NOIX VOMIQUE
Nuces Yomicœ. Semen Strijchni.
Les î\oix Tomiques sont les semences du Strychnos ISux vomica L., arbre des Indes Orientales, croissant sur les côtes de Coromandel et de Malabar, à Ceylan, à Siam et en Cochinchine.
Ces graines, telles qu’elles nous arrivent dans le commerce, sont très-faciles à reconnaître â leur forme extérieure et au velouté particulier de leur surface. Elles sont aplaties, circulaires, formant une sorte de disque de 2 à 2,3 cent, de diamètre sur une épaisseur d’environ 3 millim., à bord obtus sur toute la circonférence. Les deux faces sont généralement, l’une plane ou un peu concave, et l’autre légèrement convexe. Elles sont revêtues d’une pubescence de couleur gris-jaunâtre qui leur donne un toucher particulier assez doux, et un éclat soyeux. Ces poils semblent rayonner autour d’un point cen-
(l) Les noms de ces diverses soi’tes commerciales ont pu correspondre autrefois à leur provenance géographique, mais actuellement ils répondent simplement à des formes, qui peuvent être obtenues dans la môme localité par un simple triage. Une môme branche de caféier peut en effet donner des graines qui présentent les caractères de ces trois types. Quand un fruit est petit, qu’une de ses graines avorte, ce qui arrive souvent à l’extrémité de la branche, l’autre graine s’arrondit par sa face ventrale, qui n’a pas trouvé d’obstacle à son développement et ressemble alors au Moka. Quand, au contraire, le fruit est gros, que les deux graines sont bien développées, elles s’aplatissent par les faces qui sont en regard et prennent l’aspect du Martinique.
DES GRAINES
LOGANIACÉES.
Irai marqué sur chacune des faces : ils sont inclinés vers le bord où les poils des deux faces arrivent à s’entre-croiser. En outre, la face convexe est marquée d’un petit bourrelet déprimé en son milieu, d’où part une traînée légèrement saillante, rapbé qui aboulit à un petit tubercule très-évident sur la circonférence. On a beaucoup discuté sur la signification de ces deux petits bourrelets : pour les uns, le point central est le bile, et le point inférieur la cbalaze. 01. Berg paraît avoir bien établi que c’est, au contraire, le point central qui est la cbalaze, le bile étant sur la circonférence.
Si on ouvre la Noix vomique, on trouve au-dessous de la surface un albumen d’apparence cornée, d’une amertume extrême. Cet albumen laisse en son milieu une large cavité disciforme; il est donc comme formé de deux disques dont les bords seraient intimement soudés entre eux, tandis que les parties centrales laisseraient entre elles un vide d’un large diamètre. Au point correspondant au tubercule de la circonférence, on trouve un embryon très-marqué, formé d’une petite radicule cylindrique, et de deux cotylédons minces, foliacés, cordiformes, marqués de 5 à 9 petites nervures longitudinales.
Les poils qui couvrent la surface de la Noix vomique ont une structure singulière. Ils sont formés d’une grande cellule qui, à sa base, a la forme d’une sorte d’ampoule, se rétrécissant brusquement en une partie cylindrique, coudée à angle plus ou moins cblus sur la portion élargie et terminée par un sommet arrondi. Les parois de celte cellule sont épaissies et marquées sur la partie basilaire de sortes de fentes transparentes en spirale ; sur la partie rétrécie et cylindrique, les épaississements de la paroi forment des sortes de cannelures régulières, comme de petits cylindriques, placés parallèlement les uns aux autres dans le sens longitudinal.
Au-dessous de ces poils, se trouve une mince couche formée de cellules très-fortement aplaties, de couleur foncée, qui ne sont autre chose que le tégument de la graine. On voit au-dessous