‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 69 sur 234 · XXII · texte numérisé non relu

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* « Statuit sancta Synodus nemini licere ulio in loco vel ecclesia, eUam ({uomodo libet exempta, ullam insolitam ponere Tel ponendam carare imagioem» nisi ab episcopo approbata fuerit. » {Concil, Trid,, sess. xxr.)

Au besoin, on pourrait y établir une chapelle, mais sans caractère public et pour Tusage exclusif des personnes qui y liabitent. Si les prêtres étaient nombreux, il ne s'ensuivrait pas qu*on pût ériger, à son gré, divers oratoires pour leur donner iàcUité d'y célébrer, n'y en eût-il qu'un ou deux. Pour cela, un induit spécial serait nécessaire.

De même les chapelles de congrégations, dans les collèges et pensions, peuvent servir aux réunions, mais non à la célébration de la messe.

Le lieu est désigné au dehors par une double inscription, indicative et pieuse ; on peut y ajouter l'image du saint tutélaire.

2. Parmi les lieux pies, nous comprenons encore les chemins de croix extérieurs, les calvaires et les croix de carrefours.

A Rome, il n'est pas rare do voir le chemin de croix disposé BUT la pente d'une colline et aboutissant à une église : ainsi, a saint Bonaventure sur le Palatin et à saint Pierre in Montorio. Les stations forment autant d'édicules détachés et l'on passe ainsi de Tun à l'autre en gravissant la colline.

Les croix se placent généralement aux carrefours, là où deux voies se coupent en croix ou en des endroits notables. Elles rappellent tantôt une mission, tantôt un souvenir pieux. Elles affectent trois formes : la croix simple, le cruciflx et le calvaire.

Que la croix ait toujours pour base un ou trois degrés. Là le

voyageur s'agenouillera pour prier ou, fatigué, se reposera.

Au soubassement, on fera bien de ménager une place pour une

inscription qui nommera le donateur et réclamera du passant

une petite prière en sa faveur. Ainsi faisait-on jadis.

Dans les campagnes, ces croix servent souvent de but de station aux processions et alors le soubassement s'élargit en manière d'autel, qui, à l'occasion, se garnit de bouquets de fleiurs.

La croix la plus simple est en bois, peint en rouge. Par^ fois, on y ^oute les instruments de la Passion. Elle est plus

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durable en pierre ; alors on y sculpte le Christ et l'addition de la Vierge, de saint Jean et des autres personnages qui flgiH rèrent à la mort du Sauveur, la transforme en calvaire.

Les croix de mission porteront avec elles leur date, pour que le souvenir de la grâce reçue ne se perde pas dans le pays. Comme elles sont élevées aux frais de tous, elles compop* tent une ornementation plus soignée et un aspect plus monnmental. On n'oubliera pas qu'elles sont indulgenciées.

£n Allemagne, les croix de carrefours sont généralement abritées par des arbres qui les ombragent de leur feuillage épais. L'orme convient surtout à cet endroit, car il est à la fois élancé et couronné par un dôme de verdure fort gracieux. Un seul redira ce qu'est la croix : un arbre noble, sans égal dans nos foréls^ comme chante Fortunat. Trois arbres rappelleront la Sainte-Trinité, qui a toute entière coopéré an mystère de la Rédemption : le Père, en laissant immoler son Fils; le Fils, en prenant un corps; le Saint-Esprit, en sanctiflant le soin de Marie.

Los réguliers ne peuvent, sans Tautorisation de TOrdînaire, planter une croix hors de leur cloître, même sur un terrain qui leur appartient*.

3. Les lieux pies, surtout ceux qui servent au culte, en raison même de leur destination, exigent qu'on les traite avec respect et décence. Ainsi, il serait inconvenant de danser sur la place qui les précède, de faire d'un calvaire une promenade et un lieu de repos, etc.

La vente d'objets de piété, qu'elle soit habituelle ou limitée à certains jours de grande affluence, ne doit pas se faire ailleurs qu'aux abords, porche, place ou marches du lieu pie, jamais à Tintérienr. A moins de cas extraordinaires, elle ne

« « MONTIS 1»0LITIANI. — S. 11. C, ad preces canoniconim et capitolî Montis Politiuni declaravit : Fratribns Minor. Observant. Reformat. S. Francisci Don licere, vsine licentia ordinarii, portare procesaioualiter cmcem, illaimpie Iienediccre, et plantarc extra eomui claustrum, etiam in fundo et rc propria, iieque bencdicere liabitus Baccrdotales clericorum et personamm non subjectarnni. Hac die 18 septembris 1666. »

80 compliquera pas de la vente de comestibles ou d'objets profanes, comme Jouets d'enfants, etc.

La police du lieu appartient directement au recteur, qui tiendra la main à ce qu'il ne se produise jamais aucun écart aux convenances, et qui veillera à ce que la sainteté du lieu ne soit pas méconnue et oubliée.

4. Canoniquement^ le mot lieux pies a une grande extension. Reiffenstuel les définit : a Quaecumque loca, ad charitatis,. misericordiae vel religionis opéra aliumve pium usum destinata, dummodo authoritate episcopi sint ereeta » {Jîis eanonic. univers., lib. III, tit. xxxvi, n. 2.)

Dans ces lieux, même non érigés par l'évêque, Térection d'oratoires appartient de plein droit à l'Ordinaire. Telle est la décision de la S. C. du Concile qui, le 27 mars 1847^ a déclaré que la réserve du concile de Trente ne leur était pas applicable K

Cette règle s'applique aux écoles et pensionnats qui sont dans les conditions voulues pour être considérés comme lieux religieux.

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