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Costume des chapelles papales

Le pape se rend aux chapelles qui se tiennent à la Sixtine dans son costume d'étiquette : il y ajoute l'étole, s'il doit sortir du palais apostolique.

Près de la salle des parements, est préparé un cabinet tendu de damas rouge, avec une table recouverte également de damas et sur laquelle est disposée la falda. Le majordome ôte le camauro^ et le cardinal premier-diacre l'étole. Un maître des cérémonies met à Sa Sainteté la falda, et aussitôt doux maîtres des cérémonies la soulèvent en avant, pendant que deux camériers secrets en tiennent la queue par derrière.

Ainsi vêtu, le pape se rend au lit des parements, grande table garnie de damas rouge, sur laquelle sont préparés tous les ornements, dans l'ordre où ils doivent être pris et recouverts d'un grand voile de la couleur du jour et brodé d'or.

Les deux cardinaux-diacres assistants enlèvent la mozelte au Saint-Père^ qui prend successivement les divers ornements que lui présentent à genoux les prélats Votants de la Signature, en qualité d'acolytes apostoliques^ seloa le privilège que leur a conféré une bulle d'Alexandre VII.

\!amict est en batiste fine, avec une croix brodée au milieu

que le pape baise avant de couvrir d'abord sa tête, puis le col de sa soutane, de ce linge bénit. Le pourtour est garni d'une fine dentelle, et deux rubans de soie blanche, terminés par des houppes d'or, permettent de l'attacher sur la poitrine.

Les deux cardinaux-diacres assistants mettent Vaube, également en batiste élégamment plissée, avec dentelle basse à la partie inférieure et aux manches.

Le cordon de soie blanche a pour ornement aux extrémités des fiocchi or et blanc.

L'étoie^ droite et pendante, est retenue sur les côtés par le cordon. Elle n'admet que trois couleurs : le blanc ou le rouge suivant la fête, le violet pour les temps de pénitence et aussi aux offices funèbres.

Le manteau est une longue chape brodée d'or, blanche ou rouge, terminée en arrière par une longue queue que doit tenir, quand le pape marche, le prince assistant au trône. Les armes sont brodées au bas des orfrois. La couleur rouge n'est pas seulement affectée aux fêtes de l'Esprit-Saint et des martyrs, mais aussi aux temps de pénitence et de deuil ; seulement, dans ce dernier cas, fétoffe et la broderie sont moins riches. Le rouge était, au moyen-âge, la couleur du deuil. Ce manteau, de même dimension que la falda, a l'avantage de grandir considérablement le Saint-Père, lorsqu'il se tient debout à son trône et d'augmenter ainsi sa majesté, comme l'a si bien rendu Horace Yernet dans son beau tableau de Pie VII tenant chapelle à la Sixtine.

Le manteau est fixé sur la poitrine par une agrafe de vermeil, sertie de pierres précieuses, ce qui lui a fait donner le nom de formale preciosum, La plus belle date de l'an 1739 et du pontificat de Benoît XIII. L'agrafe qui sert pour les temps de pénitence et de deuil, parce qu'elle est moins riche, est rehaussée de trois pommes de pin en perles fines et disposées en triangle.

Le pape, comme tous les évêques, se sert de trois mitres, La mitre précieuse^ ainsi nommée à cause des gemmes me-

lées à ses broderies, n*est plus en usage depuis le poatifieat de Pie VI. Cependant on la porte encore devant le pape aux cérémonies et, pendant tout le temps de l'office, elle demeure exposée sur l'autel, au coin de Tévangile. Par exception, Pie ÏX en a fait usage à la procession d'ouverture du Concile. La mitre usuelle est entièrement en drap d*or, avec galons d'or tout autour, franges de même aux fanons, et doublure de soie jaune. La mitre de drap d'argent, galonnée et frangée d*or, est réservée pour les cérémonies d'avent, de carême et des morts.

A certaines solennités, que le pape soit assis ou non sur la sedia, il prend la tiare au lieu de la mitre, mais il ne s'en sert que pour le défilé du cortège, aller et retour, et nullement pour la fonction elle-même.

Aux offices pontificaux, les tiares sont portées devant Sa Sainteté, puis déposées sur l'autel en avant des chandeliers, où elles font pendant aux mitres précieuses, les unes et les autres au nombre de trois.

La tiare la plus riche est celle que donna Napoléon I" à Pie VIÏ, en 1805. Elle pèse huit livres et est estimée 232,000 fr. Elle est couverte de saphirs, d'émeraudes, de rubis, de perles et de diamants. L'émeraude qui la surmonte, la plus belle connue, vaut seule 16,000 francs. Elle tomba comme butin aux mains de la République française par suite du traité do Tolentino, si onéreux pour le Saint-Siège.

La seconde tiare date du pontificat de Grégoire XVI. Elle est estimée environ 10, 000 francs et pèse trois livres. On y compte, outre les perles orientales, 146 pierres précieuses et onze diamants.

La troisième, de toutes la plus belle et la plus gracieuse, fut ofTerte en 1854 par la reine d'Espagne à Sa Sainteté Pie IX. Je l'ai minutieusement décrite en parlant ailleurs du trésor de la chapelle Sixtine. Pie IX l'a vendue au trésor pontifical et, avec l'argent qu'il en a retiré, a fondé à Rome le séminaire Pie, destiné à de hautes études ecclésiastiques pour les meilleurs sujets de l'État pontifical.

La quatrième tiare est un don de la garde palatine à Sa Sainteté Pie IX, à l'occasion de l'anniversaire de son couronnement en 1860. Elle a coûté 21,400 francs. Le pape, par reconnaissance, a établi un certain nombre de do ts en faveur des fiUes des soldats de sa garde.

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