OPIUM
Opium. Méconium.
L’«pi»m est le suc extrait des capsules du Papaver somnife- > uni L. Celte espèce, originaire de l’Orient, s’est répandue par la culture dans toutes les régions chaudes et subtropicales. On la retrouve dans les jardins et les champs de l’Europe, de l’Algérie, de l’Amérique du Nord : elle y prospère, y donne des fruits qui mûrissent, et pourrait dans toutes ces localités être exploitée pour son suc narcotique, si la main-d’œuvre ne rendait très-élevé le prix de revient de ce produit, et n’empêchait ainsi la concurrence avec les Opiums d’Asie.
On a distingué diverses variétés de cette espèce. M. Boissier dans son Flora orient aüs, indique :
1° Le Papaver somniferum a setigerum ( Papaver setigerum D.C.), dont les feuilles, les pédoncules et les sépales sont couverts de poils sétiformes rudes, et dont les stigmates sont au nombre de 7 à 8 ; cette variété se rencontre dans le Péloponèse, à Chypre, dans la Corse et aux îles d’Hyères.
2° Le Papaver somniferum p glabrum , dont la capsule est subglobulaire et porte lü à 12 stigmates. C’est la forme qu’on cultive principalement dans l’Asie Mineure et en Égypte.
3° Le Papaver somniferum y album ( Papaver officinale Gme- 1 in), dont la capsule, tout à fait indéhiscente, est plus ou moins ovoïde. C’est la variété cultivée surtout en Perse et dans l’Inde.
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Les centres principaux de production de l’Opium sont :
L’Asie Mineure, qui est le point de départ à peu près exclusif des Opium» qui arrivent dans le commerce d’Europe. Elle donne les sortes que l’on indique sous le nom d'Opimn «le
Smyrne el Opium «le C'on»(aiitinoplc.
La Perse, les Indes Orientales, qui produisent des quantités considérables de la substance, mais qui la consomment sur place, ou l’envoient en Chine ; ce dernier pays en recueille beaucoup lui-même pour sa propre consommation.
L’Egypte, qui, après avoir donne autrefois l’Opium Thébaïque, a repris la culture du Pavot et fournit une faible proportion d’Opium à notre commerce européen.
Les autres contrées dans lesquelles le Pavot a été introduit, et où la culture a même été tentée en grand : divers pays de l’Europe et la France en particulier, l’Algérie, le nord de l'Amérique, ont plutôt donné des produits intéressants pour l’expérimentation, que des sortes vraiment commerciales.
Nous avons indiqué à propos des capsules de Pavots (Tome 1, page 211), la structure de ces fruits. Nous avons vu que c’est dans leur couche moyenne, correspondant au mésocarpe, que se trouvent les vaisseaux latieifères, qui contiennent le suc actif. Ces vaisseaux sont larges et relativement peu ramifiés. Leur mode de formation au moyen de cellules est assez curieux ; il a été étudié et exposé avec détails par M. Trécul (1).
Lorsqu’on veut obtenir l’Opium, il faut pénétrer par des incisions dans la couche qui contient les vaisseaux latieifères. On choisit pour cela le moment où la capsule va passer de la couleur verte à la teinte jaune ou jaune blanchâtre, c’est-à-dire quelques jours après la chute des pétales. On fait alors des incisions verticales ou obliques, ou bien une incision transversale qui intéresse la moitié ou les trois quarts de la circonférence de la capsule, ou encore qui tourne en spirale
(1) Annules des sciences naturelles . Botanique, 5e série, V, 49.
OPIUM
l ou l autour du fruit. Cette opération se fait d’ordinaire le soir, et pendant la nuit le suc s’écoule et se concrète en larmes à la surface du fruit; on le ramasse le matin suivant et on lui donne des formes variées, suivant les régions et suivant les diverses sortes.
Le produit ainsi obtenu, présente dans les diverses formes des caractères communs, que nous pouvons résumer ainsi :
La substance est de consistance d’abord molle, mais elle se durcit et se sèche le plus souvent avec l’âge. Elle est tantôt granuleuse, d'autres fois assez homogène; elle est opaque et sa couleur varie du gris brun au rouge foncé et presque noirâtre. Elle a une densité un peu variable suivant les sortes; la moyenne est de 1 .3. Elle est difficile à pulvériser, laisse sur le papier une trace plus ou moins marquée d’un brun clair; elle se ramollit entre les doigts. Elle brûle avec flamme, en laissant un charbon léger et une certaine quantité de cendres. Son odeur est toujours narcotique, sa saveur amère.
L’Opium est en grande partie soluble dans l’eau, et soluble en plus forte proportion dans l’alcool. Ses solutions ont une réaction acide, et les alcalis en précipitent une matière blanchâtre ; de même, la teinture de noix de galles. Ce précipité tient à la présence des alcaloïdes et particulièrement de la morphine.
L’Opium contient, en effet, un nombre considérable de corps. Le plus important de tous, celui qui sert d’ordinaire à apprécier la richesse d’un opium, est la Morphine , qui peut varier dans les proportions de 3 à 23 p. 100, mais dont la proportion moyenne dans les bons opiums est de 10 à 12. Puis viennent dans l’ordre de leur importance: la Narcotine, qui y existe dans la proportion de I à 10 p. 100 ; la Codéine, de 0,25 à 0,85 p. 100; la Narcéine , 0,02 à 13 p. 100; enfin la Papavérine, la Cri/ptopitié, la Laudanine, la Codamine, la Laadanosine, la Pseudornorphine , la Lanthopine , la Méconidine, la Théhaïne , la Prolopine, Y IJydt'ocotarnine.L’Opianine, qu’on avait signalée dans l’opium,
UES SIJGS I.ATICIFÈRES. — PAPAVÉRACÉES.
paraîl être, d’après le docteur Hesse, une substance très-douteuse et mal étudiée (1).
Ces alcaloïdes ne sont pas généralement à l’état isolé dans l’opium, mais ils sont combinés avec les acides qu’on a signalés dans la substance. La morphine, par exemple, est combinée avec L acide méconique , qui existe dans les proportions de 3 à 4 p. 100. Cet acide est remarquable par la coloration rouge intense qu’il donne aux dissolutions d’un sel ferrique; les méconates donnent à ces liqueurs la même teinte; de telle sorte qu’on peut la produire dans les solutions étendues d’opium lorsqu’on y verse du chlorure ferrique. — Un autre acide a reçu le nom de thébolactique. Il paraît, d’après les dernières recherches de SLenhouse et de Buchanan (2j, qu’il est complètement identique avec l’acide lactique.
A côté des alcaloïdes et des acides, il faut mentionner une substance cristallisable, qui est neutre aux réactifs; c’est la meconine. Enfin, on a signalé dans l’opium la présence de matières résineuses (environ 4 p. 100), de caoutchouc (4 à 0 p. 100), de gomme, d’albumine, de sels divers (8 p. 100), et dans certaines sortes, une assez forte proportion de sucre.
Lorsqu’on examine au microscope la substance qui constitue l’opium, on y voit au milieu de la masse une assez grande quantité de cristaux, surtout si on a pris la précaution de triturer cette substance sèche dans une petite quantité de benzine. Ces cristaux présentent dos formes assez variées. Les uns se rapportent aux alcaloïdes, que nous avons mentionnés; d’autres, plus grands que les autres et qu’on trouve surtout dans les opiums tle Perse, sont évidemment dus iï la présence accidentelle ou naturelle du sucre. — Le microscope montre aussi des débris de la capsule.
Les diverses sortes commerciales de l’opium sont nombreuses et variées, soit dans leur aspect extérieur, soit dans la structure
(i; Voyez l'iückiger et Ilanbury. Pharmacograp/tia, pag. 55.
(2) lierichte (1er Deutsch. Chem. Gesellschu/t tn Iter/in. III. 172. — 1S.0.
OPIUM
même de leur substance. Nous allons indiquer les principales, en insistant naturellement sur celles qui nous arrivent le plus souvent dans nos pays occidentaux.
1° Opium «le lMsic Min «‘lire. Opium Turc (OpillIÜ (le
Smyrne et de Constantinople).
Cette sorle, qui forme le fonds du commerce de l’opium en Europe, est récoltée en Asie Mineure dans un grand nombre de localités, situées les unes vers la mer Noire, d’autres dans le centre et au sud de la Péninsule. La variété la plus fréquemment cultivée est 1 c Papaverum somniferum p glabrum Boissier, dont les fleurs sont généralement pourpres et dont les graines varient du blanc au noir violacé. — La plante fleurit du mois de mai au mois de juin suivant les localités. Quelques jours après la chute des pétales, on l'ail sur la capsule des incisions transversales plus ou moins étendues. Le suc, qui s’écoule et se concrète d’ordinaire pendant la nuit, est recueilli le malin en raclant la capsule avec un couteau, qu’on humecte de salive, pour que le suc ne s’attache pas à la lame. Les larmes sont réunies ensemble sur une feuille, et on en fait ainsi, suivant les diverses localités, des masses plus ou moins grosses qu'on enveloppe dans une feuille de pavot. C’est d’ordinaire à cet état que l'on vient acheter l'opium des paysans. Les marchands font subir à cet opium une nouvelle manipulation: ils le malaxent avec des pilons en bois, et en forment des masses, qu’ils enveloppent de feuilles, ou qu’ils mettent dans des sacs remplis de fruits de llumex, pour empêcher les morceaux d’adhérer les uns aux autres.
On transporte généralement à Constantinople, par la voie d’Imid, sur la mer de Marmara, l’opium recueilli dans les districts du nord de l’Asie Mineure et particulièrement à Angaro, Amasia, Coulaiche, Balahissar et Geiveh, sur le fleuve de Sakaria, qui se jette dans la mer Noire. — Les districts du centre el du midi de la Péninsule, Asitim Karahissar, Uskah, etc., et quelques localités des environs de Smyrne envoient leurs pro-
I’lancuo.n. — Drogues simples , t. 11.
43Ï- DES SUCS LATICIFÈRES. — PAPAVÉRACÉES.
doits dans celte ville. Là se trouve un marché régulateur, où des experts apprécient la valeur des produits livrés au commerce, en tenant compte de leur bonne apparence, de leur couleur, de leur densité, de leur odeur, mais sans recourir d’ordinaire aux procédés scientifiques de l’analyse chimique. Cependant cet examen offre des garanties suffisantes pour donner une valeur relative considérable aux opiums connus plus particulièrement SOUS le nom d’Opiuin «le Smyrne.
Cette sorte se présente en masses d’abord arrondies, mais qui, à cause de leur état de mollesse primitive sont plus ou moins déformées et aplaties. La surface est recouverte d’une quantité plus ou moins considérable de fruits de Rumex , qui pénètrent dans les interstices des pains. On y voit aussi des restes de feuilles de pavots. D’abord mou, cet opium durcit peu à peu à l'air, en môme temps qu’il se fonce en couleur : sa teinte varie depuis le marron jusqu’au brun noirâtre. Sa structure est le plus souvent granuleuse, très-rarement homogène.
L’odeur île l’Opium de Smyrne est forte et vireuse; sa saveur âcre, amère et nauséeuse. Il contient une proportion considérable de morphine, qui peut atteindre jusqu'à 21 pour 100 dans certains échantillons exceptionnels : la moyenne est de 9 à 12 pour 100. — On sait que la pharmacopée française demande, pour qu’un opium soit officinal, qu’il contienne environ 10 pour 100 de cet alcaloïde. Ce sont les opiums de Smyrne, qui réalisent le mieux celte condition.
Les opiums d’Asie Mineure qui prennent la voie de Constantinople, peuvent être d’une aussi grande valeur que ceux de Smyrne, mais, comme ils ne soûl pas soumis au même contrôle que ces derniers, ils sont généralement moins appréciés.
Cet Opium «le Constantinople se présente généralement sous la forme de pains analogues à ceux de Smyrne. Dans les échantillons de nos droguiers, les pains sont généralement enveloppés presque complètement d'une feuille de pavots, qui est restée entière, et on trouve peu de fruits de Rumex, attachés
OPIl'M.
â la substance. L’opium en lui-même est formé généralement de petites larmes agglutinées comme dans celui de Smyrne : il est moins mon et les morceaux adhèrent moins facilement entre eux.
Guibourt a décrit un opium de Constantinople en petits pains qui se présentent sous forme de gâteaux aplatis, réguliers, de forme lenticulaire, complètement enveloppés d’une feuille de pavots, dont la nervure médiane coupe tout le pain par le milieu. 11 a une odeur vireusc moins prononcée, il est plus mucilagineux, et contient moins de morphine. Peut-être a-t-il été altéré par l'adjonction de produits inférieurs, et particulièrement de l’opium de Perse, dont une partie est expédiée en Turquie, pour entrer dans la préparation des opiums de Constantinople.
La proportion de morphine contenue dans ces opiums de Constantinople doit être, d’après ce qui précède, très-variable. Guibourt a trouvé dans certains échantillons, 15 pour 100, et. même dans la sorte en petits pains, de 13 à 1-1,57 pour 100. Mais la proportion peut diminuer beaucoup et tomber au-dessous de 7 à 8 pour 100.
Opium (l’Épiifc. L’Egypte fournissait autrefois l’opium thébaïque ( Opium thebaicum ) qui, d’après Prosper Alpin, était préparé dans la Thébaïde au moyen du sue exprimé des têtes de pavots. Mais cet opium avait disparu depuis longtemps du commerce, lorsqu’on a repris dans le pays l’exploitation des pavots.
La culture de la plante, les procédés d’exploitations laissent encore beaucoup à désirer; d’après M. Gastinel, on pourrait en modifiant ces divers moyens, obtenir un opium contenant 10 à 12 pour 100 de morphine, tandis que les opiums ordinaires ne donnent guère que 3 à 4 pour 100 de ceL alcaloïde.
Les sortes qui viennent sous le nom d’opium d’Égypte sont un peu variées de forme. On a mentionné des pains arrondis ou aplatis, enveloppés de feuilles du Platonus orient alis L. Mais
DES SUCS LATICIFÉRES. — I’APAVÉR AGEES.
d’ordinaire, on les reçoit portant simplement la trace d’une feuille de pavot, qui a laissé sur la substance l’impression de ses nervures. Les pains ont de 8 à 10 centimètres de diamètre; ils sont réguliers, très-propres à l’extérieur et ne portent pas de fruits de liumex. La substance elle-même est assez homogène, d’une couleur rougeâtre, et comme hépatique. La consistance est un peu poisseuse aux doigts. L’odeur est moins vireuse que celle des opiums d’Asie Mineure et elle est mêlée souvent d’odeur de moisi. La proportion de morphine retirée par Merck de ces opiums est de 6 à 7 pour 100.
MM. I lanhury et Fliickiger (1) signalent un opium venu d’Égypte à l’état encore mou et plastique. La cassure de cet opium, lorsqu’il a été desséché, est linement poreuse, d’une couleur hépatique foncée, et montre çà et là des particules de quartz, de gomme, et des points d’un jaune rougeâtre peut-être dus à de la résine. Sous le microscope, on voit dans la substance une abondance considérable de grains d’amidon. C’est donc un opium très-impur.
L’opium d’Égypte, est comme on le voit, inférieur à celui de l’Asie Mineure. Il eu vient cependant une certaine quantité dans le commerce européen. L’Angleterre en a reçu, dans l’année 1872, 9636 livres.
2° ©pi uni «le Perso. Kœmpfer rapporte dans ses Amœmtates que la l’erse fournit une assez grande quantité d’opium, et il décrit les divers modes de récolte suivis vers celle époque (seconde moitié du xvii* siècle). — Depuis lors, on n’a cessé de cultiver le pavot dans ces régions, et, actuellement le Pnpaver somnnferum y album (. Papaver officinale Gmel.) y est répandu dans la plupart des provinces, depuis celle de Mazanderan, sur les bords de la mer Noire, jusqu’à celle deKerman, située vers le sud et au voisinage du Bélouchistan. On en trouve aussi en assez grande quantité dans le Turkestan.
(1) Fliickiger et llanbury, Pharmacographia, pag. 'i5.
OPIUM
On sc sert probablement pour faire les incisions d’un couteau analogue à celui qu’a décrit Kœmpfcr et qui est formé de T4 lames parallèles ; les incisions sont verticales et répétées sur plusieurs points de la capsule. L’on ajoute d’ordinaire soit de l’eau pour pister la substance, soit une matière contenant du glucose et particulièrement du miel : on trouve aussi dans quelques sortes des gouttelettes d’huile, qui suintent lorsqu’on coupe l’opium, et qui proviennent de ce qu’on frotte de temps en temps d’huile de lin le couteau qui sert à recueillir les larmes du suc, de manière à ce que le produit ne s’attache pas à la lame.
La plus grande partie des produits de la Perse s’en vont par le Turkestan dans la Chine, qui en consomme des quantités énormes. Une partie vient par la voie de Trébizonde vers Constantinople, où elle est employée en mélange avec l’opium de l’Asie Mineure ; enfin, depuis 3 ou -i ans, cet opium tend à se produire sur les marchés européens.
Tel que nous l’avons dans nos droguiers, cet opium est en bâtons cylindriques ou légèrement prismatiques, de 10 centimètres environ de long sur I à 1 et demi de large ; enveloppés dans un papier lustré et maintenus par un fil de coton; ils rappellent tout à fait certains bâtons de cire à cacheter. La couleur est brune, hépatique, la structure homogène. 11 attire assez facilement l’humidité de l’air et se ramollit. Son odeur rappelle celle de l’opium d’Egypte ; sa saveur est fortement amère. Examiné au microscope, il montre généralement à côté des cristaux ordinaires de l’opium de Smyrne, de beaucoup plus gros cristaux, qui se rapportent au sucre.
L’Opium de Perse qui arrive sous celte forme est généralement pauvre en alcaloïdes; il contient parfois, outre le glucose, de la fécule de riz. Merck n’y a constaté que 1 pour 100 de morphine; mais d’autres chimistes, et Réveil entre autres, ont trouvé des échantillons beaucoup plus riches, ayant jusqu’à 8,15 pour 1U0 de morphine et 4,13 de narcoline.
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Du resle, des sortes meilleures arrivent maintenant dans le commerce : elles sonL soit en cônes arrondis, soit en gâteaux circulaires portant la trace de feuilles imprimées à leur surface. La consistance en est assez ferme ; parfois on y distingue des gouttelettes d’huile; la couleur est terne et la pâte assez uniforme. Ces échantillons ont donné de 8 à 10,75 pour 100 de morphine.
3° Opiums <le l'Inde. — Il existe dans l’Inde plusieurs centres de production de l’opium. C'est tout d’abord une vaste région qui s’étend sur les bords du Gange, dans la partie moyenne du cours de ce fleuve. Patna et Bénarcs sont les points principaux de cette contrée; les opiums qui y sont récoltés sont un monopole du gouvernement; la récolte et la préparation y sont particulièrement surveillées et les produits sont généralement envoyés à Calcutta, où ils prennent le nom d’Opium de «on
suie.
L’autre centre de production important est Malwa , au nord de la Nerbuddah. Les produits qu’on y recueille viennent généralement à Bombay.
La variété de Pavot cultivée dans les Indes est la même que dans la Perse, c’est-à-dire le Pu paver somni/erum y album. Les incisions se font à peu près de la même façon sur la capsule. A Malwa le suc est recueilli avec un instrument en fer, dont la lame est de temps en temps humectée d’huile de lin; on réunit les larmes, et on les soumet à une préparation assez compüquée(l). Puis on en fait de grosses masses, qu’on enveloppe , après qu’on les a convenablement séchées, d’une couche de pétales de pavots, et on roule le tout dans une poudre faite avec les débris de la capsule et des feuilles de la plante. C’est là 1 Opium de ISônarôs OU (le E'aina OU (lu ISoii gale. La substance CSt généralement molle et contient 23 à 30 pour 100 d’eau. La couleur est d’un brun foncé; l’odeur est vireuse et la saveur
(I) Voir pour les détails Flückiger et llanbury. P harmacog raphia, is.
OIM U M .
nauséeuse et amère. Elle contient de 5 à 9 pour 100 de morphine.
L’Opium «le iiaina n’est pas soumis à la môme surveillance de la part du gouvernement des Indes. 11 ne nous arrive pas enveloppé d’une couche épaisse de pétales de pavots, mais tantôt complètement nu, tantôt portant seulement la trace de quelques feuilles. La substance est assez ferme, la couleur foncée. Elle a une odeur vireuse, mêlée d’une odeur de fumée assez caractéristique.
Les Opiums de l'Inde n’arrivent qu’exceptionnellement dans nos régions occidentales. Une partie est consommée sur place; la plus grande quantité est emportée en Chine.
1° Opiums (l’Europe. Opiums i n«l — Le Pavot est Cultivé dans la plupart des pays d’Europe; dans certaines contrées, le Nord de la France et la Belgique, il donne particulièrement ses graines, qu’on exploite pour la préparation de l’huile d'GEillette (Voyez tom. I, pag. 375 et tom. II, pag. 382). Mais on a aussi essayé de l’utiliser pour la production de l’opium. De nombreuses tentatives ont été faites dans ce sens, et les résultats obtenus ont été très-satisfaisants, à ne considérer du moins que la richesse en alcaloïde des produits. Ainsi un opium (pie M. Petit, de Corbeil, a retiré de pavots cultivés Provins, a donné IG à 18 pour 100 de morphine. Dans le département des Landes, un opium obtenu par le général Lamarque, contenait 14 pour 100 de morphine. Enfin M. Aubergier, de Clermont, a cultivé avec soin diverses variétés de pavots, et particulièrement une sorte de pavots à fleurs rouges, qu’il désigne sous le nom de /Juvut pourpre, et qui lui donne des produits contenant en moyenne 10 pour 100 de morphine. On a également retiré de l’Opium des plantes cultivées dans des pays beaucoup plus septentrionaux ; en Angleterre et en Ecosse, par exemple. Les produits étaient de très-belle apparence.
Des tentatives analogues ont été entreprises en Algérie, par M. Hardy et M. Simon. Les opiums obtenus onL donné de 5 à
HES Si; CS I.ATICIFÉRES. — COMPOSÉES.