ elles sont reliées entre elles, à la partie supérieure, par les pièces BB\ Les écrous d'arrière portent des anneaux Z), auxquels s'articule le bâti du perforateur; les écrous d'avant servent d'appui à des pièces en fonte FF que portent des fourches GG
(*) A la fosse d'Haveluy à Anzin, on a renoncé aux fleurets avec diamants en forme de Z qui sont supérieurs aux fleurets ordinaires, mais qui exigeaient pour leur confection une dépense d*au moins 950 francs par mois.
sur lesquelles repose la partie antérieure du perforateur; ces fourehes glissent dans des rainures nn'. Enfin des crochets ee' visses sous ces fourches servent à supporter les perforateurs quand il s'agit de forer des trous vers le sol de la galerie. Un tuyau de fonte TT est boulonné à l'arrière de l'affût: il porte quatre embranchements munis de robinets : les robinets H H' communiquent avec la chambre de distribution des perforateurs au moyen de tuyaux en caoutchouc, les autres amènent l'air comprimé; on ferme l'un de ces derniers et l'autre communique avec la conduite par rintermédiaire d'un tuyau télescopique. Cbt affût est établi pour deux perforateurs, on en établit de semblablés pour desservir trois ou quatre appareils. Lorsqu'on doit faire usage d'un plus grand nombre de perforateurs, six, huit ou dix, par exemple, comme cela se présente dans de grands travaux, on est amené à se servir d'un affût beaucoup plus stable. Au mont Cenis, on a fait usage d'une grande cage en fer de 4™,75 de hauteur au-dessus du rail, de 0",800 de largeur et <0™,500 de longueur, portée sur quatre roues en fonte de 0™,600 de diamètre. Un jeu d'engrenages commandait la première paire de roues au moyen d'un volant qui permettait à deux hommes de faire avancer ou reculer l'affût.
Les Ggures 232 à 233, planche XIV, représentent un affût trèssimple et fort commode que iM. Maillet construit pour les petites installations économiques; cet affût est à recommander.
Parmi les affûts exposés au Champ de Mars en i878, il faut citer comme une nouveauté assez curieuse un affût hydraulique construit par M. Sultzcr pour les applications de la perforation mécanique au creusement des tunnels. Cet affût consistait en une colonne portant un perforateur et terminée par des pointeaux qu'une pression hydraulique calait fortement contre les parois opposées de la galerie. Je ne pense pas que cette idée ait reçu jusqu'ici d'application sérieuse dans les mines.
lis CIIAIMTKE IV.
Distriliution de Tair comiirimé.
t&9. La distribution de Pair comprimé dans les travaux dr mines se fait par des tuyaux en fer étiré de 0"»,05 à O^.iO A* diamètre et de 5 mètres de longueur assemblés par des collei^ plats tournés entre lesquels on interpose une bague en caoutchouc et que l'on serre avec des boulons. Le dernier kilomèln peut être composé de tuyaux de 0™,05, les 1,000 à 2.000 mèrirqui composent la partie moyenne peuvent avoir un diamètre è 0«n,07S, et Ton donne 0">.iO, par exemple, à la conduite principale. Au delà de 4 à 5 kilomètres, il faudrait aborder des diamètres de conduite de 0™,15 à 0™,25, ce qui a lieu pour les tunnels; mais lorsqu'on dépasse le diamètre de 0»",10,on renonce aii fer étiré pour recourir à la fonte. On installe la tuyauterie, soii sur le sol et dans un des angles de la galerie^ soit en suspendant les tuyaux par des crampons fixés aux parois. On prévient le> effets de la dilatation dans les conduites placées au jour ou G\e< dans les puits, en intercalant tous les 100 mètres un tuyau recourbé en cuivre. Enfin on facilite l'allongement de la tuyauterie au fur et à mesure de l'avancement, en la terminant par un tuyau en caoutchouc qu'on enroule à l'arrière de l'affùl.
RéserTOirs.
159. On a été porté, dans le principe, à exagérer la capacité de^ réservoirs que l'on doit intercaler entre les compresseurs et Torigine de la conduite générale d'air comprimé. Au mont Cenis. pour dix compresseurs Sommelier fournissant par minute un volume d'air comprimé de fi^^TSS, on avait installé comme réservoirs , quatorze chaudières en tôle d'une capacité; totale de 798 mètres cubes, soit 1 18 mètres cubes de réservoir par mètrr cube d'air comprimé fourni par les compresseurs.
A Marihaye, pour un volume d'air comprimé de 0«*,763
DIXIÈME LEÇON. i49
Pourni par minute par deux compresseurs Sommelier, on avait six (*haudières en tôle formant un réservoir d'une capacité totale de 120™% soit par mètre cube d'air fourni 139"' de réservoir. Au contraire, à Ronchamp^Tair comprimé fourni par deux compresseurs Sommelier à raison de {'"^OOS par minute était reçu dons un réservoir de 28""' de capacité formé par une vieille chaudière en lôle. Enfin à Ânzin, deux chaudières en tôle d'une capacité totale «le 40™* ont suffi pour une production dair comprimé de 2™',57S par minute. C'est pour Ronchamp environ I5">' de réservoir par mètre cube d'air comprimé fourni par minute, et pour Anzin, 17™*. On se sert généralement, pour former les réservoirs d'air comprimé, de vieilles chaudières que Ton place près des compresseurs et en dehors du bâtiment qui abrite les machines.
Accessoires.
ta». Outre les appareils décrits précédemment, la perforation mécanique nécessite un complément d'outillage dont Findicalion sommaire doit trouver place ici. Tout d'abord il faut assurer un approvisionnement d'eau suffisant pour le curage des trous pendant un poste entier, ce qui exige la disposition d'un réservoir placé derrière l'afrùt. Les figures 194 à 496, planche XI, représentent le réservoir dont on a fait usage à la houillère Marie près de Seraing. C'est un tonneau en tôle porté sur un chariot et muni à la partie supérieure d'un trou d'homme formé par une plaque en caoutchouc dd de 6'"'" d'épaisseur. Un tuyau en cuivre ou en fer étiré C plonge dans ce réservoir; il est relié par l'ajutage /* et le tuyau en caoutchouc f à la conduite d'air comprimé. Un autre ajutage e taraudé sur le couvercle est relié à une clarinette en laiton h fixée à l'affût et portant deux robinets rr' qui |)ermettent de fournir de l'eau sous pression aux lances ss' au moyen de tuyaux en caoutchouc KK\ On remplit ce réservoir, sans démonter le couvercle, grâce à une ouverture taraudée
qu'on ferme ensuite au moyen d'une vis. La quanlité d'eau à injecter est au maximum de 40 litres par mètre de trou foré.
II est nécessaire, pour éviter les perles de temps, d'avoir sous la main un certain nombre de pièces de rechange telles que boulons, clavettes, raccords, tuyaux en caoutchouc, cuirs embonti^ pour pistons, un cric hydraulique et même un perforateur de réserve. Ces divers objets peuvent se placer dans un petit magasin fermant à clef, construit au fond de la mine, et muni d'un établi, d'un étau et de quelques outils. Parfois, le perforateur, de rechange et les outils nécessaires au travail se placenr sur un wagon plate-forme, à proximité de la main des ouvrier qui sont appelés à s'en servir.
L'affût et le perforateur sont protégés au moment de l'explosion par un bouclier qui évite des déplacements considérables Le bouclier le plus simple consiste en madriers reliés par de> traverses horizontales dont les saillies s'appuient contre les montants des cadres de boisage.
Prix des instaUations.
f eo. M. Pernolet, se basant sur un certain nombre dïnstall<> tions faites jusqu'à la (in de 1874, estimait, à cette dernière dat^. que d'une manière générale, avec les appareils perfeelionné> dont on disposait, il fallait compter pour installer une perforation mécanique complète avec toutes ses dépendances sur une dépense de 75.000 francs environ pour une seule attaque ei 425.000 franes pour deux attaques. Au delà de deux attaques dit cet ingénieur, chaque attaque exige un accroissement de dépense d'environ 25.0U0 francs pour l'acquisition de tout son matériel spécial et pour l'augmentation de dépense à laquelle elle entraîne dans le reste de l'installation ('). D'un autre côté.
(*) BallcUn de la Société de Cindustrie minérale y tome III, 4* livraison.
M. iMalhet, ingénieur principal des mines de Ronehamp, a résumé dans le tableau suivant les dépenses d'installation de la perforation mécanique au puits d'Eboulet :
; Héparatiou à la machine motrice et transmission. . fr. 2.892,20 %
Moteur a \ construction des massifs et installation de la môme . . 1282,10 i 7.i26,30
\APEUR. I Transport et installation de deux vieilles chaudières . . 2.952 » )
i Fournitures métalliques i4.77i,4o j
Droits d'entrée et transport 1.841,40 > i8.o76,15
Installation, montage i.963,60 '
RÉSERVOIRS ^ Réservoir principal d'une capacité de 2b"* 4.720.80 | >» lOi on
d'air. / 3 réservoirs pour injection d'eau 460,o0 j * '*
'i Conduite principale en tôle de 8 cent, de diam. et 60*» long. 8.(778,10
CojcDUiTES 1 Conduite pour galerie de 5 cent, de diam. et 300™ long. 1.035,30 . . ^^
D'AIR. j id. en fonte de 8 id. oO- . . 512,93 ^ ^"•»-^»«'
( id. en cuivre de 8 id^ id. . . 602,25
( 8 perforateurs 13.000 »
Perforation. < Affût et accessoires 4.920 » \ 18.239,50
( Tuyaux en caoutchouc * 319,50
j Acier en fleurets l acier 16(i(> kil. à fr. 1 î)0 J )
Outils. | ^^ ^,^^5,^ ^.^^.^^^ | f^^, ^^ ^^ ^i, à fr. 46 j * ' ^^^ * ) 3.660
Sa part pour la construction d'une cheminée .... 2.922,10
Bâtiment pour le local des chaudières 2.345,15 . ^^
Voyage et séjour de l'inventeur 300 » ' '
id. de l'ouvrier monteur 1.225,25
(*) Total . . fr. 70.299,35
161. On voit, par ce qui précède, que lorsqu'il s'agit d'alimenter un certain nombre de points d'attaque, on est entraîné à des dépenses de premier établissement considérables; c'est ce qui arrive lorsque Ton concentre, par exemple, à une seule fosse, la production de l'air comprimé par des machines puissantes et perfectionnées, et qu'on relie les différentes fosses d'une môme i;xploitation à ce point central par de longues conduites. C'est là le genre d'installation qui a prévalu jusqu'ici dans les grandes Compagnies houillères de notre région industrielle , où il semble
(•) Bullefiit de ia Société de VindHslric minérale y lomo II, 3* livraison.
que tout a été sacrifié au désir d'obtenir des compresseurs uDr marche aussi satisfaisante que possible et un minimum de frai> d'entretien. Peut-être y a-t-il eu une exagération réelle dans cette préoccupation dominante, dont on est tenté de s'affranchir, quand on réfléchit à ce que devient le rendement définitif de Tair comprimé, dans la comparaison du travail effectivement obtenu des perforateurs au travail théorique de la vapeur employée à comprimer Tair. On se demande si, en présence d'un pareil résultat final, on doit réellement s'attacher autant à gagner quelques unités sur le rendement partiel des compresseurs, au prii de grands frais de premier établissement» A ce point de vue. rinstallation économique dont la Compagnie des mines d'Aniebe vient de remettre la commande a M. Maillet, constructeur à Anzin, présente un grand intérêt; elle pourrait bien être le signal d'un revirement dans les idées admises jusqu'ici. D'après les indications qui m*ont été données, le devis complet de cette installation ne dépasserait pas 30.000 francs.
Indépendamment du prix élevé que coûte rinstallatlon dr> grands compresseurs décrits aux n«» 144, 448 et 146, et de la dépense qu'entraîne l'établissement de conduites de très*grandc longueur, on est amené, avec ces longs parcours, à augmenter la pression, et nous connaissons les inconvénients qui résultent de> pressions élevées; de plus, on mulliplie les pertes, et en fait nous pourrions citer des exploitations où, en fin de compte, après de grandes dépenses de premier établissement, on est arrivé à manquer d'air comprimé; cette insuffisance d'alimentation des perforateurs est certainement de nature à faire regretter aujourd'hui, cette concentration coûteuse, alors qu'avec moins de frais, on aurait pu multiplier les installations, par l'emploi de compresseui^ plus simples et en sacrifiant un peu sur les frais d'entretien. CV^si dans cet ordre d'idées, et en donnant à son installation un earaid'Ani^l"^ P^^v^soire que s'est placée la Compagnie de^ mines
étudié pour la fosse n» 3 de Ferfay une installation
DIXIÈME LEÇON. VôZ
analogue à celle d'Aniche, en utilisant comme moteur la machine d'un ventilateur Fabry réformé et conservé seulement comme ventilateur de secours. Voici le devis de cette inslallalion destinée à desservir simullanément quatre perforateurs du type Dubois et François modifié par Ânzin:
Compresseur Maillet cl mise en état du moteur . fr. 3.1 50
Fondation du compresseur et montage i.OOO
Attùi pour le perforateur 2.500
5 perforateurs (dont un de rechange) à fr. i.i50. . 5.750
Réservoir d^air (une chaudière & disposition). . . mémoire
Réparation et mise en état du dit fr. i.OOO
Conduite d*air comprimé 7.000
Pose de la dite 300
Robinetterie 1.500
Caoutchouc, boulons et divers i .500
Organisation d'un petit atelier 800
Aspirateur Kôrting 500
Total. , ,fr. 25.000 »
Soit 26.000 francs environ.
Si l'emploi des compresseurs à bon marché se généralisait^ il est bien certain que la perforation mécanique entrerait de plus en plus dans nos mœurs industrielles et que beaucoup de Compagnies de mines, qui n'hésitent ou ne s'arrêtent que devant le jpnx élevé des installations en usage dans les mines voisines , se décideraient à activer leurs travaux préparatoires par les moyens mécaniques, devenus ainsi à la portée de tous les budgets. Il n'est même pas téméraire de présumer qu'il se formerait, en dehors des Compagnies houillères, des entreprises pour le percement des bowettes par l'air comprimé; les charbonnages qui voudraient se décharger du prix d'acquisition du matériel et des embarras résultant de l'éducation d'un personnel étranger à son
vu CHAPITRE IV.
fonctionnement, marchanderaient- leurs bowettes à ces société foreuses qui , munies d'un outillage approprié au caractère provisoire de ces travaux et d'un personnel spécial exercé, entreprendraient les percements souterrains comme les sondeurs entreprennent à forfait les forages profonds.
tes. Je ne terminerai pas ces considérations sur les installations simples, sans faire remarquer que les inventeurs ne se sont pas seulement attachés, dans ces dernières années, à la construction de compresseurs à bon marché; ils ont cherché aussi à simplifier les perforateurs. J'ai signalé (n°» 131 à IS4) les modifications apportées au perforateur Dubois et François par M. Mercier, par la Compagnie des mines de Nœux et par la Compagnie des mines d'Anzin ; ces tentatives ne sont pas isolées, on peut même dire que presque toutes les Compagnies minières qui ont fait usage de la perforation mécanique, se sont li\Tées à des recherches du même genre, comme on a pu s'en rendre compte par l'examen des nombreux spécimens de perforateurs figurant à l'Exposition universelle de 1878.
En novembre 1877, M. Chansselle a communiqué, dans une réunion des membres de la Société de l'industrie minérale, à S*-Etîenne, les résultats intéressants obtenus en Allemagne avec le perforateur Trautz, des ateliers de construction Humbold.à Kalk^ près Cologne. Ce perforateur représenté (fig. 258 et 242, pi. XV) agit par rotation comme l'appareil Lisbet; il peut marcher à l'air comprimé ou à l'eau sous pression. Il se compost* d'une pièce cylindrique en fer forgé avec deux cylindres oscillants de 0™6o de diamètre et deux pistons qui , par le moyen duo arbre coudé et de deux séries de roues d'engrenages, produiseot le mouvement de rotation et le mouvement d'avancement de l'outil. Le porte-fleuret est fileté; il porte en avant une douille qui reçoit l'outil. Toutes les pièces sont en acier, en bronze oh en fer forgé. La vitesse de rotation et celle de l'avancement du fleuret peuvent varier suivant la dureté des roches. L'appareil, qui pèse 52 kilogrammes environ, est fixé sur une tige-support
OU affût, dont le poids est de 39 kilogrammes. Avec de Tair comprimé à une pression de 3 à 6 atmosphères , on a foré en 1 heure S2 minutes, 15 trous de I^^^IO dans du sel gemme. Dans ce laps de temps, la mise en place de l'appareil a pris S3 minutes, le changement d'outils 7 minutes^ diverses aulres causes accidentelles 3 minutes et la perforation proprement dite 49 minutes. Le perforateur Trautz parait convenir principalement dans les roches de moyenne dureté , comme le sel gemme , la houille et le schiste.
M. J. Dron, ingénieur des mines de Bully-Grenay, gendre de M. Lisbet, a récemment réalisé la même idée que celle qui a guidé M. Trautz. 11 a été amené dans cette voie par 1 extension qui a été donnée aux mines de Bully-Grcnay à l'usage du perforateur Lisbet.
Le perforateur de M. Dron est représenté figures 225 à 231, planche XIV. Cet appareil est à rotation; il consiste en un cylindre j4 dans lequel se meut un piston-came E^ lequel est rendu solidaireavecle boulon-genouillère /qui tournêsur la boîte à tiroir C D fixée sur le cylindre par les quatre boulons H. Le cylindre est divisé en deux compartiments par une cloison fixe et par une cloison mobile se réunissant, suivant Taxe du cylindre, autour duquel la cloison mobile peut tourner. Le fluide moteur arrive en B '^ il est distribué par le tiroir F qui reçoit son mouvement du piston lui-même à l'aide des tiges G; le mouvement circulaire alternatif du piston-came est transformé en mouvement circulaire intermittent par un rocher K^ un ressort L et une roue dentée / fixée sur le porte-outil M. La pression sur l'outil se produit à l'aide d'une vis creuse N traversant un écrou maintenu dans un palier P dans lequel on peut le faire tourner au moyen d'une roue Q. Le cylindre peut glisser dans les coulisseaux B portant deux tourillons de suspension V qui servent à fixer tout le système sur un affût analogue à celui dont on fait usage dans les appareils ordinaires de M. Lisbet qui fonctionnent à la main. M. Dron estime que pour un tour entier de l'outil , la
dépense en air comprimé est de 8 litres, soit 8 mètres cubes par mètre d'avancement; il affirme qu'on peut produire un avancement de 12 mètres à l'heure dans les rocs quérelleux et 3 métre^ dans les querelles dures. Dans les grès de dureté exceptionnelle, on ne produirait plus qu'un mètre à l'heure. Ces chiffres comprennent le temps nécessaire au changement des forets.
Après la description des appareils Trautz et Dron. je croi> devoir ajouter que le vrai rôle de la perforation mécanique nf me parait pas consister dans l'emploi de perforateurs isoles remplaçant simplement le travail ordinaire à la main, mais il réside bien plutôt dans l'emploi simultané de perforateurs mu]lip]e>. comme on le verra dans la prochaine leçon.
If* Leçon.
Emploi de l'air comprimé; perforation mécanique (suite'.
Organisation et conduite du traTail.
lus. Nous avons vu (n<> 106) que dans le travail à la main, remplacementetladirection adonnera chaque coup de mine jouent un rôle capital; il en est encore ainsi lorsque, dans la perforation mécanique, on f^nt usage de perforateurs isolés, comme cela a lien avec le système Trautz (fig. 238 à 242, pi. XV) et en général avec les appareils à trépied que livre la maison Humbold pour les applications au fonçage des puits (fig. 237). Dans ce cas. peu favorable à la rapidité de l'avancement, à cause des perles dt temps qu'entraînent la mise en place et le déplacement de lappâreil, on cherche, avant tout, à réaliser le plus grand effet utik possible de la matière explosive employée.
Mais dans les applications plus complètes de la perforation mécanique et lorsqu'on s'est installé à grands frais pour alimenter d'air comprimé des appareils multipliés, la marche la plus rapide
est celle que l'on préfère suivre en général ; elle s'oblîent au prix d'une grande consommation de poudre ou de dynamite, en criblant le front de taille de trous légèrement divergents par rapport à l'axe de la galerie, et en forant au tiers ou à moitié de la hauteur un gros trou ou plutôt trois ou quatre trous convergents, qui sont considérés comme trous de déchaussement ou de havage et qui servent à dégager la roche pour augmenter l'effet des mines voisines.
L'excavation est délimitée par des trous de périmètre forés à 0i°,20 du massif. L'espace compris entre ces deux séries de mines est garni de trous secondaires répartis plus ou moins régulièrement, à raison de O'^^iS à O'^^SS par trou en moyenne, suivant que le sautagc ultérieur doit s'opérer en une seule fois ou bien par fractionnement. M. Pernolet estime que pour avoir des déblais très-maniables et des mines qui ne fassent pas canon, il faut forer environ huit trous par mètre carré, mais on peut trèsbien, ajoute-t-il, réduire ce nombre à quatre si on ne leur donne qu'une profondeur de 0",90 à l ">,! 0.
Eh général on donne aux perforateurs, dans les roches du terrain houiller de notre région industrielle, une vitesse de 200 à 300 coups par minute; cette vitesse atteint 400 coups dans le granité (*).
Les opérations se divisent en trois périodes: 1*» le forage; 2® le chargement et le sautage des mines; 3« l'enlèvement des déblais. On peut opérer ces trois opérations en un, deux ou trois postes différents; le dernier système est le plus coûteux, mais c'est le plus rapide. Le chargement et le sautage des mines constituent l'opération la plus délicate, ils exigent des ouvriers habiles; les cartouches et les autres éléments du chargement
(^) A la fusse dilaveluy a Anzin, on donne aux perforateurs une vitesse moyenne de 350 eoups par minute avec une course de 0™,IO à ÛB^flâ et une intensité de eboe de 100 kilogrammes, obtenue avec 3 atmosphères '/t etTectives.
doivent être préparés à Tavanee, de façon à éviter les pertes de temps (*\
L'emploi de la dynamite accompagne, le plus souvent^ la perforation mécanique: cependant on préfère dans quelques exploitations la poudre comprimée. A Roncbamp^ les deux substances explosives sont employées simultanément. On a remarqué que dans les travaux au rocher exécutés à la dynamite, la roche est plus profondément ébranlée par Teffèt de l'explosion, et que cet ébranlement plus considérable détermine dans l'avenir un surcroit de frais d'entretien. Dans les travaux où les terrains sont naturellement difficiles à maintenir, cette considération a une grande importance, et il peut être convenable de restreindre l'emploi de la dynamite.
Les trous de déchaussement exigent une charge plus forte; on fait sauter avant les autres les mines qui doivent dégager le front d'attaque.
L'évacuation des fumées, avec un tir aussi important que celui que comporte la perforation mécanique, exige une ventilation énergique et des précautions particulières. L'air frais est envoyé au front de taille par des gaines en bois ou en tôle, à raison d'au moins 100 litres par seconde et par perforateur.
A Konchamp, indépendamment de l'air débité par quatre perforateurs, soit un volume de 136 litres par seconde, ramené à la pression ordinaire. M. Mathet avait installé un petit ventilateur intérieur fournissant environ 260 litres par seconde, dont le quart environ était réellement utilisé. Ces moyens d'aérage ayant été insuffisants, on fut amené, pour dissiper les fumées, à lancer de l'air comprimé, à l'avancement, après chaque explo-
(^) Â Anzin, on exécute le travail par trois postes de huit heures ainsi composes: i mineur chef de poste.
2 hiercheurs de 20 ans.
3 id. de 15 a 16 ans.
1 ajusteur qui hii la visite des appareils et leur réparation.
ONZIÈME LEÇO.N. I59
ion ; c'est là un moyen coûteux qu'on doit, autant que possible, :hercher à éviter.
A Trelys, un petit ventilateur spécial donnant !«' d'air par seconde fut installé dans la mine et actionné par une petite machine de deux à trois chevaux marchant à l'air comprimé.
A la fosse Thicrs de la Compagnie d'Anzin l'aérage est active )ar un appareil Kœrting,quî éloigne rapidement les fumées après e tirage; cet appareil est représenté figure 236, planche XIV; î'est un moyen de ventilation simple, commode et efficace qui i est du reste répandu dans beaucoup d'exploitations où fonctionne la perforation mécanique.
La perforation mécanique conduit à donner aux galeries de mine une section légèrement supérieure a celle des galeries que Ton perce à la main, et cela, à cause de l'espace qu'il faut ménager entre l'affût et la paroi pour le passage des déblais et du matériel et pour la circulation du personnel ; cet espace doit être au moins de 0™,30. On donne à ces galeries une hauteur de 1™,80 à 2™ ,20, et une largeur de 2™,20 à 2™,50; il faut compter sur une section d'environ 5™'.
Quant au nombre de perforateurs qu'il est possible de placer sur l'affût, on ne peut songer à mettre plus d'un perforateur par mètre carré de galerie.
Bésaltats généraux obtenus par la perforation mécanique.
164. La perforation mécanique, je l'ai dit déjà, conduit à une dépense de poudre plus considérable que celle à laquelle donne lieu la perforation à la main; elle comporte des trous à la fois plus profonds et plus nombreux , mais elle permet, en général, d'aller trois ou quatre fois plus vite. Quant aux prix comparatifs da mèlre d'avancement obtenus par le travail à la main et par l'air comprimé, on cite certainement beaucoup d'exemples où l'on a réalisé une économie par l'emploi de la perforation mécanique ;
mais par contre, on en cite un plus grand nombre peut-être où cette application a donné Heu à une augmentation de prix assez sensible.
Dans tous les cas, lorsqu'il s'agit de grands travaux préparatoires dont Tachèvement doit signaler une augmentation dans la production d'une mine et un abaissement dans le prix de revient général, on consent volontiers à payer un peu plus cher le per^ cernent de ces grandes artères pour atteindre plus rapidement le double but que Ton poursuit.
Applications. » Données namérlques. — Prix de revient.
165. La galerie S^Hippolyte a été poussée, aux mines de Trélys (Gard), par les moyens mécaniques; cette galerie, commencée le 15 avril 1874*, devait atteindre une longueur de 49O0 mètres et recouper les couches du niveau supérieur; elle a traversé sur les 711 premiers mètres les terrains suivants :
Grès dui*s et compactes, environ 25
Grès avec de petits bancs intercalés de schistes, environ . 210
Schistes avec de petits bancs intercalés de grès, environ 216
Schistes noirs mélangés de rognons de minerai de fer, environ i 60
Schistes durs et compactes 100
Total. ... 711
Voici les données numériques relatives au travail exécuté lans cette galerie, avec le perforateur du système Dubois et •rançoîs, en 1874, 1873 et 1876.
PRODOCTlOn
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