‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 450 sur 580 · RACINE DE BRYONE · texte numérisé non relu

RACINE DE BRYONE

Racine de Couleuvrée ou de Vigne blanche. — Radix Bri/oniœ seu Vitis albœ seu üvœ anguinæ.

La Racine de Rryone est fournie en France par la Bryonïa dioica Jacq.,, plante commune dans nos haies. Une autre espèce de Bryone qui croît dans les parties septentrionales et orientales de l’Europe, le Bryonia alba L., donne des racines analogues et fournit, dans certains pays, une partie de la racine de Bryone des pharmacies.

La Bryone, telle qu’elle existe chez nous, provient de racines grosses, fusiformes, cju’on a coupées en rouelles et desséchées. Les morceaux ainsi préparés ont une hauteur de un demi à 1 centimètre, un diamèlre variable, qui peut atteindre 7 à 8 centimètres. La surface latérale est jaunâtre, formée d’un suber qui se détache facilement des portions sous-jacentes, sillonnée dans le sens longitudinal et marquée parfois d’une impression transversale. Les deux faces horizontales sont d’un blanc un peu jaunâtre, parcourues à la fois de stries concentriques et de nombreuses lignes saillantes rayonnant du centre ù la périphérie.

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Une examen atlentif montre au-dessous d’un suber mince une écorce peu épaisse, de 2 à 3 millimètres, séparée par une ligne de cambium de la zone centrale. Celle-ci, rpii représente les couches ligneuses, est formée d’un grand nombre de faisceaux fibro-vasculaires à vaisseaux rayés, répandus avec une assez grande régularité dans un parenchyme cellulaire. Ces vaisseaux forment à la fois des séries radiales, qui se traduisent à l’œil par des lignes saillantes sur les deux faces de la racine, et des lignes circulaires et concentriques placées à la distance de 1 à 2 lignes les unes des autres, 11 n’y a pas de moelle distincte au centre de la racine. Le parenchyme abondant, au milieu duquel sont placés les faisceaux vasculaires, contient dans ses cellules une certaine quantité de fécule à grains arrondis et très-petits.

La saveur de la racine Bryone est très -amère. Cette amertume est due à un principe particulier auquel on a donné le nom de Bnjonine, et dont l’étude n’est pas encore tout à fait complète On y trouve en outre de la résine, de la gomme et de la fécule.

La racine du Bryonia alha L., qu’on a nommée Bryone noire, Vigne noire, rappelle beaucoup celle de la Bryone dioïque, et a les mêmes propriétés. Elle est plus rugueuse et plus brune sur sa surface latérale, plus colorée en jaune à l’intérieur.

OMBELLIFÈRES

Les Racines d’Ombellifères, qui sont utilisées comme médicaments, présentent toutes un certain nombre de caractères communs, qui les font facilement reconnaître. Ces racines sont en général peu ligneuses, même dans la zone centrale. Parfois elles sont même tout à fait spongieuses, soit simplement dans l’écorce, soit à la fois dans l’écorce et le bois. Ce fait tient nonseulement t\ la laxité des tissus eux-mêmes, mais aussi à la résorption de certaines parties.

En outre les racines officinales d’Ombellifères ont toutes une odeur plus ou moins marquée, qui, dans le plus grand nombre,

OMbELLlFÈRES.

se rapproche de celle de l’Angélique, et en même temps une saveur parfois simplement âcre et piquante, le plus souvent à la fois piquante et aromatique. Cette odeur et cette saveur sont surtout dues à la présence d’une matière oléo-résineuse, qui donne aux racines leurs propriétés et qu'il est facile de voir soit à l’œil nu, soit à la loupe, dans l’écorce de ces racines.

Quant aux caractères de structure ils peuvent se résumer ainsi ; La racine montre toujours, nettement séparées l’une de l’autre par une légère couche cambiale : une écorce d’une épaisseur souvent considérable, une zone centrale plus ou moins poreuse.

L’écorce contient, au-dessous d’une mince couche subéreuse, un parenchyme d’une épaisseur peu considérable, souvent trèsspongieux et une zone interne très-développée, zone libérienne qui est surtout caractéristique. Ces couches du liber sont formées de faisceaux fibreux, le plus souvent nettement séparés par des rayons médullaires et composés soit tout simplement de cellules allongées dans le sens vertical, soit de véritables cellules libériennes terminées en biseau. Dans tous les cas, ces cellules ont des parois très-minces et non incrustées. C’est au milieu de ce tissu libérien que se trouvent les glandes oléo -résineuses, qui sont de véritables réservoirs ou lacunes de dimensions variables, à contour arrondi sur la coupe transversale, fusiforme ou largement oblong sur la coupe longitudinale, pouvant atteindre 1 millimètre de longueur dans le sens de l’axe de la racine. Ces réservoirs sont limités de tous côtés par de petites cellules aplaties dans lesquelles s’accumulent d’ordinaire les grains de fécule, et qui en outre reçoivent par extravasations les sucs qui étaient contenus dans les réservoirs et qui se sont ainsi vidés dans le tissu ambiant. Ces réservoirs sont plus ou moins nombreux suivant les racines, et plus ou moins régulièrement rangés en cercles.

Quant au tissu ligneux, il est formé en général de vaisseaux rayés, ponctués, entourés d’un tissu fibreux dont les cellules ne s’épaississent guère. Les rayons médullaires qui contien-

DES RACINES. — OMBELLIFÈRES

nent en général de la fécule sont tantôt extrêmement larges, tantôt deviennent au contraire très-étroits. On n’y remarque pas de glandes oléo-résineuses.

Ces caractères généraux, qui établissent la parenté de ces diverses racines, n’excluent pas des düférences très-marquées qui permettent de les distinguer les unes des autres de la manière suivante :

I. Grosse racine de S à 10 cenlimèlres, à structure compliquée, salie sur les faces par une matière adipeuse à odeur de musc.

II. Racines d’un diamètre moyen, formées d’un corps principal court et de ramifications plus ou moins épaisses ; odeur aromatique.

Ramifications de la racine nombreuses; grosses glandes de l’écorce dépassant le diamètre des \ aisseaux de

la zone ligneuse

Ramifications moins nombreuses; glandes del’écorce beaucoup moins grosses. . .

III. Racines d’un diamètre moven, simples, ou divisées tout au plus à leur extrémité en 2 ou trois branches minces.

A. Racines couronnées par un pinceau de fibres.

Racines à odeur balsamique;

écorce à structure rayonnée.

Racines d’odeur non balsamique; écorce à structure feuilletée

B. Racines sans pinceau de fibres à leur sommet.

Ecorce marbrée de brun, à structure indistinctement

radiée.

Ecorce à structure radiée; glandes de ^dimension

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