‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églises, selon les règles canoniques et les traditions romaines, avec un appendice sur le costume ecclésiastiqueChapitre 52 sur 244 · EAM · texte numérisé non relu

EAM

ALTISSIMVS

Les prisons, comme au vicariat de Rome, seront situées en mansarde : il faut que le détenu n’y soit pas malheureux et qu’il jouisse à la fois de l’air et de la lumière. Cependant, afin qu'il ne communique pas avec le dehors, sa fenêtre est grillée d’un treillis. On ne le prive ni de papier pour écrire ni de livres pour méditer, s’instruire ou se distraire.

3. Le vicariat, la chancellerie et le tribunal forment, à Bénévent, une aile entière de l’archevêché.

La salle d’audience de Mgr le vicaire-général (le titre de Mgr appartient de droit à ce premier fonctionnaire de la cour épiscopale, dans toute l’Italie) a pour complément une salle d'attente, où se tiennent les curseurs et un cabinet, où travaille le secrétaire.

La salle des jugements précède la chancellerie. Au fond se dresse le tribunal, de chaque côté les bancs du ministère public et du greffier. Le plafond est égayé de rosaces et la bordure d’une série de paysages qui alternent avec l’écusson du cardinal Orsini, encadré dans un pallium. La décoration la plus vraie est celle qui rappelle aux juges leur devoir par cette sentence, extraite des œuvres de saint Jérôme et parfaitement appropriée à la destination du local :

PRIVSQVAM AVDJAS NE IVDICAYERIS QVEMQVAM D. HIERON :

DE SEPT : ECGL.

GRADIBVS

LES DÉPENDANCES

Ne pas condamner quelqu'un sans l’entendre préalablement, pour avoir sa justification ou recueillir les aveux qui confirment sa culpabilité, est un de ces axiomes de droit qu'il semble inutile de rappeler et surtout de mettre en évidence. Et pourtant que de jugements précipités, que de sentences in soutenables si l’on ne prend cette précaution élémentaire, qui n’enlève pas le coupable au châtiment, mais ne fait que retarder sa peine ! L’Écriture a raison de conseiller la lenteur quand il s’agit de faire sentir à un inférieur l’effet d’une colère même motivée : Tardas ad iram\

4. La chapelle particulière, qui ne sert qu’à l’évêque et où le S. Sacrement n’est pas conservé, a un autel, semblable à ceux déjà décrits pour les chapelles latérales de l’église ; plus un coffre pour les ornements et un prie-dieu avec fauteuil pour la préparation et l'action de grâces. Cet agenouilloir est revêtu, selon le temps, d’une couverture verte ou violette (rouge ou violette pour un cardinal) ; on le place soit au milieu, soit sur un des côtés, où souvent il gêne moins.

11 convient que, comme décoration, on y peigne les saints évêques du diocèse, ainsi qu’on le voit à Bénévent.

La croix archiépiscopale se conserve à demeure dans cette chapelle, à la droite de l’autel, si l’Ordinaire est archevêque ; mais rien n’autorise à faire parader ni la croix ni la crosse sous un dais, en quelqu’autre endroit que ce soit.

fi. L’appartement personnel exige une bibliothèque et un bureau de travail, une chambre à coucher et un cabinet.

6. La représentation requiert trois pièces : un vestibule, une salle du trône et une grande salle.

Au vestibule, les portières sont armoriées et sur un des côtés on élève l’espèce d’autel fait pour honorer l’écusson épiscopal. Cet autel comporte : une crédence vide, garnie de laine verte ; un gradin, peint en vert,avec les armes aux deux bouts ; un dossier vert et armorié. Les cardinaux tendent tout en rouge et ajoutent un dais.

A côté pend un coussin et l’ombrelle, de couleur verte ou 1 Epist. S. Jacobi, i, 19.

violette suivant le temps et rouge ou violette pour un cardinal.

Au salon d’honneur, le trône se compose d’un tapis, d’un fauteuil qu’on retourne tant que l'évêque n’y siège pas ; d’un dossier et d’un dais ; le tout en laine verte pour l’évêque et en soie rouge pour le cardinal qui, en plus, pend le portrait du pape au dossier et tend le salon entier de damas rouge.

La grande salle, dite aula maxima , est nécessaire pour la tenue des conciles provinciaux et des synodes, certains actes solennels, comme réunions, assemblées diverses, mandatum , etc. On pourrait encore l'utiliser fort agréablement pour des concerts spirituels. Benoît XIII, qui a su penser à tout, a fait de la grande salle de Bénévent, un type achevé, auquel je prends ses trois traits principaux : la vie des évêques, leurs portraits et la carte du diocèse.

A la partie supérieure, sous la voûte, l’écusson porté par chaque évêque est accompagné d’une petite légende latine qui raconte en quelques lignes les dates et les œuvres de son épiscopat. Ces deux cordons tiennent peu de place, mais offrent un puissant intérêt.

Au milieu de la muraille vient la série des portraits.

Enfin, sur la paroi du fond, s’étale la double carte géographique de la province ecclésiastique et de l’archi-diocèse.

A Bari, j’ai observé la même ornementation, seulement les cartes géographiques sont de création toute récente. Faites avec beaucoup de goût, elles ne sont pas sèches comme celles de nos atlas, mais pittoresquement mouvementées et imagées. C’est un vaste paysage, avec ses montagnes, ses vallées, ses cours d’eau, ses chemins de communication, ses villes et villages. L’une donne la province ecclésiastique de Bari, telle qu’elle était autrefois, avec ses sièges nombreux : il n’en reste plus que deux actuellement , les autres ayant été supprimés. La seconde carte est consacrée à une vue générale de l’archi-diocèse, dans son étendue actuelle.

7- Un évêché est ordinairement assez vaste pour pouvoir donner une ou deux salles à un musée diocésain, où prendront place successivement toutes les vieilles choses hors

LES DÉPENDANCES

d’usage, qui sont exposées à se perdre dans les églises et qui, groupées ensemble, forment un appoint considérable à l’histoire diocésaine. Les évêques ne sauraient trop encourager de pareilles institutions. En cinq ans, j'ai pu fonder le musée ecclésiologique du diocèse d’Angers et l’enrichir de trois mille objets, la plupart curieux, sinon précieux.

8. Lorsqu’il y a une mense attachée à l'évêché, les réparations du palais sont à la charge de l’Ordinaire qui, selon le droit ancien, est tenu d’y consacrer le quart de son revenu1.

9. A l’occasion de la pose de la première pierre de l’évêché de Limoges, l’inscription suivante a été gravée en 1766 sur une plaque de cuivre :

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