TRAVAUX D EXPLORATION ET DE RECHERCHE
B%. Il faut distinguer les travaux d'exploration qui permettent de constater simplement ré^istence d'un gisement, des travaux de recherche que l'on entreprend dans le but de déterminer si un gîte connu, d'une manière imparfaite, est susceptible d'une exploitation avantageuse.
S 1. — Travaux d'exploration.
61. La connaissance de la constitution géologique d'un pân la rencontre de fragments de minerais recueillis à la surface di sol^ sur les escarpements, sur les points dénudés, dans les pui dans les ravins ou le lit des ruisseaux, la constatation d'afOeui ments bien caractérisés, de haldes et de vestiges d'ancienQ* exploitations, enfin, le souvenir d'anciens travaux, dévoilé la tradition, peuvent fournir les indices qui déterminent mineur à courir les chances d'une exploration, c'est-à-dire Au étude plus positive et plus approfondie.
Dans cette élude, l'explorateur devra se souvenir que rexploitation est sœur de la géologie, et il devra faire appel à la connais sance qu'il a pu acquérir des terrains de la contrée qu'il parcouru il devra rechercher et distinguer les analogies, observer Yipt relatif des assises qu'il rencontre, la nature des rocher et h modifications qui ont pu altérer leur aspect minéralogique;!) reconnaîtra les aineurements des Qlons ou des couches à leurs caractères particuliers, il observera leur direction qu'il rapprochera de celle de gisements de même sorte connus dans le voisinage. La houille laissera à son affleurement une trace noirâtre de combustible impur se fondant avec les terrains encaissants mais cette observation n'est pas suffisante, et il y aura lieu de s a^ surer si ce combustible altéré par l'influence des agents atmosphériques, appartient au terrain houiUer, ou, si, au contraîn' c'est un lignite tertiaire ou crétacé, sans importance industrielle L'attention de l'explorateur sera d'ailleurs ordinairement appelé sur un affleurement par une dénivellation due à une résistant différente des roches encaissées et encaissantes à raction de agents atmosphériques.
Quand on parcourt ainsi une contrée dans un but industriel tous renseignements sont bons à recueillir auprès des géologue du voisinage, auprès des puisatiers du pays et des hommes spt
d'aux familiarisés avec la connaissance des terrains que Ton explore. Les tranchées, les carrières sont à visiter; enfin les roches recueillies dans le lit des torrents fourniront des indications précieuses sur les terrains situés en amont de la région qu'on parcourt.
Parmi ces roches, il en est quelques-unes, telles que le quartz, la baryte sulfatée, la chaux carbonatée, le spath-fluor, les pyrites, etc., qui sont les compagnes ordinaires de certains minerais et qui sont, par conséquent^ dignes d'une attention particulière. Les sources minérales donnent souvent aussi d'uliles indications et doivent éveiller, tout au moins, l'attention de Texplorateur.
Quant aux vestiges d'anciens travaux de. mines, ils doivent élre l'objet d'un examen attentif et les résultats des investigations auxquelles ils donnent lieu, soigneusement rapprochés des renseignements que fournit la tradition. Un explorateur sagace et consciencieux ne négligera à cet égard aucune observation; celles qui, au premier abord, paraîtraient futiles ont souvent une importance significative : c'est ainsi que bien des rujsseaux et des villages ont emprunté leur nom au souvenir d'une ancienne exploitation ou d'une industrie disparue. Par contre, il ne faut jamais se borner à enregistrer sans contrôle les indications que procure la tradition : on ne saurait trop se mettre en garde contre les récits légendaires ou simplement exagérés.
St. Quand on consulte ainsi la tradition ou les traces d'une ancienne industrie, il faut aussi tenir compte des conditions économiques dans lesquelles cette industrie a pu jadis s'exercer et ne pas conclure, à première vue, qu'un gisement autrefois exploité en partie peut être aujourd'hui l'objet d'une reprise d'exploitation dans des conditions favorables. Le contraire a malheureusement lieu dans un grand nombre de cas. Tel minerai dont les anciens ont pu tirer parti à cause d'un prix élevé obtenu pour la vente du métal, ou du bas prix de la main-d'œuvre, peut, dans les conditions différentes où l'on se trouve aujour-
d'hui.^ n'avoir aucune valeur industrielle. Il arrive, par contre, que la découverte de procédés métallurgiques perfectionnés, la création de voies de communications faciles, ou la construction d'usines métallurgiques dans le voisinage, permettent d'utiliser actuellement des minerais dont nos devanciers n'auraient pu tirer un parti avantageux. Il importe, en un mot, que l'explorateur qui rencontre un gisement, entamé par d'anciens travaux, se rende un juste compte des causes de son abandon et des conditions économiques qui seraient faites aujourd'hui à une nouvelle exploitation.
§ 2. — Travaux de recherche.
Fouilles superficielles, fenduei!, puits et galeries.
58. Pour apprécier sûrement la valeur industrielle d'un gise* ment, sa richesse, ses facilités d'exploitation, il faut généralement compléter, par des travaux de recherche, les premières investigations sommairement indiquées à l'article précédent; l'État n'accorde , du reste , à un explorateur la concession d'une mine que lorsqu'il est démontré, par un ensemble de travaux suffisants, que ce gisement est susceptible d'une exploitation avantageuse.
54. Lorsque le gite affleure, la première constatation à faire consiste à opérer des fouilles superficielles qui mettent les roches à nu et permettent de juger de la structure et de l'allure du gite. S'il s'agit, par exemple, d'un filon, on pratiquera une série de tranchées transversales (fig. 30, pi. III), qui permettront de reconnaître le gîte sur un certain nombre de points, de jalonner sa direction et de juger de son étendue.
La figure 30 représente une des fouilles que j'ai fait exécuter dans les environs de Segré (Maine-et-Loire), sur les affleurements de filons de fer oxydulé et de fer oligiste enclavés dans des bancs de quarfzites qui travcreent les schistes ardoisiers.
SS. Après celle première reconnaissance, par des tranchées transversales excculées sur les affleurements, on procédera à des recherches complémenlaires pour juger si le gisement se maintient en profondeur dans des conditions favorables. A cet effet, on peut, si Ton se trouve en pays accidenté, recouper le gisement par une galerie à travers bancs, et l'explorer ensuite en direction par une galerie d'allongement; on peut encore descendre dans le gîte par une voie inclinée ou fendue jusqu'au point où Ton juge à propos de faire une exploration en direction; on obtient ainsi des indications précises sur la manière dont le gisement se comporte dans le sens de Finclinaison; ce dernier moyen est du reste commandé quand on doit traverser, pour atteindre le gite vierge, de vieux travaux dont on ignore la profondeur. En6n, on peut aussi atteindre par un puits vertical la profondeur à laquelle on désire explorer le gite et le rejoindre par une galerie horizontale ouverte au bas du puits. Il va sans dire qu'on pourra, suivant les circonstances, combiner ces différents modes d'attaque dont le choix est lié à la nature du terrain à traverser, à l'économie du travail, à sa durée, aux difficultés d aérage ou d'épuisement, etc., etc.
La figure 31, planche in, représente, en coupe, une recherche exécutée dans les filons de la Boitellerie, près de Segré (Maine-et- Loire), sur un point où le minerai de fer oxydulé que renferment ces filons a été exploité en partie à l'époque de l'occupation romaine, comme l'attestent les médailles ainsi que les poteries romaines et gauloises recueillies dans les vieux travaux.
*«- Lorsque la tête du gîte est recouverte par des raorls-lerrains d'une épaisseur assez considérable, ou quand on veut explorer un gisement peu incliné à une certaine distance de son affleurement, on se décide quelquefois à l'atteindre directement par un puits si les terrains à traverser sont peu aquifères et si le creusement de ce puits peut se faire sans de grandes dépenses. Dans ce cas, la recherche aboutissant à une découverte sérieuse, le puits creusé pourra servir à l'exploitation ullérieure. Mais, en
général, on a recours à l'emploi préalable de la sonde : c'est un moyen économique et expéditif d'obtenir des notions assez précises sur l'épaisseur et la nature des morts-terrains, sur la puiy sance des filons et des couches et même, jusqu'à un certain point. sur le sens et l'importance de leur pendage. C'est le procédé de recherche que vous verrez employer partout dans les bassio> carbonifères du Nord et du Pas-de-Calais où les assises à traverser pour atteindre le terrain houiller sont très-aquifères et opposent des difficultés qui rendent le fonçage des puits fort long et trèscoùteux.