‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 31 sur 234 · LES ANNEXES · texte numérisé non relu

LES ANNEXES

l.Uno salle de sacristie est généralement insuffisante pour une grande église et un nombreux clergé. Il faut donc de toute manière lui créer des annexes. Une construction parallèle, au flanc nord, peut être une ressource. En tout cas, voici ce que je requiers en plus : un caveau, une décharge et un vestiaire. Comme je 1 ai déjà insinué, un trésor^ dans certaines églises, devrait être constitué au premier étage et Ton y garderait les objets les plus précieux, vases sacrés, ornements, bijoux, etc.

2. Le caveau peut n'être qu'un sous-sol peu profond. Il se divisera en doux compartiments : un obscur, fermant à clef et destiné au vin de la messe. On ne saurait prendre trop de précautions pour Tempêcher d'aigrir, et qu'il ne soit bu par des indiscrets. La provision étant faite pour Tannée, après la récolte, il convient de le mettre en bouteille^ afin qu'il se con*

serve mieux. Dans le second caveau, on reléguera une petite quantité de charbon pour l'encensement, les balais et autres ustensiles do propreté, les échelles, les bois qui ne servent que rarement^ etc. Je ne saurais trop insister pour qu'on adopte en France le système usité à Rome relativement aux échelles : elles n'encombrent pas par leur longueur démesurée, qui n'est pas non plus un obstacle à leur maniement. Elles sont de moyenne hauteur, avec un barreau débordant à la partie supérieure : sur les côtés de ce barreau s'appuient, au moyen d'une entaille, les montants d'une seconde échelle, disposée elle-même pour en recevoir une troisième et ainsi de suite. Cet emboîtement se fait successivement et surplace: les manœuvres romains y montrent une grande dextérité.

3. La décharge est plus à la portée de la main que le caveau. Elle sera de deux sortes : dans Tune s'empileront les chaises et les bancs ; dans l'autre s'accumulera le gros matériel, tapis de pied, charpente du dais, chandeliers funèbres, catafalque, brancard des morts, etc. Je connais une cathédrale où tout Tappaf cil mortuaire reste en permanance au fond d'un bas côté : quel spectacle choquant et comme il prouve peu de soin et de goût !

4. Le vestiaire est une création assez récente. Avant la révolution, les chanoines de Poitiers s'habillaient dans la nef à des armoires plaquées contre les colonnes : on est étonné de voir, à la métropole do Toulouse, subsister encore quelque chose d'analogue. Deux vestiaires sont nécessaires, Tun pour le clergé, l'autre pour le bas chœur.

Chaque chanoine a droit à une petite armoire, longue et étroite, fermant à clef. On peut l'établir ainsi : à la porte en dehors, ou fixe un porto-manteau et deux au moins en dedans ; en bas, un tiroir garde les chaussures de rechange ; à mi hauteur, un autre tiroir plus petit, pour serrer des papiers ou linges d'église, est recouvert d'une tablette sur laquelle on pourra poser les insignes plies, rochet, mozette, etc., à moins qu'on ne préfère les tenu* suspendus ; enfin, tout au

'"-^^-^i^iSiir I r.

haut, uoe dernière tablette pour les livres nécessaires à rofiBce divin.

Chaque armoire est marquée d'un numéro spécial pour éviter les confusions.

n en sera de même dans le second vestiaire^ affecté aux sacristains, chantres, enfants de chœur et autres gens de service, aûn qu'ils aient où poser leurs effets laïques, quand ils doivent revêtir un costume propre à l'église et conserver celui-ci en bon état pour les diverses fonctions dans lesquelles ils figureront.

Page 1