‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 577 sur 580 · TUBERCULES DE COLCHIQUE · texte numérisé non relu

TUBERCULES DE COLCHIQUE

passait dans la gouttière longitudinale; sur la face opposée et vers le haut une autre empreinte, qui indique un bourgeon;

Fig. 278. Fig. 279.

tout à fait sur la pointe, la base desséchée d’une ancienne tige; enfin, à la base du tubercule, une cicatrice arrondie, par lequel

Fig. 279 et 280. — A. Tubercule de Coleliique vu par la face concave. — k, tubercule. — s' s', gaines foliaires enveloppant la tige fleurie. — wh, base de la tige d’où s’échappent les racines w.

H. Tubercule de Colchique coupé longitudinalement. — h, h, une membrane brune enveloppant toute la partie souterraine de la plante. — k, le tubercule surmonté des traces de la tige st, de l’année précédente. — h', axe de la tige florifère de l’année naissant du tubercule et portant les racines vo' , des gaines foliaires s,s',s" , des feuilles vertes l' J, et deux fleurs b, b'.

6o0 TUBERCULES ET BULBES. — COLCHICACÉES.

le tubercule s’insérait sur celui qui lui a donné naissance (1).

La coupe transversale du tubercule de Colchique montre une ligne brune qui limite extérieurement une masse blanchâtre, parsemée de nombreux faisceaux fibro-vasculaires de couleur jaune-brun. Il faut beaucoup d’attention pour distinguer une zone extérieure et une partie centrale dans cette masse. Le parenchyme qui fait le fond du tissu est formé de cellules polygonales, arrondies, â parois minces, remplies d’une quantité énorme de fécule. Les grains de cette fécule sont assez caractérisés pour permettre de reconnaître un fragment de bulbe de

Colchique. Leur dimension est considérable ; 10 à 15 cen-

lièmes de-millimètres. Ils sont isolés ou réunis par groupe de 2 ou 4. Lorsqu’ils sont isolés, ils sont arrondis et portent une hile très-développé en étoile, dont les branches généralement au nombre de 3 ou 4 atteignent les bords de la circonférence du grain. Quand ils sont réunis par 2 ou 4, les grains sont aplatis par la surface de contact : et l’on voit souvent les branches du hile se placer bout à bout d’un grain à l’autre. On ne distingue aucune couche concentrique dans ces grains de fécule.

(1) Quelques' explications sur la végétation du Colchique sont nécessaires pour comprendre bien nettement ce qui précède. Nous les donnons ici en quelques mots. Au moment où on cueille le bulbe du Colchique, c’est-à-dire un peu avant la floraison de la plante, on trouve {fig. 277) dans l’intérieur de deux tuniques h brunes et scarieuses, ce tubercule portant une tige florifère, qui part de sa partie inférieure et ventrale et se loge dans la gouttière qu’elle s’est pour ainsi dire creusée elle-même sur cette face; elle porte à sa partie inférieure des gaines foliaires s,s' ,s" , représentant des feuilles. Si on laissait cette tige se développer normalement, on la verrait se renfler peu à peu à sa base ; en même temps deux bourgeons apparaîtraient sur ces renflements, l’un à l’aisselle de la gaine inférieure, l’autre attenant à l’aisselle de la gaine immédiatement supérieure : au bout d’un an, la tige aurait disparu ne laissant d’elle que son renflement basilaire (bulbe) et sa trace au sommet de ce renflement, mais le bourgeon inférieur se serait développé en une nouvelle tige florifère : le bourgeon supérieur placé sur le dos du tubercule serait resté immobile, et comme avorté. On comprend maintenant la signification des diverses cicatrices que porte le bulbe du Colchique, et qui n’étant nullement accidentelles, mais le fait même du développement de la plante, deviennent des caractères excellents pour la détermination de la substance qu’on trouve dans les droguiers.

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