FLEURS D’ARNICA
Flores Arnicœ.
L’Arnica {Arnica montana L.), dont nous avons déjà décrit les feuilles (page 188), donne aussi à la matière médicale ses capitules, qui dans les droguiers présentent les caractères suivants :
Capitules grands, formés d’un involucre campanulé, à folioles lancéolées-aiguës, imbriquées sur deux rangs et au nombre de 18 à 20, et d’un réceptacle nu, garni de fleurs jaunes, en languettes h la circonférence, tubuleuses sur le disque. Les bractées de l’involucre sont couvertes de poils, dont les plus courts, de couleur brune, se terminent par une glande visqueuse. Les fleurs ligulées n’ont pas d’étamines développées ; leur limbe est oblong, tridenté, long de 2 centimètres environ, marcj[ué de 9 à 10 nervures. Les fleurs du centre sont beaucoup plus courtes. Leur calice est couronné par une aigrette de couleur
FLEURS d’arnica.
blanchâtre, formée par une seule rangée de longs poils roides, couverts de petites barbes rudes. Les akènes sont bruns, hérissés, munis de côtes.
L’odeur des fleurs sèches d’Arnica est douce et agréable; la saveur fortement aromatique et amère. On en extrait une petite quantité (1 à 2 pour 1000) d’huile essentielle (cette huile est plus abondante dans les fleurs fraîches) ; une matière résineuse, une substance amère nommée arnicine (1 pour 100); du tannin, etc.
On recommande dans certaines Pharmacopées de retrancher des capitules d’Arnica l’involucre et le réceptacle {flores Arnicœ sine receptaculis) parce que ces parties logent très-souvent un insecte de la famille des Muscidées, le Trypeta arnicimra, Lov. Cette précaution a l’inconvénient de supprimer des parties qui possèdent au plus haut degré l’amertume de la plante et qui doivent par conséquent contribuer beaucoup à l’activité du médicament. Il vaut donc mieux ne pas s’y astreindre et se borner à surveiller les fleurs d’Arnica et les cribler fréquemment pour les préserver contre les insectes qui peuvent les attaquer.
La présence d’une aigrette dans toutes les fleurs et la disposition des poils de celte aigrette sur une seule rangée distinguent les fleurs d’Arnica de celles des Doronicum, qu’on leur a substituées quelquefois ; ces derniers n’ont pas d’aigrettes aux fleurs de la circonférence et l’aigrette des akènes du disque a plusieurs rangées de poils.
Il est aussi toujours facile de reconnaître, au milieu des fleurs d’Arnica, celles des Ccdendula officinalis, L. et de V Anthémis tinctorial., qui sont dépourvues d’aigrettes. — Vlnula britannica a des languettes marquées seulement de 4 nervures. — Quant aux capitules des Ghicoracées, Scorzonera, Tragopogon, Ihjpochœris, on les distingue immédiatement à ce que toutes leurs fleurs sont en languettes.
Nous devons ajouter que l’odeur de l’Arnica ne se retrouve
DES FLEURS
COMPOSÉES
dans aucune des fleurs avec lesquelles on pourrait le confondre.