LES CONFRÈRES
• 1. Les confréries se répartissent en deux classes distinctes, selon qu'elles ont ou n'ont pas le sac. Celles qui sont vêtues, pour me servir de l'expression technique, ont la préséance
sur celles qui ne le sont pas : même, elles peuvent seules, à cause de leur costume, intervenif dans les cérémonies religieuses et avoir une place particulière à l'église, en dehors du chœur.
2. Le costume des confrères ou pénitents, comme on dit en France, se compose invariablement : de souliers ecclésiastiques, avec ou sans boucles, c'est à dire découverts et sans talon haut ; de Bas noirs ; d'un sac en étoffe mince, de coton (lustrine, percale,) qui descend jusqu'aux, pieds (on a soin de relever le pantalon pour qu'on n'en voie pas les jambes) ; d'un cordon à houppes, semblable aux cordons d'aubes ; d'une pèlerine, boutonnée en avant ; d'une large ou médaillon, à l'effigie du patron ou aux armes de la confrérie, placée au côté gauche sur la poitrine ; d'un domino, espèce de capuchon pointu, percé de deux trous pour les yeux et qui pend en arrière, quand on ne l'a pas sur la figure ; pour les grandes processions, d'un chapeau plat à larges bords, noir ou blanc, selon la couleur du s^c. On le met sur la tète, pour se garantir du soleil ou de la pluie ; sinon, on l'attache derrière le dos. Le rabat de dentelle n'est pas usité partout.
En public, les confrères doivent avoir constamment le visage couvert : ils ne peuvent se découvrir que dans leur propre oratoire.
Toute broderie ou application d*or est interdite sur ce costume, qui sera toujours propre, mais simple.
3. Le costume est tout entier d'une seule couleur ou de deux couleurs, à volonté : tel est l'usage romain. Bicolore, il admet de la même couleur, d'une part, le sac, le cordon et le domino ; de Tautre, la pèlerine.
Yoici quelques exemples fournis par les confréries de Rome : Confrérie du S. Sacrement, à saint Sébastien : sac, cordon, capuchon blancs, targe du S. Sacrement. — Confrérie de la Conception, à sainte Marie in via lata : sac, cordon, capuchon blancs, chapeau noir, targe du Sacré Cœur de Jésus. — Confrérie du Carmel, à saint Chrysogone : sac, capuchon et rabat blancs, cordon et camail bruns, targe de la Vierge et de
S. Chrysogone. — Confrérie de sainte Marie de la Neige^ près le Colysée : sac, rabat et capuchon blancs, camail blanc bordé de rouge ; cordon rouge, targe à un calice et aux armes du chapitre de sainte Marie Majeure. — Confiserie de Jésus et de Marie^ à saint Nicolas in Arcione: pieds nus à sandales» sac, capuchon, cordon noirs, chapelet au côté, camail blanc, chapeau noir, targe des âmes du purgatoire. — Archiconfrérie du Saint-Sacrement et du Saint Nom de Dieu, aux SS. Celse et Julien : sac blanc, cordon jaune, pèlerine jaune, avec targe représentant le Saint-Sacrement, rabat blanc, capuchou blanc. — Université des sculpteurs et marbriers : sac rouge, pèlerine rouge à boutons bleus, avec une targe à l'effigie des patrons, cordon bleu, rabat blanc, capuchon rouge.
Le cardinal Orsini, dans le 26* synode diocésain de Bénévent, régla par un édit spécial la livrée des diverses confréries du diocèse, c'est à dire la pèlerine seulement, le sac devant toujours rester blanc, ainsi que le cordon : l'étendard et le voile ou laharum du crucifix suivirent la même règle. Ainsi il fut décidé qu'à l'avenir la confrérie du Saint-Sacrement prendrait le blanc, bordé de rouge ; celle du Rosaire, le noir avec bordure blanche ; celle des sept douleurs, le bleu d'ardoise ; celle des SS. prophètes, le vert ; celle des SS. apôtres, le rouge foncé ; celle des SS. martyrs, le rouge ; celle des SS. pontifes, le jaune; celle des SS. confesseurs, le cendré; celle des SS^'. vierges, le rose ; celle des morts, le noir.
4. Le mandataire, qui marche en tête des processions, a un costume particulier. Il porte souliers à boucles, bas blancs, culotte courte, grand gilet droit, habit de gala à col droit, avec targe, grand manteau à rabat et chapeau à claque. La culotte, le gilet, l'habit et le manteau soxit de la couleur ou des couleurs de la confrérie.
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