FEUILLES D’EUCALYPTUS
On emploie depuis quelques années les feuilles de VEucahjptus Globulm Lab., plante originaire d’Australie, mais qui réussit bien dans les parties chaudes de l’ancien monde et qu’on cultive actuellement en abondance en Algérie.
Cet arbre, qui peut rapidement atteindre des dimensions considérables, est couvert de feuilles de deux formes très-distinctes. Les rameaux jeunes portent des feuilles opposées (/?^. 84), sessiles, larges à la base; les rameaux plus âgés ont des feuilles alternes assez longuement pétiolées, falciformes, beaucoup plus
j76 feuilles. — ItOSACÉES.
coriaces. On recueille ces feuilles surtout dans les mois d été et on nous les envoie desséchées.
Les feuilles de la première forme {fig. 85), c’est-à-dire sessiles et opposées sur la tige, sont très-largement ovales, subcordi-
Fig. 65.
formes, étroitement échancrées à la base, courtement acuminées au sommet, à bords entiers, réfléchis en dessous de manière à former une bordure très-étroite, saillante. Les dimensions varient de 8 à 15 centimètres de long sur 4 à 8 de large. La couleur est d’un vert jaunâtre sur les feuilles âgées et déjà coriaces ; d’un vert blanchâtre, avec des teintes bleuâtres sur les feuilles plus jeunes, beaucoup moins raides. Toutes sont marquées d’une forte nervure médiane, large et saillante sur les
Ftg. 84. — Feuilles d’Eucalyplus attaehées sur la tige jeune. Fùj. 8b. — Feuille sessile d’Eucalyptus détachée de la tige.
FEUILLES d’eucalyptus.
deux faces, mais particulièrement à la face inférieure. De nombreuses nervures secondaires s’en détachent sous des an-
gles variables; elles vont directement jusqu’auprès du bord de la feuille, et se divisent là en branches anastomotiques, parallèles aux bords et qui par leur ensemble forment une ligne qui court en ondulant tout le long de ces bords. Des ramiGcalions de ces nervures forment sur les deux faces un réseau saillant à mailles lâches. Le parenchyme tout entier de ces feuilles est rempli de glandes à oléo-résine, qui, surtout sur les jeunes feuilles, rendent le tissu ponctué, et qu’on voit saillir en grand nombre particulièrement sur la face inférieure. Un exsudation pruineuse, blanchâtre, se fait souvent remarquer sur les jeunes feuilles.
La seconde forme des feuilles d'Eucalyptus (^ff. 86) est parfaitement caractérisée par la longueur de ces feuilles et leur pétiole plus ou moins développé atteignant 3 centimètres de long. Lelimhe qui lui fait suite est d’ordinaire falciforme, oblique à la base, recourbé, d’une longueur de lo à 20 centimètres sur une largeur de 4 centimè-
tres environ dans sa partie élargie. La couleur est d’un vert jaunâtre sur les deux faces, qui sont en outre tachetés de points nombreux, de couleur brunâtre, correspondant à autant de glandes saillantes à la surface de la feuille. La nervure médiane suit la courbure du limbe. Les nervures secondaires s’en détachent sous un angle beaucoup plus aigu que dans les autres feuilles,