Costume de télu
L'évêque nommé par le gouvernement, avant sa préconisation, n'a droit à aucun costume particulier. Il faut donc renoncer à la ceinture à glands verts, que Rome n'admet pas.
L'élu, dès qu'il a été préconisé en consistoire, s'habille comme Tévèque sacré, à ces différences près qu'il ne porte ni la croix pectorale ni l'anneau et qu'à l'église il a droit seulement au rocliet et au mantelet, la cappa et la mozette ne convenant qu'à Tévêquo dans son diocèse. L'anneau et la mitre ne hii seront remis officiellement que le jour de son sacre.
S'il se trouvait à Rome, le rochet lui serait imposé par le pape. Voici comment se fait cette cérémonie: Après le consistoire secret, le pape ayant déposé l'étole consistoriale et la falda pour prendre la mozette, va s'asseoir sur le trône, dans la salle de ce nom. A ses côtés se tiennent le majordome, le maître delà chambre, le premier maître des cérémonies, ainsi que d'autres dignitaires de la cour et de l'antichambre. Les évêques nouvellement préconisés sont dans la salle voisine, dite de la garde noble, vêtus de la soutane, de la ceinture et de la mantelletta violettes. Un maître des cérémonies entre, tenant un rochet sur le bras et annonce : M^^ Nvêque élu deX>^ lequel fait les trois génuflexions d'usage et vient baiser le pied du Saint-Père. Les deux maîtres de cérémonie enlèvent
SUR L£ COSTUKE ECCLÉSIASTIQUE. 543
à Vévêque agenouillé la mantelletta et remettent le rochet au pape, qui aidé de son majordome et de son maître de chambre, impose à Télu le nouveau vêtement. Les autres évêques ayant tour à tour accompli le même cérémonial et reçu aussi le rochet, se rangent à la droite du trône, et Sa Sainteté leur adresse une brève allocution. Ces paroles dites, le pape donne la bénédiction apostolique aux évêques.
En sortant du palais, les nouveaux évêques, conduits par le maître des cérémonies, se rendent chez le cardinal premier diacre, lequel, assis sur le trône, reçoit leur serment de fidélité au Saint-Siège^ serment qu'ils vont prononcer une seconde fois entre les mains du cardinal vice chancelier de TEgliso Romaine, après avoir vénéré les reliques des apôtres Pierre et Paul dans la basilique Yaticane. Leur dernière visite est pour S. Em. le cardinal doyen.
3; Costume ordinaire
Le costume que nous allons décrire, ainsi que les suivants, concerne indistinctement les difierents ordres de la hiérarchie épiscopale, tels que les patriarches et primats, les archevêques et les évêques.
Les évêques portent habituellement dans leur palais des souliers noirs à boucles d*or, des bas violets, une simarre noire à boutons, boutonnières, passe-poils et doublure de soie amarante ; la croix pectorale en or, suspendue à une chaîne de même métal * ; l'anneau avec pierre précieuse au chaton ■
A La croix est un usage moderne dans l'Eglise : aussi le Cérémonial des évêques n'en parle-t-il pas. Un manuscrit de la Bibliothèque nationale de P&r ris, écrit au siècle dernier et consacré à des consultations canoniques, en rapporte ainsi l'origine : « C'est un usage particulier à la France que les évéqueft portent la croix avec leur habit ordinaire. U n*y a mCme été introduit qu'au commencement du siècle dernier. Un évêque ayant été maltraité à une porte du Louvre par ceux qui avaient ordre de la garder, Henri IV dit aux évêques de porter une croix qui p(it faire connaître leur dignité, afin qu'un pareil ^ddent n'arrivât point. »
> La semaine liturgique du diocèse de Poitiers^ dans son no dn 14 Janvieiç
et un cercle de brillants ; le col violet, r econvert en partie par un collet de toile blanche et enQn la calotte violette ^ .
La soutane est en drap, Tbiver et en mérinos, l'été.
S'ils font une visite sans cérémonie, ou sortent simplement en ville, ils ajoutent à ce costume une ceinture violette, frangée de la même couleur, un large manteau de soie violette et un chapeau entouré d'un cordon vert. En hiver, pour se préserver du froide ils se couvrent les épaules d'un manteau en drap noir ou violet, à volonté.
Le costume d'étiquette ne diffère du précédent que par la soutane sans queue, qui remplace )a simarre.