‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églises, selon les règles canoniques et les traditions romaines, avec un appendice sur le costume ecclésiastiqueChapitre 141 sur 244 · CHAPITRE II l’exposition · texte numérisé non relu

CHAPITRE II l’exposition

1. Le corps est immédiatement lavé à l’eau chaude, dans laquelle entrent du vin et des herbes aromatiques, afin d’éloigner la mauvaise odeur. Si Eon procédait à l’embaumemeut, les entrailles seraient portées de suite au cimetière, sans cérémonie.

2. Le corps lavé, on le rase, puis on l’habille complètement. On rafraîchit la tonsure aux ecclésiastiques.

Les laïques sont vêtus de leurs habits ordinaires, y compris : les chaussures, afin, dit Guillaume Durant, qu’ils se montrent prêts à paraître devant Dieu, au grand jour du jugement2.

S’ils ont fait partie d’une confrérie, souvent ils demandent ! à être ensevelis avec leurs insignes.

Les clercs sont en soutane et surplis, les sous-diacres en tunique, les diacres en dalmatique et les prêtres en chasuble, comme s’ils devaient monter à l’autel, c’est-à-dire entièrement

i « la congregatione habita die 14 augusti 1835, Emi Patres (S. C. Ep.

et Reg.) censuerunt dandam esse ecclesiasticam sepulturam et ad meu-

tem : et mens est quod sepultura ecclesiastica concedatur nocturno tempore absque funebri pompa et absque funeris celebratione. Et facta de præmissis relione SSmo Dno Nostro, Sanctitas sua decretum S. G. benigne confirmavit.»

a « Ut per boc ipsos esse paratos ad judicium repræsententur. » (Hat. div offic., lib. VII, cap. 35, n. 41.)

parés. Leurs ornements sont de couleur violette et ils ont la barrette sur la tête 1 .

Quelleque soit leur dignité, les chanoines ne sont pas parés de leurs insignes, mais exclusivement de l’ornement correspondant à leur ordre ; toutefois la Congrégation des Rites a permis de leur mettre au bras gauche l’aumusse, s’ils en font usage, mais a défendu de les revêtir du pluvial2.

La même Congrégation, par un décret rendu pour Todi en 1846, tolère l’usage de mettre un calice aux mains du prêtre, pourvu que ce ne soit pas un calice consacré ; on en fait pour cela, comme au moyen-âge, en cuivre ou en plomb.

Les bras sont croisés sur la poitrine ou les mains tiennent une petite croix 3.

Les enfants sont couronnés de fleurs, en signé de candeur et virginité 4 et habillés en blanc.

L’évêque est vêtu pontificalement et coiffé de la mitre blanche5.

1 « Sacerdos, aut cujusvis ordinis clericus defunctus, vestibus suis quotidianis communibus usque ad talarem vestern inclusive, tum desuper sacro vestitu sacerdotali vel clericali, quem ordinis sui ratio deposcit, indui debet. Saceidos quidem super talarem vestem amictu, alba, cingulo, manipule, stola et casula seu planeta violacea sit indutus. Diaconus vero induatur amictu, alba, cingulo, manipulo, stola super humerum sinistrum, quæ sub axilla dextera annectatur et dalmatica violacea. Subdiaconus autem amictu, alba, cingulo, manipulo et tunicella. Alii præterea inferiorum ordinum clerici superpelliceo supra vestem talarem ornari debent, singuli prædicti cum tonsura ac biretis suis. » (Rit. Rom.)

2 « MAZARIEN. — Cum S. R. C. innotuerit in oppido Drepani, diœcesis Ma- . zarien., quemdam irrepsisse abusum, nempe collocandi cadavera archipresbyterorum defunctorum, occasione funerum, induta pluviali in sede, secus vero in feretro, ut præscribit Rituale Romacum ; S. eadem C. rescripsit : Non licere, et servetur Rituale Romanum. Die 21 Aprilis 1736. »

3« Corpus de more honeste compositum, loco decenti cum lumine collocetur, ac parva crux super pectus inter manus defuncti ponatur; aut ubi crux desit, manus in modum crucis componantur. » (Rit. Rom.)

4 « Cum infans vel puer baptizatus defunctus fuerit ante usum rationis, induitur juxta ætatem et imponitur ei corona de floribus seu de herbis aromaticis et odoriferis, in signum integritatis carnis, et virginitatis. » (Rit. Rom.)

5 « Cubicularii vero, et familiares ipsius episcopi defuncti corpus ejus aqua calida cum vino et herbis odoriferis lavabunt et mundabunt ; et si heredibus videbitur, poterit etiam aperiri et aromatibus condiri, quo casu intestina ejus statim sepeliantur in ecclesia. Sed licet corpus non aperiatur, omnino agen-

3. L’exposition se fait sur un drap étendu à terre ou, s’il s’agit d’un ecclésiastique ou d’un grand personnage, sur une table disposée en pente, recouverte d’un drap et soutenue par deux tréteaux. La tête est exhaussée à l’aide d’oreillers. Pour l’évêque, la table est rembourrée d’un matelas, couverte en noir et flanquée de quatre torches.

Autour du corps sont placés des cierges allumés : deux suffisent ordinairement, un à la tête et un aux pieds, ou même un seul. En avant, est un vase plein d’eau bénite, avec un rameau vert pour asperger le défunt : pour l’évêque ou le cardinal, on ajoute aux pieds le chapeau vert ou rouge et sur une petite table deux chandeliers, le bénitier et le rituel pour l’absoute.

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