‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 164 sur 331 · BAUME VERT · texte numérisé non relu

BAUME VERT

Baume Marie. Tacamaque des auteurs. — Bahamum Manæ. Tacamciliaca.

Un a désigné sous ce nom deux substances qui viennent l’une de Bourbon, l’autre des Antilles et des côtes septentrionales de l’Amérique du Sud, depuis la Nouvelle-Grenade jusqu’à la Guyane et an Brésil. Les espèces de Calophyllum qui les fournissent sont :

1° Le Calophyllum Calaba Jacquin,qui croît dans les Antilles, où il porte le nom de Calaba ou de Galba.

2° Le Calophyllum Mariœ Planchon et Triana, qui rappelle le Calophyllum Calaba Jacq., dont il diffère par ses nervures secondaires beaucoup plus nombreuses et plus fines. 11 vient sur le continent américain, à la Nouvelle-Grenade.

3° Le Calophyllum Tacahamaea Willd., qui croît spontanément dans file de France et l'île Bourbon.

4° Enfin le Calophyllum inophyllum L., qui a une extension considérable et croit sur les rivages maritimes de la région indo-océanique, depuis les Indes orientales jusqu’à la Nouvelle- Calédonie, d’une part, jusqu’à Madagascar de l’autre. Il porte dans cette dernière localité le nom de Fooraha ou de Foura.

De ces quatre espèces, les deux premières donnent le Baume vert d’Amérique ; la troisième, le Baume vert de Bourbon; la

15 A l' M E VEUT.

quatrième, une Tacamaque un peu différente par sa couleur, qu’on a décrite sous le nom de Tacahamaca orientales .

1° îtamnc -»eri ii<> Btouriton. — Baume Marie de Bourbon. — Bésinc Tacamaque de Bourbon. — Taca/iamaca Boarbonensis.

La Tacamaque de Bourbon se montre sous divers aspects. La plupart des échantillons de l’École de pharmacie ont etc coulés dans des bocaux en verre, dont ils ont pris la forme. La masse, vue dans son ensemble, csL d’un vert noirâtre, mais les couches minces sont d’un vert jaunâtre ou rougeâtre par transparence. La surface supérieure de la masse, exposée â 1 air est assez brillante, au-dessous d’une poussière jaunâtre ou blanc jaunâtre. La masse a une odeur de mélilot.

Dans d’autres échantillons, la masse est d’un vert moins foncé; la poussière est également jaunâtre; la consistance est moins grande; la substance est comme onctueuse; l’odeur de mélilot est très-prononcée.

Enfin, dans certains échantillons, peut-être plus anciens, la masse est tout â fait solide; elle est enveloppée par une feuille de Monocotylédone. La couleur est d’un vert noirâtre à la surface, d’un vert plus clair et quelquefois un peu jaunâtre par transparence. A l’intérieur, la structure est granuleuse, composée de petites larmes agglutinées ensemble, mêlées de débris végétaux. L’odeur est assez marquée; elle rappelle celle du mélilot.

Ce Baume vert de Bourbon, sous quelque forme qu’il se présente, est incomplètement soluble dans l’alcool. 11 laisse tantôt un résidu de matière gommeuse, soluble dans l’eau; tantôt une matière grasse, qui vient â la surface du liquide.

2° Baume ?crt île l’Amériiiue. — Baume vert des Antilles. — Baume Marie des Antilles.

C’est le produit des Calop/njllum Calaba Jacq. et Calo/j/njUinu Marier Planchon et Triana. Ces Baumes sont employés comme vulnéraires dans les pays d’origine et arrivent quelquefois dans nos droguiers, quoique moins fréquemment que ceux de Bour-

OI.EORESINES ET BAl'MES.

bon. Dans les collections de l’Ecole de pharmacie, on voit plusieurs écorces de Calaba, où sont encore attachées les couches résineuses qui en ont exsudé. C’est une substance d’un vert noirâtre, épaisse, visqueuse, qui a laissé couler sur le verre du bocal qui la contient une partie encore plus molle, d’un vert clair par transparence. Ce produit a une odeur agréable, qui rappelle le mélilot.

D’autres échantillons rappellent plus encore les Baumes verts de Bourbon. Ils sont produits par le Calophyllum Marier, sur les cotes de la mer des Antilles, dans la Nouvelle-Grenade ou les contrées avoisinantes. Un Baume Marie, noté comme venant du Guatemala, est formé de masses enveloppées de feuilles de Monocotylédones, dont la structure interne est assez grossière et mêlée de nombreux débris végétaux. La masse est d’un noir verdâtre, encore molle et comme gluante; et il s’en est échappé une partie presque liquide, qui par transparence est d’un vertbouteille. L’odeur est celle du mélilot.

Cet échantillon est intéressant en ce qu’il montre la parenté des Baumes verts de l’Amérique et de ceux de Bourbon. La partie la plus solide est, â la consistance près, comparable aux échantillons secs venus du Calophyllum Tacahamaca L. ; la partie qui s’est écoulée de la masse a tout à fait l’apparence de celle du Caluphyllum Calaba des Antilles.

itiuimc -vert «les 0 mie* orientales. — 7 acahainacu orienta lis.

Nous trouvons décrit dans les auteurs allemands, sous le nom de Tacamaque des Indes orientales, le produit du Calophyllum inophyllum L. Le suc de l’arbre est reçu dans des calebasses, et se montre en morceaux d'un jaune brun, â moitié transparents, mous et gluants, â cassure d’un éclat gras, à odeur de lavande et â saveur amère.

Cette description du Tacahamaca orient ali s v h pond assez bien à ce que Guibourt a décrit sous le nom de Baume Foeot ou Tn- «•amuimc ordinaire, qui est, d’après lui, en masses jaunes ou

TÉRÉBINTIIACÉES. 23’’

rougeâtres, formées par l’aggloméralion de petites larmes transparentes, mêlées des débris d’une écorce jaune, três-mince, à fibres apparentes, très-serrées, droites et parallèles. Cette résine est amère, inodore en masse, mais donne, lorsqu’on l’écrase, une odeur assez marquée d’Angélique.

Si l’on ajoute â cette description que Guibourt rapporte celte résine â un arbre de Madagascar nommé Foura/ta, que c’est lâ, en effet, le nom que porte dans cette contrée le Calophylluin inophyllum ; que les écorces du Baume Focot ne sont autre chose que des morceaux de feuilles deCalophyllum, on sera à peu près convaincu de l’identité du /tourne Focot et du Tacahamctca orientalis et on connaîtra par cela même l’origine de ce Baume.

Guibourt rapprochait du Baume Focot, une Taeamaque

angélique, Tacnmaque en coque, Tacamaquc sublime, qui,

par son odeur de racine d’Angélique et aussi un peu de mélilot, rappelle bien les Tacamaques des Calophyllum, et pourrait bien peut-être être un produit du C. inophyllum.

TÉRÉBIiNTHACÉES.

Les divers groupes naturels, qu’on a réunis sous le nom commun de Térébinthacées, et qui comprennent, entre autres, les Cassuviées ou Anacardiées et les Burseracées, donnent un grand nombre de produits dont nous avons déjà étudié plusieurs : l'Encens et la Myrrhe, dans les gommes résines ; le Mastic et la Caragne, dans les résines proprement dites. Il nous reste à compléter celte élude par la description des produits oléo-résineux, qu 011 a nommés : Térébenthine de Cliio , Elanine de la Mecque, Tacamaques el Ëlemis. De CCS produits, les uns sont, sans contredit, des oléo-résines et ont été rangés par tous les auteurs dans cette catégorie. D’autres, les Elémis et les Tacamaques ont été souvent placés parmi les résines, et c’est un exemple de plus de ces corps intermédiaires, qui forment la transition d’un groupe à l’autre.

230 ni, KO RÉSINES ET l!A CM ES. — TÉRÉBINTIIACÉES.

L examen anatomique des Térébinthacées, indiqueen général, (1 une manière bien évidente, où se trouvent les organes sécréteurs de la substance résineuse. Ce sont, dans la plupart des genres, des canaux bordés de cellules particulières, en tout semblables à ceux que nous avons eu l’occasion de décrire, et que nous avons déjà figurés à la page 1 ii. Nous n’y revenons pas ici d’une manière spéciale.

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