LE CLERGÉ
1 . Le clergé a un costume à part qu'il convient de décrir e rcinntiensement, selon le type romain.
Les souliers sont plats, c'est-à-dire sans talon haut, découverts à l'empeigne et ornés de boucles d'argent. Aucun ecclésiastique ne porte des chaussures analogues à celles des
laïques, qui sont épaisses, montantes et de formes variées.
La soutane est ample et ne serre pas le corps. Elle semble d'une seule pièce, car elle n'est pas coupée à la taille. Les boutons, plus larges que les nôtres qui sont trop petits, sont recouverts de soie ou de laine et à tête ronde. Les manches ne se boutonnent pas, comme à une redingote, mais sont ouvertes et garnies de parements. Le col droit est découpé en avant, pour laisser voir le collet et le collaro. La queue étant un insigne prélatice, personne ne s'avise de l'usurper ^ ; la soutane se termine donc en rond.
La simarre ajoute à la soutane une petite pèlerine et des fausses manches.
La ceinture est à la fois un insigne et une marque d*infériorité. Insigne, elle est concédée par le S. Siège à quelques chapitres : les curés la portent de plein droit. Elle est alors en soie et avec glands. L'autre est en laine et frangée ; elle ne convient qu^aux séminaristes, lorsqu'ils en font usage. Le reste du clergé ne porte jamais de ceinture ; ceux qui y ont droit ne la prennent que pour sortir et la quittent chez eux.
La ceinture romaine est double et s^attache avec des cordons. Elle retombe, non pas en arrière ou sur le côté, mais en avant, un peu à gauche et ne descend guère plus bas que le genou. Elle est étroite et de la hauteur de la main environ.
Le col entoure le cou et sabaverole empêche de voir la chemise à l'échancrure. Il est recouvert d'un collet de toile blanche — uni et non brodé — qui rappelle le col de la chemise. Sa couleur est toujours noire, excepté pour ceux qui ont droit au violet, comme les prélats, ou qui l'ont obtenu par induit, comme certains chapitres, tels que Marine, Moulins, etc.
La calotte, de forme hémisphérique et à côtes, se fait eu drap ou en soie, jamais en velours, parce que le velours ap
1 « RAVENNATEN. — S. R. C. declaravit : Non licnisse, neqne licere canonico prœposito cathedralis RavennîE usum vestis lalaris cum cauda, ad instar praelatorum Romanœ Ciiriœ, etc.; ideoque usum pnndiefnm cidem proliibes^ t-iuiu esse censuit prout prohibuit. Hac die 17 Juu. lG7iJ. »
partient en propre au pape. Elle se termine par une petite boucle — non par une houppe — qui permet de la saisir et de la mettre ou de l'enlever aisément.
La barrette se fait en carton mince et se recouvre de mérinos. La doublure est noire comme le dessus, excepté pour les chanoines de basilique qui ont une doublure en soie amarante. Pour tous, elle n*a que trois cornes: le côté qui n''a pas de corne se place au-dessus de l'oreille gauche. La barrette à quatre cornes est l'insigne des docteurs et ne se prend que pour professer ou aux séances académiques *. Elle se termine par une petite houppe de soie, placée au milieu des cornes. La l)arrette romaine ne se plie pas et reste toujours ouverte en carré ; rien n'est disgracieux comme une barrette pliée en quatre.
Pour sortir, on prend un chapeau et un manteau.
Le chapeau est un tricorne, large et à angles saillants. La base de la coifTe est entourée d'un simple galon ou d'un petit cordon à glands, à volonté. En hiver, il est en feutre ; en été, en paille recouverte de mérinos ou de soie.
Le manteau, à large col et très ample, de façon à envelopper, se fait en mérinos. Les familiers de l'évêque ou du cardinal le portent en soie, lorsqu'ils sont en représentation.
Pour l'hiver, on se sert d'un grand manteau de drap, à col et rabat. Depuis quelques années, la douillette commence à faire partie du costume romain, quoique, dans le principe^ elle ait été défendue par le Vicariat.
Pour porter perruque à l'église, il faut une permission spéciale du Saint-Siège, qui exige que la tonsure y soit marquée.