‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 481 sur 580 · RACINE DE GENTIANE · texte numérisé non relu

RACINE DE GENTIANE

plusieurs rangées de cellules qui rappellent tout à fait la structure du parenchyme de l’écorce moyenne.

Une légère couche de cambium sépare l’écorce de la zone ligneuse bb, qui est foncièrement formée d’un tissu assez lâche et mou, rappelant tout à fait celui du parenchyme de l’écorce. C’est au milieu de ce tissu que se trouvent les segments ligneux longuement cunéiformes, séparés les uns des autres par le tissu cellulaire, qui forme ainsi entreeux de longs rayons médullaires. Ces segments cunéiformes sont du reste formés d’un très-petit nombre de faisceaux ligneux /'/, rangés d’ordinaire en cercles assez régulièrement concentriques, et placés au milieu d’un parenchyme cellulaire à éléments plus denses et plus fins que ceux des rayons médullaires. Les faisceaux ligneux sont remarquables par les gros vaisseaux qu’on voit à l’œil, de telle sorte que Ton remarque distinctement dans la racine des cercles alternants de faisceaux ligneux, poreux, et de tissu cellulaire moins dense; les vaisseaux sont rayés ou marqués d’anneaux transversaux, et ils sont entourés d’un très- petit nombre de cellules ligneuses, courtes, à parois très-minces. Ces vaisseaux s’étendent jusqu’au centre de la racine qui n’a par suite pas de moelle bien distincte.

La racine de Gentiane a une saveur d’abord douce, devenant ensuite d’une amertume toute spéciale. Elle a aussi une odeur forte, particulière et tenace. Elle attire facilement l’humidité de l’air.

Elle contient un principe amer cristallisable, qu’on a nommé Gentiopicrine, et qui est susceptible de se dédoubler par les acides en sucre et en Gentiogénine. En outre, on y trouve une matière colorante jaune (la Gentésine); un sucre particulier; de la pectine et le corps gras, que nous avons mentionné comme formant de petits granules dans les cellules.

On trouve souvent mêlée à la Grande Gentiane des racines des Gentiana pannonica Scopoli, Q.punctuta L., G. purpurea L., qui se

51G DES RACINES. — CONVOLVULACÉES.

rencontrent dans des régions semblables. Ces racines ont toutes un diamètre plus étroit. Leur structure rappelle h peu de chose près celles de la grande Gentiane; elles ont du reste des propriétés analogues, et on peut ne pas les rejeter ; mais il faut écarter avec soin les rhizomes de V Hellébore blanc ^ qui, poussant dans les mêmes régions que la Gentiane, y sont quelquefois mêlés et qui pourraient produire des accidents. Il est facile de les distinguer au seul aspect extérieur, l’Hellébore blanc avant un rhizome court, noirâtre â la surface et tout couvert soit de fibres radicales, soit de leurs cicatrices. (Voy. Hellébore blanc.)

CONVOLVULACÉES.

Les Racines de Convolvulacées, bien que différentes d’aspect extérieur, ont des caractères communs qui en font un groupe très-naturel. Elles contiennent toutes des substances résineuses, renfermées dans des cellules spéciales, qui se distinguent par leurs dimensions considérables au milieu des tissus environnants. Sur la coupe transversale, ces cellules forment des lignes, qui sont plus ou moins régulièrement concentriques, et se groupent surtout dans le tissu cortical au voisinage de la ligne du cambium. Sur la coupe longitudinale, on les voit rangées les unes au-dessus des autres par séries assez allongées ; parfois les cloisons qui les séparent disparaissent, et il se forme ainsi des sortes de vaisseaux laticifères larges et courts. Le suc que renferment ces cellules est en général laiteux à l’état frais ; à l’état sec il est résineux ou gommo-résineux.

Les résines répondent à deux types principaux : les unes sont solubles dans l’éther; ce sont celles qu’on a nommées Oribazine, Scammonine : elles forment la partie principale des résines de Jalap ou de Scammonée. D’autres sont insolubles dans l’éther, telles sont la Convolvuline, qui est la matière la plus active du Jalap oflicinal, et la Turpéthine qu’on trouve dans le Turbilh.

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