‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 47 sur 580 · MILLEPERTUIS · texte numérisé non relu

MILLEPERTUIS

Fig. 28. — Mola tricolor : \îiï'\éi6 à grande fleur orncmenlale.

POLYGALA.

Le Millepertuis {Hypericum perforalum L.), plante commune dans toute l’Europe, donne à la pharmacie ses sommités fleuries.

La tige est haute de 2 à 4 décimètres, glabre, rameuse, munie de deux lignes longitudinales peu saillantes. Elle est couverte de feuilles opposées, sessiles, ovales, oblongues ou linéaires, vertes sur les deux faces, portant des points noirs sur les bords et toutes remplies de points glanduleux, translucides, qui, lorsqu’on regarde le limbe par transparence, lui donnent l’apparence d’une feuille percée de petits orifices. La partie supérieure de la tige porte une grappe corymbiforme de belles fleurs jaunes ayant : 5 sépales linéaires lancéolés aigus; 5 pétales plus grands que les sépales, ponctués de noir sur les bords; des étamines nombreuses, plus courtes que les pétales, soudées par les filets en trois faisceaux opposés' aux pétales et portant sur le connectif des anthères une glande noirâtre ; un ovaire à 3 loges, surmonté de 3 styles d’un rouge foncé.

L’odeur de la plante est balsamique : la saveur à la fois balsamique, amère et astringente.

V Hypericum contient une huile essentielle et une matière colorante rouge, qui est surtout très-abondante dans les boutons de la fleur et aussi sur les capsules qui lui succèdent. Ces fruits portent sur chaque valve des bandelettes longitudinales et de nombreuses glandes rougeâtres.

La plante se distingue nettement de V Hypericum tetraplerum Fries, par l’absence des quatre ailes qu’on trouve sur la tige de cette espèce, et de V Hypericum quadrangulum L., parce que cette dernière a quatre angles bien marqués, des fleurs ponctuées de noir sous la capsule et sous les sépales et non simplement aux bords des pétales.

POLYGALÉES 14. POLYGALA.

Ilerba Fohjgalæ et Radix Vohjgalæ.

L’espèce vraiment officinale de Poly^ala est le Polyyala amara

DES HERBES. — POLYGALÉES.

L.; mais on lui sustilue très-souvent le Polygala vulgarisL. Ces deux plantes ont les caractères génériques suivants : Fleurs irrégulières {fig- 29,«); calice à 5 sépales inégaux dont les deux in-

Fig. 29.

térieurs (ailes) pétaloïdes, plus développés que les autres ; corolle à 3 pétales inégaux dont l’inférieur [fig. 29, c) appelé carène, plus

grand et concave; étamines 8, monadelplies, à tube divisé en 2 phalanges de 4 étamines chacune {fig. 30) ; ovaire libre à 2 carpelles.

Les Polygala sont employés frais ou à l’état sec : on recueille

Fig. 29. — Polygala vuJgaris: a, fleur euUèi'c ;6, pétales supérieurs soudés ; c, étaraiues et pétale inférieur.

Fig. 30. — Etamines diadel plies du Polygala vulgavis L. Les deux andropliores se compo,sent chaeun de quatre étamines.

Fig. 31. — Sépale intérieur (aile) du Polygala aniara L.

Fig. 32. — Sépale intérieur du Polygala vulyaris L.

POLYGALÂ. o9

la plante entière avec sa racine au moment de la floraison. Le Pohjgala amara L. aune souche épaisse de 1 millim., longue de 1 à 6 cent., jaunâtre ou brune, avec une écorce mince et un bois decouleur blanche. Cette souche émet d’un côté des fibres radicales, de l’autre un certain nombre de tiges aériennes dressées. Les feuilles inférieures en rosette sont larges, obovées ou spatulées, longues de 1 cent.; celles des rameaux bien plus petites, oblongues, atténuées en coin. Les fleurs bleues forment une grappe terminale ; elles ont une longueur de 5 â 6 millim., dépassant celle des bractées : les ailes sont elliptiques, et munies de 3 nervures {fig. 31), dont les latérales donnent des divisions qui ne s’anastomosent point entre elles, tandis que la nervure médiane est simple et ne se subdivise qu’au sommet en 2 branches qui ne se réunissent que rarement aux nervures latérales : il en résulte tout au plus une simple anastomose entre les nervures longitudinales et non un réseau comme dans \qs Polygala vulgaris L.

Cette dernière espèce, qu’on donne très-souvent à la place du Polygala amara L., s’en distingue par ses tiges plus hautes, ses feuilles dont les inférieures sont elliptiques, les supérieures lancéolées, et par des fleurs dont les ailes {fig. 32) sont marquées de 3 nervures, qui se réunissent au sommet par des veines transversales dont les nervilles forment des anastomoses en forme de réseau. La plante a une saveur un peu aromatique, un peu âcre, sans amertume bien marquée.

Il faut aussi distinguer le Polygala amara L. du P. calcarea Sebutz, qui n’en a pas la saveur amère et dont les ailes ont une nervure moyenne anastomosée en arcades, presque depuis son milieu, avec des divisions correspondantes des nervures latérales. On doit aussi le séparer du P. austriaca Crantz, dont les fleurs sont plus petites, verdâtres ou bleuâtres et â ailes munies également de nervilles anastomosées.

Le Polygala amara L. a une saveur amère, très-marquée, tant à l’état sec qu’â l’état frais. Il contient une substance spéciale, qui lui donne cette saveur : c’est la Polygalamo.rine.

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