GADTHIER-VILLARS ET FILS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES
DU BUREAU DES LONGITUDES, DE l'eCOLE FOLYTECHNIOUE , Quai des *Grands-Augustins, 55.
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VIII IXTIIODUCTION.
tcment voilée. Sa surface cnlière noircit uniformément au contact du révélareur.
Même en dehors de ces cas extrêmes, si le temps nécessaire à une bonne impression n'est pas atteint (ce que Ton exprime en disant (]ue la plaque est sousex posée), les parties les plus éclairées du sujet ont seules le temps d'agir: les parties plus sombres n'agissent pas ou n'agissent qu'insuffisamment : les demi-teintes ne sont pas rendues et l'image obtenue présente de violents contrastes.
Dans un cliché de paysage, par exemple, le ciel et l'horizon seront d'une grande intensité, tandis que les feuillages ou les plans rapprochés seront à peine reproduits, et sur l'épreuve positive le ciel et l'horizon apparaîtront blancs et durs, tandis que les premiers plans viendront noirs et sans détails.
Si, au contraire, la plaque est surexposée^ c'est-à-dire si la durée d'exposition utile est dépassée, Faction des lumières vives, arrivée à un certain maximum, au lieu de continuer, se renverse : elle décroît et rejoint les demi-teintes dans leur marche. C'est même là, par parenthèse, un des plus curieux phénomènes de la Photographie. Le résultat est un cliché solarisé^ dont toutes les parties ont à peu près la même intensité, et, par suite, une épreuve positive grise et plate, sans contrastes ni relief.
Quand une plaque a été ainsi sousexposée ou surexposée, l'opérateur peut bien atténuer quelque peu les conséquences de l'inexactitude de la pose, et cela, soit par un développement approprié, soit par l'emploi des renforçateurs ou réducteurs, soit par des retouches, soit enfin par un tirage spécial. Mais malheureusement, presque toujours, l'emploi combiné de ces divers moyens ne constitue qu'un palliatif insuffisant. Le résultat final reste mauvais ou médiocre.
Un cliché normalement exposé dispense de recourir à toutes' ces comphcations : il donne sans efforts et peut seul donner une image irréprochable.
IXTUODUCTION. IX
En outre, au point de vue spécial de la Photographie artistique, Veffet dépend en grande partie de la durée de l'exposition : c'est en la modifiant en plus ou en moins que Topérateur arrive à obtenir la tonalité qu'il recherche.
Telle est l'importance de la question du Temps de pose.
Aussi n'est-il pas un débutant en Photographie qui n'ait demandé à l'un de ses aînés dans la carrière : « Combien posez-vous? »
Question qui, formulée en ces termes, révèle une complète ignorance des éléments du problème, car il ne peut y être fait d'autre réponse que celle-ci :
u Je pose depuis —^ de seconde au minimum, jusqu'à un maximum de trois heures et même davantage; je fais donc varier les durées d'exposition, suivant les cas, dans la proportion de I à Soooooo. »
Réponse peu de nature, on en conviendra, à satisfaire l'interrogateur.
C'est qu'en effet, comme nous allons le voir, les durées d'exposition varient et doivent varier, selon les circonstances, dans la plus large mesure.
Nous parlons surtout de la Photographie hors de l'atelier.
Le photographe portraitiste, lui, opère dans des conditions dont les unes restent identiques à elles-mêmes et dont les autres ne se modifient que dans des limites peu étendues. Il lui est assez facile de se rendre maître, par l'expérience, de son temps de pose. Il contrôle d'ailleurs constamment, par le développement de ses clichés, ses durées d'exposition et peut les rectifier en conséquence.
La situation des autres photographes (paysagistes, architectes, explorateurs, naturalistes, amateurs, etc.) est bien différente.
Pour eux, d'une part, l'exactitude de la pose est une impérieuse