LE BALAYAGE
1. Pour le balayage et neitovage, l'église sera munie des objets indispensables : balais, arrosoirs, ramasse-poussière, gros plumeaux, plumeaux flus^ tètes de loup, chiffons de laine et de linge pour frotter.
Le meilleur modo de balayage est celui usité à Rome, parce qu'il rend au Wibre son éclat et ne fait pas de poussière :il consiste à mouiller de la sciure de bois et à la jeter sur le pavé. Il faut eu conséquence une grande caisse pour contenir la sciure, et une autre cassette portative pour la répandre.
2. Le cardinal Orsini était, avec raison, très-sévère sur cet ar* ticle, comme le témoignent les procès-verbaux de ses visites.On raconte de lui cette anecdote : Trouvant dans son arcbi-diocèse de Bénévent une église malpropre^ il prit aussitôt un balai et balaya lui-même, eu répétant : a Duc de Gravina, prince Orsini, archevêque, cardinal de la Sainte Église et pourtant devenu sacristain! »
3. C'est Benoit XIII qui va nous dire en détail quand et comment il faut balayer et nettoyer. Au bosoin,j'éclairerai son texte de quelques notes. Le chapitre est intitulé : Du nettoyage et de la propreté des églises et de leurs annexes.
« 1. Deux fois Tau, avant Noël et avant la Pentecôte *, on nettoiera avec le plus grand soin l'église entière, y compris le chœur, les chapelles, le clocher et la sacristie. Pour cela on couvrira d'abord les autels et on voilera les tableaux et autres
1 Une ordonnance du chapitre de Paris, en date du 25 juin 1328, prescrit de nettoyer Téglise trois ou quatre fois par au avec des perches et constate en Ultime temps la nt^gligence de ceux qui en étaient chargés : a Item, ter vel qualer in anno, debent luundare ecclesiam per terram, et a terra superiiis, quantum uuus famulus poterit attingere de una magna pertica, lam parietes quam piilaria, hoatia et treillias chori et capellarum ejusdem ecclesie ; et in capelliâ dicte ecclesie similiter debent immundicias, in quantum potest dicluR famulus cum dicta perticA attingere, facere removeri. Et de hoc nibil faciunt, sed sunt totaliter négligentes. » (^Guérard, Curtuiaire de Notre-Dame de PariSf tom, UI, p. 418 J
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peintures. On enlèvera la poussière, les toiles d'araignées et toute autre malpropreté^ du haut en bas et de tous côtés, sans oublier la toiture, le plafond ou la voûte, les colonnes ou piliers, les murs à l'intérieur et aussi les murs extérieurs, surtout la façade, s'il y a quelques sculptures où s'amasse la poussière. Dans ce but on se sert des instruments employés par les ouvriers experts, prenant garde spécialement aux sculptures, qu'on nettoiera avec précaution à Taido de pinceaux mous ou do balais de jonc. Si quelqu'endroit était mutilé, altéré, taché ou noirci, il faudrait ou Manehir ou refaire cette partie, sans attendre que le mal augmente. On fera surtout attention à la toiture, dont le désordre est souvent aussi grave que peu apparent. Dans les campagnes principalement, la boue qui s'attache au pavé ne pouvant pas ordinairement s'enlever complètement avec le balai, on aura soin, deux fois Tan, de se servir d^une raclette de fer avec laquelle ou fera disparaître aussi toutes les autres taches, telles que la cire, l'huile, etc. Les nids d'hirondelles seront impitoyablement détruits, car ils portent un préjudice réel aux sculptures.
«2. Dans ce nettoyage général figureront aussi les bénitiers, les piscines, les marches, balustrades, pierres sépulcrales, bases des colonnes ou piliers, lavoirs, en un mot tous les objets en marbre ou en pierre ; de même tout ce qui est en bois ou en fer, couvercle du baptistère, lutrins, gradins des autels, sièges, pupitres, bras des lampes, armoires de toute sorte, coffres, bancs, agenouilloirs, chancels etaujres choses analogues, tant à l'église qu'aux chapelles et à la sacristie.
« Pour cela on procédera de la manière suivante : Les objets eu pierre se frotteront avec du sable et de l'eau, s'ils sont rugueux et non unis; avec de la cendre et de Tenu, s'ils sont nuis ; avec de la poudre de briques, pilée très-menu, et un morceau d'étoffe, s'ils sont polis et luisants. Une fois lavés et polis, on les essuiera soigneusement. Les objets en bois se frotteront bien avec du drap, dans lequel on aura préalablement renfermé le fruit de la noix ; mais s'ils étaient peints^ on se contenterait d'en enlever la poussière et de frotter avec
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le drap. Les grilles ou autres objets de feri pour reste brillants, au cas où il n'y aurait pas de peinture, se pdliroit avec un morceau de drap, après que la poussière aura.élt ôtée ; s'il s'agissait d'ornements en cuivre, on prenduit In précautions indiquées plus bas pour ce métal.
(c 3. Dans les églises paroissiales, le même mode de mItoyage à Tintérieur, tant pour Téglise que pour les chapdli j et la sacristie, s'observera scrupuleusement, une fms tov \ les deux mois, mais seulement dans les parties à la poilil ' de la main derhomme,debout ou muni d'un balai attaché à ■ roseau ou à une longue perche, ou même à plusieurs peicii liées ensemble, de façon à pouvoir les raccourcir on les aUif ger à volonté selon le besoin, surtout pour nettojrer lesan^ Et si le clocher est fait en forme de tour, on nettoiera la voHi à l'étage inférieur.
ce 4. Les vitres dos fenêtres, une fois également tooi ki deux mois, se nettoieront soigneusement avec un balai dsfO* seau ou même avec une éponge imbibée d'eau. On Int m sorte qu'en temps opportun les fenêtres soient tenues oowifli afin de faire sodir les mauvaises odeurs et de parer aux ioeoBvénîents qu'engendre l'air renfermé. »
Les vitraux coloriés s'époussètent simplement ; ilestreeonti que la poussière, fixée par l'eau au dehors, leur donne dei tons plus doux à l'œil et plus foncés. Si les verres étaieol blancs, la propreté exigerait qu'on les lavât, de temps es temps, à grande eau.
Ouvrir les fenêtres par les temps secs a l'immense avanti^ d'assécher Tédiflce, surtout s'il est humide et salpêtre ; à ^o^ dinaire, il est bon de renouveler Tair, viciit par le luminaire, l'encens et le séjour plus ou moins prolongé d'un grand nombre de personnes.
« 5. Le pavé de Téglise, outre ce nettoyage général, Ut veille des fêtes d'obligation, sera balayé dans l'après-midi, avant que l'on change les parements, s'il y a Ueu. De même, on balaiera le mat in , le lendemain des fêtes et quand il y en aplusieon de suite et grand concours de peuple à l'église, tous les jours,
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mais le soir seulement, à porto eloso. Régulièrement, on balaierai aa moins une fois la semaine^ le pavé de la sacristie, isk chœur et surtout des chapelles, ayant soin d'enlever les bancs, afin de nettoyer dessous, ainsi que sous les marches des autels. Chaque fois qu'on balaie, afin que la poussière ne nonte pas, il faut jeter de Teau goutte à goutte au moyen J'un vase percé de trous. De plus^ il faut employer des balais un peu miples et non grossiers ni rudes, qui pourraient gâter le taré, surtout s'il était en marbre. Au besoin, on raclera avec un lAdoir la boue qui s'y serait attachée. »
En règle générale, on balaiera chaque fois qu'en raison d'une fête ou d*une solennité extraordinaire, toute la popula- Bon sera convoquée à l'église. Les meilleurs balais, pour les parqaets et les pavés de luxe^ sont en crin ; ailleurs, on se eontentera de balais de jonc.
« 6. Régulièrement, quand le pavé aura été balayé, il faudra épousseler toutes les choses sur lesquelles a pu tomber la poussière on autre saleté ; pour cela on emploiera des queues de renard ou des plumeaux, ou une pièce de laine ou de grosse toile, mais souple. Celte opération se fera, une fois le mois» avec la plus grande attention, dès que l'église aura été balayée. »
Actuellement les queues de renard ne sont plus guère usilées qu'en Italie; les petits balais en jonc léger ou les plumeaux, en plume de coq, sont aussi avantageux. La laine pour firotter les meubles et boiseries, convient mieux que le linge qui n'est bon que vieux, parce qu'alors il est mou, mais qui a rinconvéuient de plucher^ c'est-à-dire de laisser un peu partout de petits fils blancs.
« T. Conformément aux instructions do notre glorieux maître saint Charles, quelques recteurs plus soigneux, afin qu'on ne salisse pas le pavé, placent dans le chœur et la sacristie des cassettes remplies de chaux, où Ton crache. Tous les huit jours, on les flrottora avec une grosse étoQ'e et lorsqu'il en sera besoin, on renouvellera la chaux. »
Je sois l'ennemi déclaré des crachoirs, qui sont répugnants
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à rœil. CependoDi, si on tient absolument* qu'on les garnisse de sciure de bois et qu'on les monisse à*an eeavtide. Le plus simple serait de cracher dans son mouchoir» eirb faire sur le pavé est souverainement inconvenant.
(c 8. La place et le portique^ s'il y en a un devant Viffitib^ se balaieront et se nettoieront exactement la veille des ftlai d'obligation. Souvent on examinera les murs extérieurs^ ifla qu'il n'y pousse pas de lierre, qu'il n'y ait pas d'inunosdieai | et que la pluie coule toujours librement. Et chaque fus qa'oi aura balayé l'église^ le portique ou quelqu'autre partiOt quaki balayures ne s'entassent pas ni sous le portique, ni près dtf murailles et encore moins dans quelque coin de l'église on è la sacristie. Après les avoir recueillies dans un ramasse-pooisière ou cassette,ou les transportera dans un endroit éloigaé. •
Il impoi'te de veiller à l'écoulement des eaux pour qu'elki . ne pourrissent pas TédlÛce, comme aussi de ne pas laissor crot- i tre sur les murailles des plantes parasites, qui dégradant h maçonnerie et entretiennent l'humidité. On arrachera l'harto ^^ sur la place, si elle est pavée.
« 9. Aux deux jours désignés pour le nettoyage général, les autels seront entièrement dépouillés; on ôtera mémeltf gradins jusqu'au soir, aflu qu'ils aient le bénéfice de l'air. Pendant ce temps^ on nettoiera très-exactement chaque partie, y compris le tabernacle, si c'est le maitre-autel, le tableau avec ses ornements, le baldaquin, le dessous du gradin et la fenêtre aux burettes, ainsi que les annexes de l'autel. A cet eifet, on emploiera des queues de renard et de petits balais en roseau ou en paille de riz. Si on trouve alors quelque partie du massif ou de la table de l'autel qui soit gâtée, brisée ou tachée, on la fera réparer et blanchir. Si l'autel est consacré, on ne lèvera pas la toile cirée étendue sur la table, car on ne peut la toucher par respect pour le saint chrême dont elle est ointe ; il suffira d'épousseter légèrement et avec précaution cette lolle avec un petit balai ailecté à cet usage. On observera la même chose pour les autels portatifs. En outre^ chaque fois que l'on changera les nappes et les parements, la
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table de Tautel sera épousselée avec les précautions voulues. De plus^ chaque jour, les messes termiuées, avant de mettre la housse, on nettoiera légèrement les nappes, avec un petit balai en paille de riz, spécialement affecté à cette destination. De même, avant d'étendre la housse, on la secouera quelque peu et on enlèvera la cire ou autre malpropreté^ s'il y en avait. Le ^oaarchepied de Tautel sera balayé tous les jours ou tout au moins quand on doit y célébrer. Tous les huit jours, renfoncement où se placent les burettes sera nettoyé avec diligence. »
11 importe beaucoup à la décence queles nappes et la couverture de l'autel ne soient pas salies par la poussière. Les souliers apportent souvent sur le marchepied des grains de sable qui blessent quand on s'agenouille.
« 10. La propreté^ en somme, doit être partout, mais plus qu'ailleurs à Tautel, à cause du saint sacrifice qui s'y offre et parce que tout dans Téglise lui est subordonné. Le recteur, qui a plusieurs ministres à sa disposition, pourra, dans ce but, pratiquer ce que saint Philippe Néri recommandait à ses enfants, à savoir que chaque autel soit gardé et nettoyé par un prêtre ou un clerc de la congrégation, d'où résultent dans les églises de l'Oratoire, pour Tédiûcation générale, la beauté et la propreté, ce qui contribue puissamment à l'honneur du culte divin. On peut répartir le soin des autels, comme de toute antre chose, surtout en ce qui requiert plus d'attention que de fatigue, entre les clercs, sous-diacres, diacres et prêtres. »
L'éloge des Oratoriens est toujours mérité. Leur grande église est incontestablement une des mieux tenues de Rome.
a 14. Le tabernable, où se conserve le Saint-Sacrement, se nettoiera scrupuleusement tous les huit jours tout autour, avec le petit balai de paille de riz, réservé pour l'autel.
« 12. Les lampes dont on fait continuellement usage se laveront tous les quinze jours : on emploie pour cela du son et de l'eau chaude. L'huile d'olive se changera souvent, ainsi qne l'eau qui est dessous. Pour les allumer, on aura, suivant l'babitude, un instrument en fer tordu avec des mouchettes.
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Relativement aux mèches, au lieu de cotou, on aura avantage à employer des petites mèches cirées et très-fines, car elles sont plus propres et donnent plus de clarté. Le recteur veillera principalement sur Thomme chargé des lampes, afin qu'il n'essuie pas ses doigts sur les murs ou sur le pavé, ce qui est abominablement indécent, mais sur une guenille qu'il portera avec lui.
« 13. On aura particulièrement soin des fonts baptismaux. Comme Teau, continuellement renfermée, non-seulement prend une mauvaise odeur, mais encore engendre des malpropretés et des vers, il sera nécessaire que le couvercle des fonts soit ouvert, au moins une fois la semaine, quoiqu'on le fasse souvent pour baptiser, et qu'on le laisse ainsi quelque temps, les portes de Téglise fermées ; on ôtera alors tout ce qu'il y aurait do malpropre et on nettoiera partout avec un petit balai destiné à cet usage. Quand on renouvelle entièrement Teau, on nettoiera très-exactement avec une éponge et même avec la pierre ponce, tant dedans que dehors. Les vases des saintes huiles seront très-proprement teuus et soigneusement nettoyés chaque fois qu^on devra y mettre les saintes huiles nouvelles. S'ils sont en étaio^ ou les nettoiera avec du son et de Teau chaude ; on fora de même pour les trois ampoules des saintes huiles, chaque fois qu'on les enverra remplir, comme aussi pour le vase do rextrême-onction. Le sel se renouvellera souvent et, au besoin, on le fera sécher au soleil ou au feu. On changera fréquemment le manteau ou bonnet que l'on met aux enfants, à titre de vêtement blanc, car il doit toujours être propre et blanc. Enfin, tous les mois, on lavera à l'eau chaude, la jetant ensuite dans la piscine^ la cuiller avec laquelle se verse Teau baptismale et le bassin qui la reçoit.
((14. Les bénitiers seront toujours exactement propres et nets. Tous les samedis, ou changera Teau ; on jettera Tancîenn*^ dans la piscine, car il ne serait pas convenable delà répandre à terre. Après avoir bien vidé le vase, on le frotte, une fois ou deux, avec une éponge et, le cas échéant, avec la pierre ponce pour Tapproprier encore mieux. On observera la
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même règle et dans lo même temps pour le lavoir de la sacristie. »