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ai94,3i^ 7.347,7.5 7.1ia,50
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^&S^J^ Itâ^
L'avancement moyen a été de 72",03 , les frais d'aérage se sont élevés à fr. 18,08 c» par mètre. A la main, ravancemcnt mensuel n'eût été que de 18™ et le prix moyen de 60 francs; mais ce prix de 60 francs ne tenant pas compte des frais d'aérage de la galerie, il convient de déduire du prix de fr. 118,79 e« le chiffre de fr. 18,08 c« pour avoir des prix comparables dans les deux cas. On obtient en définitive :
1° Pour le rapport des prix. . . .
2' Pour le rapport des avanccmenls.
fr. 1,G7 4 »
Ainsi donc la vitesse a été quadruple par la perforation mécanique, mais le prix a été 1,67 fois plus élevé.
16S. M. Brice, ingénieur en chef des mines de Nœux, a communiqué en décembre 1876 les renseignements suivants dans une réunion des membres de la Société de l'Industrie minérale, faisant partie du district du Nord; ces renseignements se rapportent à deux galeries à travers bancs de 2°',40 de largeur et de 2 mètres de hauteur, soit une section moyenne de 4™',80 :
Nom1)re de trous fores .
Profondeur moyenne .
Nombre de mines . .
Nombre de Irous perdus Longueur totale de galerie
se décomposant en :
Schistes Grès. .
Durée de la perforation en heures Durée du tir et du déblai — Durée totale
a La durée de la perforation est à celle du tir comme i : 1,34.
» 16 '^/o environ des trous ont été inutiles ou perdus par suite de rimpossibilité de leur donner la meilleure direction réclamée par les joints et délits du terrain. Cet inconvénient est très-faible en comparaison de celui qui résulterait de Féconomie inintellijjcnle de deux ou trois trous par perforation. (On perce en moyenne 25 trous par avancée.) Il faut aussi considérer que le personnel doit faire un apprentissage assez long et surmonter les préventions suscitées par un procédé qui change totalement les habitudes et qui rend le travail plus pénible. *
106 CIIAPITIIE IV.
» Détail du prix, de revient du mètre d'avancement :
Maîn-d*œiivre : mineurs, fr. 37,58; ajusteurs, rr.'5,28;
forgerons, fr. 4,76 fr. 47,42
Tir : dynamite, fr. i 5,99 ; poudre comprimée, fr. i 3,68;
amorces, fr. 1,40 â9,07
Perforateurs : graisses, fr. 1,41 ; réparations, fr. 8,09;
fleurets, fr. 2,49 11,99
Compresseurs : machinistes cl chauffeurs, fr. 4,i2;
graisses et divers, fr. 1,81 ; charbon, fr. 12,52 . . 18,25
Total. . .fr. 106,75
)> Le prix du mètre cube de roche revient à fr. 22,23 c*. )> Un relevé du travail à la main correspondant à 1270 mètre? de galerie nous a donné :
Main-d'œuvre. . . . fr. 71, 17 Consommation 13,50
Total. . . fr. 84,47
» En ajoutant à ce chiffre une dépense pour réparations et usure d outils, sensiblement égale à celle qui concerne les fleurets de la perforation mécanique, on arrive au total de fr. 9i,7ii' comme prix de revient du mètre d'avancement.
)) Les galeries percées à la main n'ayant que 2™,20 de largeur sur 1™,80 de hauteur et par suite une section moyenne de 5™'96, le prix du mètre cube de roche revient à fr. 23,16 c*.
n Ainsi par la perforation mécanique il y a une économie dr fr» 0,93 c» par mètre cube de roche abattue, mais il y a une augmentation de fr. i5,OI c« par mètre d'avancement de galcnV. les dimensions étant forcément majorées pour faciliter la manœuvre des appareils.
» L'étude des différents éléments du prix de revient nou> permet d'espérer des réductions assez importantes lorsque nou> aurons un personnel plus expérimenté et surtout plus nombrruv
O^iZlÈMË LEÇOrS'. 167
» En main-d'œuvre, Téconomie sera de 5 Tranes environ/Les consommalions pour le tir seront diminuées dans la même proportion. La dépense pour les perforateurs eom|)renant les sommes de fr. 5,28 c et fr. 8,09 c" (en main-d'œuvre el consommations), sera réduite de près de moitié par l'emploi d'un perforateur plus simple et construit avec plus de soins. Enlin la dépense du compresseur est acluellcment beaucoup trop élevée par suite de Tulilisalion incomplète du moteur qui, jusqu'à ce jour, n'a desservi que deux attaques, tandis qu'il doit aller progressivement à six, réparties sur trois points diiïérenls.
» En résumé, nous pensons arriver à un prix de revient égal a celui du travail à la main, en ne tenant pas compte de l'amorlisscment des appareils qui est largement compensé par les avantages résultant de la rapidité des percements et les facilités de Taménagemcnt et de l'exploitation d'un gisement aussi accidenté que le nôtre. »
Depuis que M. Brice a fait connaître ces résultats, la Compagnie de Nœux a réalisé des progrès dans ses travaux de perforation mécanique et réduit les frais d'entretien des perforateurs dont elle a, comme nous l'avons vu (n» 152), simplifié la construction et diminué le nombre des organes.
^80. Aux mines de Bézenet (Allier), M. Baure a creusé, par l.i perforation mécanique, 616™,25 de galerie au rocher, du 1 3 octobre 1874 au commencement de décembre lS7o. Dans un premier travers-bancs creusé dans des conglomérats el des poudingues à galets de quartz, roches excessivement dures, il a fait 1™,06 d'avancement moyen par journée de travail et dépensé, par mètre courant de galerie, fr. 258,73 c«; le creusement à la main eût donné lieu à un avancement cinq fois moins rapide et à un prix de revient de fr. 292,50 c», c'est-à-dire supérieur de fr. 33,57 c» à celui qui a été réalisé.
Dans un second travers-bancs établi dans des grès quartzeux, réconomie obtenue par la perforation mécanique s'est élevée à fr. 52^71 c* par mètre courant. Enfin dans un troisième travers-
J68 CHAPITUE IV.
bancs établi dans des grès de dureté moyenne, ravancemeni mensuel a atteint 63 mètres, tandis qu'à la main on n'aurai! obtenu que 10 mètres, et le prix de revient s'est élevé par mèliv courant à 2i5 francs, tandis qu'il eut été de fr. 222,83 c* si Toq avait employé des moyens ordinaires. Dans ces calculs comparatifs, M. Baure n'a pas tenu compte de Tintérét du capital en- {;agé ni de la dépréciation des appareils qui eussent élevé, di' 22 francs environ, le prix de revient du mètre courant de galerie. En ajoutant cette dernière somme aux chiffres qui précèdent, on voit qu'à Bézenet la perforation mécanique a donné lieu à une légère économie dans les conglomérats très-durs, mais que dans les grès durs et moyennement durs, le prix de revient du mètn* courant de galerie a subi une augmentation par l'emploi de ce< moyens rapides.
§ 3. — Perforation mécanique verticale.
170. L'application de la perforation mécanique au fonçafîf' des puits, présente des diflicultés particulières qu'on est parvenu à surmonter, mais sans obtenir pourtant un avancement comparable à celui qu'on a réalisé dans le percement des galeries au rocher. L'abondance des eaux est souvent un obstacle et la mise en place des appareils donne lieu à de grandes pertes de temps. En 4872, M. Ghansselle publiait dans la Revue universelle de:^ mines les résultats obtenus avec la perforation mécanique dans l'approfondissement du puits Genenort à Sulzbach-Altenwald (' Cette application, quon peut regarder comme un simple essai, n'avait procuré qu'un avancement de 5' mètres par mois pour une section de 16™*,72. On avait fait d'abord usage du perforateur Sachs, porté par un trépied à contre-poids construit par M. Sievers, et l'on en était venu, par suite de l'instabilité de Tap-
(*) Cette application a été décrite aussi dans ic Zeifschrift fur Berg-i/Niien usul Salinvnwezen.
pareil, à supprimer cet affût et à faire manœuvrer le perforateur par deux hommes qui le tenaient à la main et le maintenaient avec la poitrine, pour lui donner plus de fixité. On avait également renonce à l'emploi simultané de plusieurs perforateurs mécaniques pour n'employer qu'un seul appareil. Sur les quatre mineurs qui composaient une brigade pendant un poste de huit heures, deux desservaient le perforateur Sachs, un troisième travaillait à la massette par le procédé ordinaire et le quatrième était occupé au chargement de l'eau et des déblais. En comparant le travail mixte ainsi exécuté au travail ordinaire à la main, M. Chansselle concluait qu'au point de vue de l'avancement, l'avantage obtenu dans les schistes avait été très-faible et qu'il s'était manifesté, dans les poudingues, par une vitesse double; quanta l'économie obtenue par l'emploi de la perforation, elle avait été insignifiante.
m. L'avaleresse de Rossitz (Moravie), dont le modèle figurait à l'Exposition de Vienne, a été forée jusqu'à 66™,50 par le procédé ordinaire dans des grès fissurés du terrain permien et achevée par la perforation mécanique; l'air comprimé à 2 atmosphères 7î ps»r des pompes à piston liquide et plongeur, se rendait, par des conduites en fer étiré, à 3™,80 du fond du puits; de là il était conduit aux perforatrices par des tuyaux en caoutchouc. L'affût employé était le trépied Humbold surmonté par deux manettes que l'ouvrier saisit à la main et dont la stabilité augmente par des poids suspendus à une chaîne.
Les perforateurs étaient du système Sachs; ils marchaient à une vitesse de 400 à 440 coups par minute dans les grès permiens, procurant, dans le même laps de temps, un avancement de 37"^, alors qu'à la main et dans les mêmes roches, l'avancement n'est que de 5 à 6^°™. Les parois et le fond du puits étaient égalisés par des trous peu profonds forés à la main. On forait à la perforatrice 4 trous, soit 4™,29 de longueur totale contre 1 4 trous pratiqués à la main et faisant une longueur totale de 9™ ,88. En définitive, on forait à la machine 22 trous sur 100,
170 aiAPlTRfi IV.
8oil en longueur 50 %. En comparant les résultats obtenus à ceux qui avaient signalé^ en 18S6-1857, le fonçagc d'un puib creusé par les moyens ordinaires dans des condi lions identiques, on a mis en regard les chiffres suivants :
A|)profondissement mensuel I^^TO l:2*,83
Nombre de postes par mètre d'approfon-
disscment Hi 40
Consommulion de poudre 13 »
Consommation de dynamite » 7,93
L*instalIation complète avait coûté fr. 33.571,50
Le prix du fonçagc par mètre courant s'est élevé à 900,90
Dans ce prix le travail du creusement proprement dit a é\é de fr. 397,20 C; le montant total des salaires s'est élevé à fr. 530,70 c« et les fournitures à fr. 370,20 c».
i79. Le perforateur Burleigh a été employé avec assez df succès au fonçage des puits, aux mines de Drybroot (forêt de Dean, Angleterre); ici Fusage de la perforation mécanique a été exclusif. Après avoir employé le trépied Humbold, comme à Rossilz, on l'abandonna pour l'affût de M. Brain (fig. 239^ pi. W qui permet de forer auprès des parois et de faire, d'une paroi à l'autre, deux rangées parallèles de trous sans changer la position de l'affût.
173. La Société anonyme de Wérister près de Liège a appliqué la perforation mécanique au fonçage de deux puits jumeaux de 200 mètres cliacun et de 3 mètres de diamètre intérieur. Elle s'est servi de perforateurs Dubois et François suspendus à Taffùl représenté fîg. 240 et 241 , pi. XV). Cet affût se compose d'un cadre en bois et en fer et de deux colonnes verticales en fer rond de 0™,1 Ode diamètre portant chacune une vis horizontale qui peul décrire une demi-circonférence. Sur chaque vis se meut un écroa auquel est suspendu un perforateur. Un support horizontal placé au bas de chaque colonne permet de fixer le bâti du perforateur dans une position plus ou moins inclinée. L'affût et ses deux per-
orateurs pèsent 2,000 kilogrammes ; on le relève à 5 mètres aulessus du fond du puits au moment du tir (fig. 240). Le nombre le trous forés sur la surface de chaque puits a été de i5 à 28 suivant la nature du terrain; on leur adonné de 4™,80 à l^^SO de profondeur. Pendant les 168 premiers jours de travail, on a fait 74 attaques complèies, soit en moyenne SS heures par attaque lent 16 pour la perforation et 37 pour le tir, le déblai et le boisage. L'avancement pendant ce temps a élé de 96 mètres, soit 1",30 par attaque et 0™,60 par jour. La venue d'eau a varié de 50™* à 421™" par jour. La dépense par mètre courant a été à peu près ce qu'elle eut été par l'ancien procédé, mais on a eu l'avantage d'une marche beaucoup plus rapide.
§ 4. — Hav€U8€8 mécaniques.
174. Le havage dans les tailles ou dans les dépilages est un travail difficile et presque toujours pénible; il s'exécute., le plus souvent, à la base de la veine sur une assez grande profondeur, mais sur une hauteur très-faible afin de réduire, autant que possible, la proportion de menu. Ces conditions obligent le mineur à travailler dans une position fatigante. Dans les houilles dures, le havage exige quelquefois l'emploi de la poudre et nous avons vu (127) qu'en Angleterre on a eu, dans certains cas, recours à des appareils hydrauliques dont la construction est basée sur l'idée des aiguilles-coins. C'est également en Angleterre que l'on a appliqué, dans un certain nombre d'exploitations Jes baveuses mécaniques, appareils dont l'emploi , disons-le de suite , n'a pu se généraliser et s'est localisé, au contraire, dans des mines dont les conditions de gisement et d'exploitation se prêtaient particulièrement à cette application hardie.
Parmi les dilTércnts systèmes de machines à baver qui ont été proposées, on peut citer la baveuse de MM. William Baird et O^ (fig. 243 à 246, pi. XVI), qui travaille à Coatbrige (Ecosse), et la
iTi CnAPlTHE IV.
baveuse de MM. Winslanley ci Barkers (6g. 218 à 249% qui fonctionne dans les environs de Manchester.
Ces deux appareils ont été essayés aux mines de Blanzy. par M. Pctitjean; ils n'ont pas donné, dans cette expIoiCatlon. des résultats comparables à ceux que cet ingénieur avait pu constater dans les bouillères anglaises qu'il a visitées. Les baveuse^ de ces deux systèmes fonctionnent à Tair comprimé; elles ont été décrites dans une communication faite le 8 juin 1876 p^r M. Pclitjcan au congrès de Douai.
175. Dans la machine W. Baird, le havage est fait par uof chaîne de Galle armée de couteaux d'acier et portée par un bnb en tôle d'acier qui fait saillie sur le bâti de 0™.90, profondeur dr l'entaille; ce bras est composé de deux parties qu'une vis ./ permet d'éloigner l'une de l'autre. Le cylindre moteur utilise l'air comprimé à une pression de 3 kilogrammes. La bielle attaque un arbre coudé B qui porte un volant et Texcentrique du tiroir; le mouvement est transmis à la chaîne coupeuse par| les jeux d'engrenages EF et GH; cette chaîne marche à um vitesse de 0™,30 par seconde. Le bâti de la machine repose >ur quatre roues que des rails mobiles dirigent parallèlement au fron. de taille; ce mouvement s'exécute d'une façon automatique au moyen d'un tambour sur lequel s'enroule une chaîne attachée à un point fixe, tambour que commande rexcentrique 3Î par l'intermédiaire d'une roue à rochet H.
La machine Baird pèse 2 */« bonnes. Avant d'en faire res>ai à Blanzy, dans une grande couche et dans un charbon doni la nature se prétait mal à cette appUcation,M. Petîljean Tavail Mit fonctionner en Ecosse dans une couche de ^ mètre de puissance, inclinée de 12°, d'allure régulière et possédant un toit solide: celte couche était exploitée par longues tailles. Dans ces conditions extrêmement favorables au havage mécanique, la machine Baird, conduite par quatre hommes, coupait dans un charboo homogène et résistant 1™,20 par minute sur 0",80 de profondeur, et 0'",07 de hauteur, et sur un front de taille de 120 mè-
TCS. La force réellement utilisée par cette machine était de 7 à i chevaux, ce qui exigeait une force correspondante de 45 à 50 [chevaux déployée par la machine à vapeur qui était placée au leur à 800 mètres environ du point oii la haveuse fonctionnait,
La machine Baird , achetée pour les mines de Blanzy, a coûté S.OOO francs rendue à destination.
176. La haveuse de MM. Winstanley et Barkers se compose i'un fort bâti en fer forgé ayant 2"»,10 de longueur sur 0'",80 de largeur, porté sur des roues à gorge circulant sur une voie ferrée 'fig. 247 à 249). La hauteur de l'appareil, au-dessus du rail est de O'^^SS; deux petits cylindres oscillants communiquent un mouvement de rotation à l'arbre moteur; cet arbre est coudé, il est placé, à peu près, au centre du châssis; il porte à son extrémité inférieure un pignon engrenant avec une roue dentée armée de couteaux en acier de formes différentes. C'est cette roue qui pratique le havagesurune profondeur de 0™,90; son axe est porté par un bras formé de deux flasques en tôle d'acier, qui peut recevoir, autour d'un point fixe adapté au châssis, un mouvement de rotation commandé par une couronne dentée et une vis sans fin qu'un petit volant permet de manœuvrer à la main. La machine de MM. Winstanley et Barkers pèse de 1.800 à 2.000 kilogrammes; on produit le mouvement d'avancement sur les rails au moyen d'un petit treuil manœuvré à distance et d'une chaîne fixée au bâti; cette machine, achetée pour les mines de Blanzy, a coûté 3.000 francs rendue à destination; elle fait 80 tours par minute, en marche normale, avec de l'air comprimé à 2\ ou 2^,50.
117. Pas plus que la machine Baird, la haveuse Winstanley n'a donné à Blanzy les résultats satisfaisants constatés en Angleterre; on eût cependant donné la préférence à la machine Baird si les conditions de gisement et d'exploitation des mines de Blanzy se fussent mieux prêtées à l'application de havage mécanique, si, au lieu d'opérer sur des piliers de 10 à 20 mètres de
I7i CHAPITRE IV.
longueur, on avait pu, comme en Anglelerre, opérer surdfs piliers de 80 à 100 mètres, si cnfîn on n'avait pas eu à combattre les affaissements qui se produisaient presque immédiatement dans les parties remblayées, menaçant les hommes eik machine et provoquant récrasement des parties voisines doo dépitées.
§ 5. — Bosseyeuse mécanique,
1 9S. Je ne dirai qu'un mot de la Bosseyeuse mécanique que MM. Dubois et François avaient exposée à TExposition d'hygiène et de sauvetage de Bruxelles en 1876, et qui a éfé disposée pour opérer le coupage des voies sans le secours de la poudre. Cet appareil se compose d'un perforateur Dubois et François, df» grandes dimensions, installé sur un affût spécial dont la pièce principale est une caisse creuse en fonte qui sert de réservoir d air. Ce perforateur se meut sur une vis de fort calibre et peut^ grâce à un dispositif emprunté aux grues, opérer le forage des trous obliques ou horizontaux, au toit, au mur ou contre les parois. 0^ trous ont 1 diamètre de 8 à 10 centimètres et une profondeur de 0™,70. On y introduit une aiguille-coin sur laquelle on agit à Taide d'un mouton de 30 à 40 kilogrammes qu'on substitue au fleuret du perforateur. Le volume de cet appareil est peut-être de nature à restreindre son emploi , basé sur l'application de Taiguille-coin qui , nous l'avons vu, est elle-même peu répandue.
DOtZIÈME LEÇON. |7îi
42* Leçon.
SOUTENEMENT DES EXCAVATIONS.
De la nécessité du soutènement dans les excavations.
170. Il existe des excavations souterraines qui ont pu se maintenir pendant un grand nombre d'années sans exiger aucune précaution pour leur soutènement, aucun moyen de consolidalion. J'ai pénétré moi-même dans des galeries de mines^ pratiquées à une époque très-reculée dans des roches résistantes, pour ainsi dire inaltérables ; le profil de ces voies souterraines qu'aucune maçonnerie ne soutenait, n'avait subi pendant des siècles aucune variation sensible; les parois s'étaient pourtant, au contact de sources intérieures, tapissées de formations minéralogiques qui témoignaient d'une ancienne origine. Mais ce sont là des exceptions, et dans la généralité des cas, les excavations exigent, tout au moins dans les roches assez friables de notre région industrielle, l'application sur des points isolés, ou sur toute leur étendue, de moyens propres à prévenir l'éboulement des parois.
L'altération des roches fissiles au contact de l'air ou sous l'influence des eaux qui les pénètre, altération qui se localise sou vent dans des bancs ou des sillons qui se délitent, provoque un mouvement continuel dans les masses découpées par des galeries à travers-bancs: à cette première cause d'éboulement se joignent les tassements qui se produisent dans les travaux d'exploitation par suite d'un remblayage toujours incomplet, tassements dont l'ciTet se fait sentir dans les galeries situées en dehors du plan
i76 CHAPlTBfi y.
des couches et qui , malgré une épaisseur souvent considérable de morts-terrains, lézardent les constructions de la surface. D'autres causes telles que les trépidations produites par le roulage et par la circulation permanente des hommes, des chevaux et drs produits, affectent à un moindre degré la solidité des excavations souterraines.
Les dislocations géologiques qui ont détruit rhomogénéité de^ terrains, fissuré et désagrégé les masses ont fréquemment préparé les obstacles que rencontre le mineur dans le soutèncmto! des excavations , obstacles qui lui imposent parfois l'emploi de moyens de consolidation fort coûteux.
Quant aux terrains aquifères, les diflicultés qu'ils opposent à leur traversée et à leur soutènement sont telles que nous auroas à nous occuper d'une façon toute spéciale des moyens de les combattre; les houillères du Nord de la France, de la Belgique et de la Westphalie, nous procureront des exemples d'avaleresses foncées à travers ces terrains difficiles, et heureusement terminées au prix des plus énergiques efforts.
Les galeries principales, en veine, sont naturellement eelUs qui sont davantage affectées par les tassements que provoqua l'exploitât ion, puisqu'elles se trouvent dans le plan mémede> travaux; elles n'ont généralement qu'une durée limitée parle dépilage d'une tranche ou d'un étage en exploitation; elles peuvent toutefois servir ensuite de voies de retour d'air. Le plu> souvent on se contente de les boiser, sauf à remplacer plusieurs fois le boisage et à exécuter, au fur et à mesure que les affai^^ements se produisent, des rauchages successifs; il arrive pourtant qu'on les muraille, surtout quand par ces voies on lient à se ménager, pour lavenir, un retour d'air facile et qu'elles doivent servir au roulage des produits exploités dans plusieurs veim^ rapprochées.
Dans certaines exploitations, comme à Blanzy, on renonce à placer dans la couche les voies de roulage d'une certaine dum*. et Ion échappe h des frais d'eniretien dispendieux en plaçant le^
DOUZIÈME LEÇO?l. 177
galeries dans le mur el en rejoignant la couche, de dîslance en distance, par des recoupages. C'est Timportance donnée à ces galeries au rocher, qui exph'que le développement accordé par la Compagnie des mines de Blanzy aux travaux de perforation mécanique.
Enlin, dans certaines exploitations, on ménage le long des voies en veine dont on veut prolonger la durée, des piliers intacts, de même qu^on assure la sécurité des puits par un stot cylindrique de 100 mètres de diamètre, au delà duquel commencent seulement les traçages, et qu'on préserve, par exemple, dans le Pasde-Calais et le Nord, les travaux souterrains des eaux, que pourrait amener la dislocation des terrains supérieurs en laissant entre les parties exploitées et le (ourtia, une zone de 15 à .10 mètres d^épaisseur qui isole l'exploitation.
§ i. — De l'emploi des bois dans les mines.
Avant d'aborder la question du boisage des excavations, je crois utile de donner ici quelques indications sur les essences de bois employées dans les mines, sur la destination de ces différentes espèces de bois, sur l'importance des approvisionnements à faire et sur les règles à suivre pour apporter l'ordre et l'économie dans cette branche importante du service.
Essences diverses, leurs usages.
1 SO. Le chêne blanc qui pèse de 643 à 1 .01 5 kilogrammes par mètre cube, constitue le bois de charpente par excellence, il sert aussi, comme nous le verrons dans un autre chapitre, à faire les pièces de cuvelage dans la traversée verticale des zones aquifères. Il importe, en conséquence, d'avoir toujours en magasin un approvisionnement de chêne d'une certaine importance, en bois de diverses grosseurs,* les bois de guidage se scient dans des
178 CHAPITIIE V.
chenaux que les mines de noire région trouvent intérêt à se procurer dans le pays; il n'en est pas de même des gros bois quelles vont souvent chercher à de grandes distances.
Quelques exploitations ont donné de l'extension à Tusage du chêne d'Amérique dont le prix est relativement peu élevé, mais ce n'est pas un bois à recommander dans les constructions sérieuses.
Le chêne est d'un excellent emploi dans le boisage des galeries de mine^ il présente une grande solidité et il se conserve aussi bien dans l'humidité que dans une atmosphère sèche ^ abstractioa faite de l'aubier dont la décomposition est, au contraire^ trèsrapide. Malheureusement son prix est fort élevé et dans beaocoup de localités éloignées des lieux de production on éprouve des diflicultés à se procurer des perches ou des rondins de cbéoe en quantité sufTisante.
Le chêne vert qui pèse de 930 à 1.220 kilogrammes se trouvr dans le Midi de la France; il sert aussi dans le boisage courani: on en fait des manches d'outils.
Le châlaigner est un bois souple qui sVxploite surtout à IVia' de taillis; il craint le mauvais air. mais il résiste bien sousIVau il est estimé des mineurs comme bois de soutènement; on pa fait des manches d'outils^ les branches peuvent servir à fain*d<'> paniers de mine; il pèse de 683 à 1.100 kilogrammes. ,
L'orme sert dans la construction des traverses de mine.dM cadres pour châssis et portes d'aérage, on en fait aussi des raoyt'u\ de roues et même des jantes ; il pèse de 743 à 942 kilogramm*^
Le hêtre est un bois plein et dur qui peut souvent rempla«r le chêne, il convient surtout pour les pièces qui doivent prendrt une certaine courbure; sous l'eau il résiste bien , mais il est ca.-^ sanl à sec et on ne l'admet pas, en France, dans le boisige rou-j rantdes mines; on se montre un peu moins rigoureux à ïépii de cette essence dans les houillères belges; son poids par roèinî cube varie de 750 à 8S2 kilogrammes.
Le frêne, qui pèse environ 78d kilogrammes, donne dexceJ-
lenls manches d'outils; il sert à faire des rais de voiture ainsi que des flèches et des brancards. Il est admis dans les livraisons de perches destinées au boisage souterrain; il est d'ailleurs fort, fibreux el se conserve bien dans les galeries. Tous les bois qui précèdent rentrent dans la catégorie des bois durs.
Les bois résineux trouvent en général leur emploi dans les charpentes légères ou à grande portée^ ainsi que dans la menuiserie grossière. Le pin, qui pèse de 814 à 828 kilogrammes, est d'un usage courant pour le boisage souterrain dans beaucoup démines où Pair n'est ni chaud ni vicié et où, au contraire, il règne une humidité constante. Le mélèze, dont le poids est de 657 kilogrammes, conviendrait également, mais il est plus rare. Quant au sapin, il est assez employé dans le boisage courant en Allemagne, où il abonde du reste et où il est de meilleure qualité que dans nos contrées; on en fait une assez grande consommation aux mines d'Ânzin, mais en général on en fait un usage modéré dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, surtout dans les mauvais terrains où il ne peut guère servir que comme boisage provisoire, c'est-à-dire comme premier boisage qui se remplace ensuite par le chêne après que les efl'ets de tassement se sont manifestés. Aux mines de Ferfay, la proscription du sapin a donné lieu à une économie notable. Le sapin pèse de 460 à 657 kilogrammes par mètre cube.
Les bois blancs sont employés sous forme de planches pour faire des canards ou caisses d'aérage , des caisses de wagonnets ou de brouettes, etc., des planches de denne qui servent dans les tailles à la séparation du charbon et des terres; ces dernières sont en peuplier blanc et tendre qui pèse de 371 à 414 kilogrammes; les autres sont en peuplier plus dur et plus serré. Gomme boisage courant dans les mines, le peuplier ne convient pas. Il en est de même du tilleul. On admet par contre dans les livraisons de perches de mines le saule, l'aulne et le tremble qu'on désigne plus particulièrement avec le frêne sous le nom de bois gris. Le saule et l'aulne sont légers, maniables et en même temps fibreux et résistants, ils se conservent bien dans
un milieu chaud el humide. L'acacia est assez rare dans le TS*ord de la France, il a fort bien réussi dans le boisage souterrain, surtout dans les régions sèches où la température csl élevée et où la ventilation est imparfaite. Le charme est généralement réservé pour le travail du tour auquel se prête la finesse de son grain; on en fait des modèles, des chapes de poulies, etc., il pèse 756 kilogrammes, l'acacia pèse de 717 à 820 kilogrammes.
Le charme est admis avec une certaine réserve dans les fournitures d'étais de mines, il est fibreux et résistant, mais il s'altère avec une extrême rapidité lorsqu'il est mis en dépôt sur un terrain frais, il devient alors d'une grande fragilité. Le bouleau, moins fibreux que le charme, s'altère, comme ce dernier, dans les dépôts et sur le parterre des coupes; son emploi est plus dangereux encore parce que sa décomposition est masquée par une écorce lisse et saine.
Je ne ferai que signaler les bois fins tels que le buis, le cormier, le merisier, le pommier et le poirier qui ne servent qu'au travail du tour pour former les pièces frottantes des machines, des cour^ sinets de tourillons et des dents d'engrenages.
En résumé, pour le boisage couitant des excavations, on se sert surtout, dans le Nord de la France et en Belgique, du chêne blanc mélangé d'un peu d essences plus tendres ; on se sert aussi du sapin en moindre quantité ; dans le Midi et dans le Centre, on a surtout recours au pin et au chêne vert.
Classlflcation des tiois employés dans le boisage courant.
Mode d*achat
181. Les bois destinés au soutènement des travaux souterrains sont achetés sous la forme de perches ou encore de rondins ou étançons sciés suivant des longueurs déterminées. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, les perches en chêne ou en bois gris (frêne, aulne, tremble, elc ) se rangent en quatre catégories : les
DOIZIKME LEÇON.
petites, les moyennes , les grosses et les grandes; celle classîflcation est basée sur la longueur des perches el leur circonférence mesurée au pelit bout et à i>",60 du pied. Ces quatre catégories se divisent elles-mêmes en six classes qu'on désigne par le nombre de coups de marteau ou de marques que reçoivent les perches lors de leur réception. Le tableau suivant indique pour chaque classe la longueur moyenne, la circonférence moyenne, le cube moyen, le nombre de perches au mètre cube, le prix moyen aux cent pièces et le prix correspondant du mètre cube; ces prix s'entendent des perches rendues à la mine, reconnues, triées el dressées par classes séparées, contre une charpenle grossière qu'on appelle gibet :
CIBCORFI
an pctU boa t.
du
pi««l.
Progrcasloa
par mètre
Clreonfé-
renea
au pl«tl.
DIMEN noyi
drconrë-
SIONS (onea
en longueur.
Cl'BE d'une perche.
QVkKTlTÉ
au mètre cube.
PftIS
do 100.
paix
de rerieat
du
mètre eaba
franea.
franea.