‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 520 sur 580 · Rhizomes de Fougères · texte numérisé non relu

Rhizomes de Fougères

RENONCULACÉES.

t. HELLÉBORE NOIR.

Racine d’ilellébore noir. — Rhizoma Ilellebori nigri. Raclix Veralri nigri seu Melanpodii.

L’Hellébore noir dcs pharmacies est la partie souterraine de VHelleborus niyer L.j qui croît dans les parties méridionales de l’Europe, depuis la Provence jusqu’en Autriche et en Silésie. On le cultive souvent dans les jardins sous le nom de Rose de Noël. Le rhizome est en fragments de 2 îi 4 centimètres de

HELLÉBORE NOIR.

longueur, simples à la partie inférieure, se divisant vers le haut en rameaux presque aussi épais. Le diamètre varie entre 3 et 6 millimètres. Toute la surface est marquée de cicatrices annulaires et porte un nombre considérable de petites tubérosités qui ne sont que la base des racines adventives. Ces racines se détachent en effet facilement de la souche desséchée : ce n’est qu’exceptionnellement qu’elles y sont encore attachées. — Elles sont épaisses de 1/2 üi 1 millimètre; longues de 1,3 à 2 centimètres, longitudinalement ridées et de couleur brune ou noire comme le rhizome.

La coupe transversale delà souche montre, au-dessous d’une ligne brune, un tissu rougeâtre, cassant net, au milieu duquel on distingue un certain nombre de faisceaux ligneux de cou-

leur plus pâle que le reste. Ce cercle sépare de la moelle centrale une écorce qui dépasse en épaisseur les autres zones. Entre les faisceaux ligneux se trouvent de larges rayons médullaires et, en un point, le cercle ligneux se trouve même le plus souvent largement interrompu .

Les racines (/?^. 263) adventives présentent sur la coupe une écorce épaisse foncée et, au milieu, un cercle central blanchâtre, sorte de méditullium ligneux.

L’examen microscopique montre dans le rhizome l’écorce recouverte d’une légère couche de cellules allongées colorées en brun, et au-dessous un parenchyme à cellules polyédriques arrondies, contenant des grains d’amidon et des larmes de matière oléo-résineuse. La moelle a une structure

Fiff. 2G3.

semblable.

Les racines ont, dans leur partie corticale, une structure analogue : le parenchyme qu’on trouve au-dessous de la mince

J-'iff. 263.

Coupe transversale d’une Ilacine adventhe J' ffellédore noir.

RHIZOMES. — RENONCULACEES.

couche subéreuse est rempli d’amidon et de larmes oléo- résineuses. Quant au méditullium, il est formé de 3 ou 4 faisceaux vasculaires, formés de vaisseaux assez gros, liés ensemble par du tissu fibreux, et limités à la partie extérieure par des faisceaux libériens, en forme de calotte sphérique. L’ensemble forme une espèce de courbe sinueuse à 3, 4 ou 5 renflements légèrement proéminents dans le tissu cortical. Au milieu se trouvent parfois des traces de moelle un peu développée.

La racine d’Hellébore a une saveur amère et âcre.

Elle contient de l’huile essentielle, de la résine, de la gomme et une substance cristallisable encore insuffisamment déterminée et qu’on a nommée Helléhorine.

L’Hellébore noir est souvent mêlé de racines semblables, qu’il est souvent difficile de distinguer ; ce sont les souches souterraines de V Helleborus virvlis L., de V Adonis vernalù L., de VActœa spicata L.

Celles qui y ressemblent le plus appartiennent à V Helleborus virtdù L., plante répandue çà et là dans l’Europe occidentale, centrale et méridionale.

Le rhizome de cette espèce est d’ordinaire assez long, oblique ou horizontal et fournit sur son trajet de nombreuses racines adventives et des ramifications qui s’élèvent verticalement et portent les tiges aériennes. Dans les droguiers, ces rhizomes sont en fragments qui rappellent beaucoup ceux de l’Hellébore noir. Les seules différences qu’on puisse signaler sont les suivantes :

Le rhizome lui-même a une écorce plus épaisse ; les faisceaux ligneux qui la limitent intérieurement ont moins de longueur. La saveur amère est plus intense et plus persistante. Les racines adventives sont plus longues, atteignent 3 à 6 centimètres, et sont souvent revêtues de ramifications 2 fois plus grosses : la couleur noir-brun de la surface n’est pas bornée à la couche extérieure des cellules, mais pénètre plus profondément. Quant aux faisceaux fîbro-vasculairès, ils sont au no-mbre de

HELLEBORE NOIR.

3 OU 4, très-fortement réunis entre eux et beaucoup moins proéminents dans le tissu cortical.

Ces différences sont, on le voit, assez légères au fond et difliciles à apprécier. Aussi a-t-on recommandé dans certaines Pharmacopées de laisser adhérents aux rhizomes des Hellébores les feuilles radicales pédalées qui permettent bien de les distinguer. Les folioles de V Helleborus viridis L. sont papyracées, lorsqu’elles sont sèches et fortement dentées jusque près de la base : celles de V Helleborus niger L. sont beaucoup plus épaisses, coriaces, et n’ont que quelques dents écartées sur les 2/3 supérieurs de leurs bords, qui restent entiers dans le tiers inférieur.

IJAdonis vernalis L., plante des montagnes de l’Europe moyenne, a des rhizomes courts, d’où partent un petit nombre

de courtes ramifications vers le haut, et, vers le bas, de très-

nombreuses racines, sans ramifications ni chevelu.

Ces racines sont si serrées les unes contre les autres que les cicatrices annulaires, qui sont régulièrement marquées sur les rhizomes des Hellébores, disparaissent i\ peu près complètement ici sous les traces de racines. Ces racines sont d’une couleur noire. Elles sont moins épaisses que celles de Y Helleborus niger et présentent sur la coupe une couche noir-brun beaucoup plus large, et, au centre, un méditullium ligneux dont les 3 ou 4 faisceaux sont beaucoup plus saillants dans l’écorce, où ils forment souvent une sorte de croix à 4 branches,

La saveur de Y Adonis vernalis est très-amère.

Quant à Y ActœaspicataY^., on Herbe de Sainte-Chrislophe, qui, déjà au siècle dernier, était donnée comme Hellébore noir, elle est plus facile à distinguer que les précédentes. Ses rhizomes ont des ramifications plus allongées et présentent, sur la coupe transversale, des faisceaux ligneux, minces, étroits, occupant un tiers de la longueur du rayon total. Ces rhizomes, marqués de stries annulaires, portent ù la partie inférieure des racines adventives, munies de ramifications abondantes et d’une structure assez spéciale. Sur la coupe transversale, elles montrent

RHIZOMES. — NYMPHÉACÉES.

en effet soit 3 ou 4 faisceaux, qui ne se rapprochent que parleur base tournée vers le centre de la racine, ou qui sont même complètement séparés les uns des autres par du tissu cellulaire. Au centre de ces faisceaux se trouve souvent aussi une espèce de moelle.

NYMPHÉACÉES.

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