LA CHANOINIE
1. La chanoinie, en italien canonica, est T habitation commune des chanoines. Saint Pierre et sainte Marie Majeure en sont pourvus, mais leurs appartements restent déserts, à cause de l'éloignement de la ville.
2. La vie en commun n'est plus possible pour des séculiers ; mais on pourrait, sans désavantage^ revenir à Tidée romaine^ qui est très pratique^ en offrant à chaque chanoine, dans un même édifice commun à tous, un appartement complet et distinct.
3. Â la frise du cloître de saint Jean de Latran, qui remonte an ziii* siècle, se lit cette belle inscription en vers, un peu mutilée actuellement et bien faite pour remémorer aux cha-
* Voir sur les puits dans les églises : Revue de Fart chrét 1873, p. 312 ; iSTS, t n, p. 88 ^ Corblet, Hagiogr. du dioc. (f Amiens, L Ul, p. 578. — BuUet. A ém 8oe. arch. de la Charente, 1868, p. 523.
noines leurs devoirs et leur genre de vie modeste et retirée :
(( Canonicam formam sumentes, discite normam
Quam promisistis, hoc claustrum quando petistis .
Discite sic esse tria vobis adesse necesse :
Nil proprium, morem castum, servando pudorem.
Claustri structura sit vobis docta figura
Ut sic clarescant animas moresque nitescant
Et stabiliantur animo qui canonicantur
Ut conjunguntur lapidosque sic poUiuntur. »
Le musée lapidaire de Poitiers possède une inscription da xn" siècle qui a été arrachée au linteau de la porte de l'escalier par lequel les chanoines de sainte Radegonde montaient à leur dortoir commun. Elle se compose de deux vers rimant ensemble. Les chanoines invoquent le Christ sous le titre du jour par excellence et ils lui demandent, non-seulement de les gouverner, mais aussi de les éclairer. Le commencement a disparu, mais non de manière à altérer le sens.
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4. La difficulté pour un chanoine de se loger près de l'église où il doit passer une partie de sa journée, rend de plus en plus indispensable, par un moyen ou un autre, de rétablir les chanoinies ou tout au moins d'avoir des maisons canoniales qui se transmettent des uns aux autres. A Aix-la-Chapelle, le chapitre s'est constitué, dans toute la longueur d'une rue, une vraie ehanoinie avec autant déniaisons distinctes, mais toutes uniformes, qu'il y a de chanoines.
Nous n*en sommes pas là encore en France, mais nous y viendrons, surtout si les chanoines, en mourant, veulent bien faire quelque legs à leur église.
Qu'on revienne alors à l'ancien usage en plaçant à la façade de la maison l'image du saint qui donne son nom à la prébende : il faut que la religion sanctiQe tous nos actes.
LES DÉPENDANXES. 183