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LE SACRISTAIN

b ÔlfïÔM

1. Au sacristain est confié le soin de la sacristie et de Téglise. C'est donc un homme choisi, éprouvé, d'une probité reconnue, d'une aptitude spéciale et d'une activité intelligente. Dans les grandes égUses, deux sacristains ne sont pas de trop pour tout tenir en ordre et pourvoir aux besoins occurrents, de l'aurore au coucher du soleil. Un seul suffit habituellement ; à Rome, on le nomme le clerc de la paroisse. Il vit à l'église et y a «on logement attenant, qui ne doit pas s'étendre sur régîise elle-même ^

Cette habitude est bonne à conserver en France. Elle obUge remployé à une plus grande assiduité ; ouest toujours certain de le trouver, le cas échéant ; enfin, l'église elle-même est plus en sûreté contre les voleurs et les incendies. Ce logement, au

< « An liceat clericis seminarii habitare diu uoctuque et etiam dormire in domibus sedifîcatis super capellis dexterae navis ecclesise cathedralis, in quibus quotidieeelebratur? S. R. C. resp. : Non licere, sed omnino prohibendui*»- - (m Cajacen., U maii 1641.^

premier, est très-modeste, d'une pièce ou deux ts plus, mais suffisant pour une personne ; car, autant que possible^ \\ est préférable que le sacristain soit célibataire ou veuf et déjà«i'un £ertain âge.

2. Dans les grandes églises, au-dessus des sacristains laitues le Cérémonial des évêques établit un sacriste majeur, pris dans le clergé de l'église, chanoine lui-même ou placé sous la dépendance d'un ou deux chanoines chargés d'observer sa gestion. Ses devoirs ont été minutieusement décrits dans le Cérémonial * : il a la responsabilité de tout, doit ne rien laisser en souffrance, reçoit les aumônes des messes, les enregistre et veille à ce que les intentions soient fidèlement et promptement remplies. Ce poste ne peut pas se donner au premier venu, car il exige de la capacité et de l'activité tout ensemble, ainsi que de la fermeté et du zèle^.

' «Offîcium sacrislae ia singulis ecclesiis cathedralibus et collegiatis peruecessarium est : idcirco in sacristain eligendus est qui ad hujusmodi officium tideliter et streaue exercendum idoneus et aptus merito censeri possit. Assiv mendus autem est de gremio ipsius ecclesiaB vel aliunde, prout magis expedire videbitur, qui in sacerdotali ordine sit constitutus. (C^er, episc, lib. I, cap. VI, n. 1.)

Le doyen de Notre-Dame de Paris, le 4 février 1251, rendit une ordonnance par laquelle il instituait un prêtre sacriste dans l'église de S. Etienne des Grès, à Paris. Il détermine en même temps ses fonctions. <f Cum ecclesia S. Stephani de gressibus Parisiensis ad nos et ad ordinationem nostram immédiate pertineat, considérantes quod, ex defcctu non residentium canonicorum, et quianuUus est in eadem qui in claudendis et aperiendis ostiis pro loco et tempore, pulsandisque campanis, custodiendisque reliqjjiis, libris et ecclesiasticis ornamentis et rébus aliis curam gerat seu habeat capicerii^ gravera in spiritualibus et temporalibus sustineat lesionem, volentes ipsius ecclesie indempnitati providere, die super hoc a nobis speciaîiter assignata, ordiîiamus, volumus et statuimus, quod prebenda que modo vaccat in eadem ecclesia per decessum Johannis dicti de Yssiaco., presbiteri, de celero taJi conferatur qui sit ipso actu sacerdos, quem eciam capicerium esse volumus ecclesie supradicte; statuentes ut in eadem ecclesia continue l'eBideat, curamque habeat reliquias et libros nec non et ornamenta et vasa eccleaiastiea cvistoiliendi, claudendi et aperiendi ostia ipsius ecclesie, nec non et pulsandi campanas horis debitis et sLatutis,accendendi eciam lumiuaria, et alia faciendi que ad officium capicerii pertinere noscuntur. » (Guérard, Cartulaire de Notre- Dame de Paris, tom. II, p. 339, 440. ^

3 « Ad ipi-um (sacristam) spectabit eleemosynas quîE pro missis celebrandis tianlur, custodire et aduotare in libris sacristiee et inter illos ad quos spectat

3. Le cardinal Orsini^ le 9 novembre 1700, publia un édit à l'effet d'instruire les sacristains de leurs devoirs. Je n'en donne ici que Tabrégé :

Le sacristain lira, la veille au soir, attentivement le calendrier pour le lendemain et préparera les ornements et tout ce qui est nécessaire pour les messes.

11 remplira d'eau la fontaine, ayant soin qu'elle ne serve pas aux laïques.

Il ne fera pas sonner les cloches avant l'aurore.

Il ne permettra pas qu'aucun prêtre célèbre avant l'aurore, ce qui ne doit pas s'entendre physice^ mais mor aliter : pour cela on se conformera au calendrier diocésain.

Le sacristain prendra le surplis et ne le quittera plus, sinon les messes terminées.

Les jours de fêtes d'obligation, il restera à l'église jusqu'au départ du peuple et veillera à ce qu'il y. ait toujours quel- '^u'un prêt à donner la communion.

Il fera sortir les messes deux à deux et, au besoin, les servira plutôt que de les laisser servir par des laïques.

Aucun laïque ne devra entrer à la sacristie et surtout y rester.

On doit observer à la sacristie un silence absolu.

Il veillera à l'accomplissement des charges qui incombent aux chapelains pour les messes.

Il renouvèlera souvent les linges sacrés et nettoiera les vases sacrés.

Les nappes se changeront tous les huit jours et les sousnappes tous les quinze jours.

4. Nous avons du même archevêque de Bénévent un règlement général sur les devoirs des sacristains. Le résumé de ce long document suffira :

Tous les jours :

Le matin, il faut nettoyer avec un balai les marches des

distribuere. Habeatur tabella in qua descriptap sint missse et anniversaria infra annum statutis diebus celebranda, ut omni exacta diligentia benefactorum intentioiii satistiat. ■» (Cser. ep., lib. I, cap. yi, n. 1.)

autels et avec un plumeau les gradins, les crédences, les baiuslrades, le chœur et les stalles.

Enlever les housses qui couvrent les autels et passer légè • rement sur les nappes un plumeau, qui ne serve qu'à cet usage. Après la messe^ épousseter les nappes, secouer les housses pour en *iter la poussière et en couvrir les autels.

Après midi, purifier et essuyer les calices et palènes et les préparer pour le lendemain.

Etendre les purificatoires sur une corde pour les faire sécher. Brosser les burettes qui servent tous les jours aux messes. Si le temps est humide, faire sécher au feu les maniiterges. Enlever la cire et la poussière aux chandeliers qui sont employés tous les jours. Nettoyer et essuyer les burettes, bassins et cuvettes qui servent pour les messes.

Toutes les semaines :

Le samedi matin, on doit purifier les ciboires et renouveler les hosties, après en avoir détaché avec soin les fragments.

Nettoyer exactement le tabernacle, où Ton conserve le Saint-Sacrement, avec le plumeau qui sert pour les nappes des autels.

Le samedi, après midi, on doit changer les purificatoires qui ont servi tous les jours;

Les essuie-mains qui servent à la sacristie.

Battre et nettoyer les housses pour enlever la poussière.

Renouveler l'eau bénite, verser l'ancienne dans la piscine et nettoyer le bénitier de l'église.

Nettoyer les croix, chandeliers et autres ornements qui restent continuellement sur l'autel.

Les cloches en verre qui servent tous les jours (pour couvrir différents objets, fleurs, etc.)

Le lavoir de la sacristie.

La cassette ou Ton crache et en renouveler la chaux au besoin.

Enlever avec une raclette la boue qui s'attache au pavé. Balayer l'église, le chœur, les chapelles, le portique, la sacris»

tie, en humectant d'abord le sol avec un arrosoir percé de petits trous.

Après avoir balayé, enlever la poussière avec une serviette ou un plumeau à tous les autels, crédences, balustrades, grilles, agenouilloirs, portes et armoires de la sacristie.

Ouvrir le baptistère, pendant que la porte de l'église est fermée ; le laisser ouvert au moins une heure, surtout s'il fait beau temps.

Faire les hosties, en ayant soin qu'elles n'aient aucun défaut ; quand elles sont faites, oindre d*huile les deux côtés du fer, y mettre entre une feuille de papier, rejoindre les deux CQstés et nettoyer l'extérieur.

Tous les quinze jours :

Le samedi après midi, retourner les nappes des autels et changer les amicts qui servent to^/3 les jours, ainsi que les surplis affectés aux clercs.

Laver légèrement à l'eau tiède les calices et patènes qui sont employés tous les jours, ce qui se fera par un ecclésiastique dans les ordres sacrés.

Tous les mois :

Changer les nappes d'autei, les corporaux, les aubes et cordons dont on fait usage chaque jour et les nappes de communion pour les laïques.

Nettoyer les lampes de cuivre et les éteignoirs avec lesquels on éteint les cierges ;

Toute la partie intérieure de l'église, chapelles, sacristie, portique, aussi haut que peut atteindre un homme avec un plumeau placé au bout d'une perche ; nettoyer de même les fenêtres et les recoins tant de l'église que de la sacristie.

Racler la boue qui s'est attachée au pavé, déplacer les ha acs et marche-pieds et les nettoyer de tous côtés.

Balayer avec soin toute l'église, le portique et Ja sacristie.

Après avoir balayé, enlever la poussière du tabernacle, des autels, croix, crédences, etc.; de môme dans toute l'église et au clocher.

Tous les trois mois :

(changer les nappes de dessous des autels.

Tous les six mois :

Une fois avant Noël et une autre avant la Pentecôte, aprèf avoir couvert les autels et les images, nettoyer avec le plus grand soin toute l'église, le portique, la sacristie et le clocher, en commençant par la voùle ou le plafond ; les colonnes ou pilastres, les murs intérieurs et extérieurs, la façade et aussi les bénitiers, la piscine, le baptistère, le ciborium, les gradins, les crédences, balustrades, chaire, confessionnaux, chœur, lutrins, bras de lumière, grilles, âge-* nouilloirs, tableaux, pavé, sacristie, portique ; laver avec soin les vitres. »

Dans ce nettoyage général, il faut laver, racler, enlever tout ce qui est superflu ou nuisible, mais avec les instrumenls spéciaux et l'aide d'ouvriers experts.

En même temps, laver (dans le vase qui sert pour les corporaux et purificatoires) les calices, et patènes avec du savon et les laisser au plus un quart d'heure ; puis les laver avec soin à l'eau chaude, se servant d*un pinceau pour mieux enlever le savon, surtout dans les endroits ciselés. Verser l'eau et le savon dans la piscine et bien purifier le vase dans lequel on les a lavés ; ce qui devra se faire, chaque fois qu'on agira ainsi et tout cela par un ecclésiastique dans les ordres sacrés.

En plus, nettoyer exactement les croix, chandeliers, statues, bras de lumière, tableaux, armoires de la sacristie, faisant en sorte de ne rien gâter.

La veille et après les fêtes d'obligation :

Après midi, la veille d'une fête, changer les devants d'autel.

Balayer toute l'église, ce qui se fera encore le lendemain matin.

Souvent :

Enlever la cire et la poussière sur les tapis et linges qu'on étend sur le pavé, les marches et les sièges, tant à l'église qu'à la sacristie ; leu? ff^tm prendre l'air, les battre et les brosser.

Ouvrir les fenêtres de Téglise et de la sacristie, quand le temps est sec et serein ;

Les armoires et buffets où l'on conserve le linge et les or*nements, afm qu'ils prennent l'air.

Exposer au grand air, mais jamais au soleil, les ornements ^^ui servent rarement ; cela se fera aux mois de janvier, mai et septembre.

Nettoyer les armoires où l'on conserve les ornements.

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