S-18. QUINQUINAS DELA NOUVELLE-GRENADE
SûUS le nom de Quinquinas «le la H'ouvelle-Circnade, IlOUS réunissons trois types de Quinquinas, qui présentent les caractères communs suivants:
Écorces plates, cintrées ou roulées, dont la face externe est subéreuse et recouverte çà et là de débris blanchâtres de plaques péridermiques micacées. La couleur de ces écorces varie du jaune, jaunâtre et jaune orangé, au jaune-brun plus ou moins foncé. Deux espèces sont importantes et d’une grande valeur dans le commerce : ce sont les Quinquina lancifolia et l*ila jo, une troisième doit être rejetée, au moins pour la production de la quinine, c’est le Quinquina jlloracaïbo.
io. QUINQUINAS LANCIFOLIA.
Quinquina jaune orangé de Mutis. — Quinquina Colombie. — Quinquina Carthagène. — Quinquina à Quinidine. — Calisaya de Sanla-Fé. China flava fibrosu. Cortex Cinchonæ landfoliæ.
Nous désignons sous le nom de Quinquinas lancifolia, les diverses écorces commerciales données par le Cinchona lancifolia Mutis et ses variétés. Ces arbres croissent dans la Nouvelle-
DES ÉCORCES. — RUBIACEES.
(irenade, sur le versant oriental des Andes de cette région, au S. S. -O. de Bogota, à une altitude de 2,500 à 3,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Ces écorces peuvent présenter des différences suivant les sortes commerciales, mais elles ont toutes les caractères communs suivants :
Leur surface externe subéreuse est le plus souvent assez tendre pour que l’ongle puisse la pénétrer ; elle porte soit un périderme blanchâtre ou micacé, soit, le plus souvent, de simples débris de ce périderme répandus çà et là en petites plaques. L’écorce est tendre et friable ; la texture est fibreuse et les fibres sont, suivant les variétés, plus ou moins longues, ou plus ou moins tines.
L’examen microscopique montre de l’extérieur à l’intérieur : Quelques rangées de cellules aplaties de dehors en dedans, qui disparaissent là où ne se trouve pas le périderme micacé. Au-dessous, une large zone de parenchyme, à cellules étendues parallèlement aux faces de l’écorce, entremêlées de nombreuses cellules grandes, à parois épaissies, remplies d'une matière brune résinoïde. Plus intérieurement, la couche libérienne, contenant dans le parenchyme cortical des cellules libériennes de dimensions moyennes, peu adhérentes entre elles, d’autant plus rares qu’on s’approche davantage des couches extérieures.
Les diverses écorces données par le Cinchona lanci folia Mut. varient par la couleur, par les dimensions et par la iinesse du tissu. La plupart ont une teinte jaune orangé, quelques-unes sont jaunes, d’autres tendent vers la couleur rouge. Certaines sont roulées, d’autres simplement cintrées, les plus grosses sont tout à fait plates. Les principales sortes sont :
Le Caiisaya do Santa-Fé. 11 est en écorces très-menues, roulées, à surface externe celluleuse, d’un jaune tirant un peu sur le rouge. Les libres sont courtes et tines et se détachent facilement en poussière pruriente.
QUINQUINA PITAYO.
Il donne de 30 32 grammes de sulfate de quinine et de
3 à 4 grammes de sulfate de cinchoniuo par kilogramme.
Le Qnin«iuina jaune orangé roulé. Ecorces rappelant la Cannelle de Ceylan, dont elles ont la couleur. Cassure résineuse en dehors, fibreuse en dedans. Elles donnent 38 grammes de sulfate de quinine et 3 ou 4 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme.
Le Quinquina jaune orangé »le llutis. Ce SOllt (les éCOl’Ces légèrement cintrées, d’un jaune orangé plus ou moins rouge. La surface extérieure est plus foncée que l’intérieure; la cassure est subéreuse sur une épaisseur d’un millimètre au plus, assez finement fibreuse sur le reste de l’épaisseur. Elles donnent de 23 à 30 grammes de sulfate de quinine par kilo.
Le Quinquina jaune orangé «le Colombie. Il diffère (lll précédent par la couleur de la face interne, qui est d’un jaune oereux; la texture est moins unie, la surface interne est sillonnée longitudinalement et la surface externe ridée dans le même sens. 11 donne de 12 à 14 grammes de sulfate de quinine, mais parfois jusqu’à 28 à 32 grammes.
Le Quinquina Cartiiagène ligneux ( Quinquina Carthagène du commerce actuel) a de longues fibres flexibles ; la surface externe est d’un jaune rougeâtre, l’interne d’un jaune fauve. On lui attribue de 16 à 20 grammes de sulfate de quinine.
Nous plaçons ici le Quintiuina à Quini«iinc, qui nous paraît devoir être rapporté au Cinckona lanci folia Mut., à cause de sa structure, analogue à celle des écorces précédentes. Il se distingue surtout par une teinte rouge ou rosée plus ou moins vive, qui lui donne un aspect tout à fait caractéristique. 11 contient lo a 22 grammes d’alcaloïdes par kilo ; la quinidinc y est dans la proportion de 14 à lo pour 1,000.
IG. QUINQUINA PITAYO.
Le q uiiMiuina i*i ta ><> est fourni par le Cinckona Pitayensis Wedd. 11 provient de la Nouvelle-Grenade, du versant occi-
DES ÉCORCES. — RUMACEES.
déniai de la Cordillère moyenne, dans la province de Cauca, et surtout de Pitayo, non loin de Popayan.
Les écorces du Pitayo soûl lourdes, dures, compactes, à libres très-serrées; elles se distinguent ainsi des écorces du C. lanrifolia Mut., tendres et friables. Elles ne donnent pas la poussière prudente que produisent les bonnes sortes de (L lanci folia. Leur couleur varie du jaune au rouge-brun. Elles contiennent beaucoup de tannin, de la matière colorante, et une forte proportion de quinine, qui peut varier de 25 à 4(J grammes de sulfate par kilogramme.
Le Pitayo présente diverses sortes commerciales variant nonseulement par la couleur, mais aussi par les dimensions. Le jo menu, qui arrive assez fréquemment en petites écorces brisées et tourmentées, d’une odeur aromatique particulière, rappelant la vieille rose , est très-estimé et riche en alcaloïdes. Il a donné jusqu’à 40 grammes de sulfate de quinine par kilogramme.
A l’examen microscopique, le Pitayo montre, çà et là, à la partie extérieure, quelques rangées de cellules subéreuses, correspondant au périderme micacé. La couche moyenne est formée d’un parenchyme sans cellules pierreuses développées, montrant cà et là des cellules étendues tangenliellement, avec de la matière colorante. Dans le liber, les rayons médullaires sont très-larges et très-développés ; les cellules fibreuses sont relativement étroites, isolées et très-disséminées ; elles sont courtes et peu aiguës à leurs extrémités.
C’est du Pitayo qu’il faut rapprocher un Quinquina qu’on appelle Aimagiicr; il n’en diffère que par sa moindre richesse en quinine, (pii semble être remplacé en partie par de la cinehonine.